“Aucune vanille volée ne doit pouvoir trouver de débouché commercial”, souligne l’Épic dans un récent communiqué détaillant plusieurs recommandations, assorties d’une série de mesures (Crédit : Tahiti Infos/archive).
Tahiti, le 2 août 2026 - Taha’a, l’île Vanille, fait face à une recrudescence des vols. L’Épic Vanille de Tahiti appelle à la vigilance tous les acteurs de la filière et la population locale, tandis qu’un encadrement renforcé se profile pour “garantir la traçabilité des vanilles échangées, protéger les producteurs et lutter efficacement contre les vols”. Sur le plan judiciaire, les professionnels interrogés restent surtout dans l’attente de sanctions exemplaires à l’encontre des trafiquants.
L’or noir continue de susciter la convoitise. Dans un communiqué en date du 6 juillet 2026, l’Établissement public industriel et commercial (Épic) Vanille de Tahiti fait état d’une recrudescence des vols de vanille à Taha’a, appelant les acteurs de la filière à la vigilance. Des exploitations “sur plusieurs secteurs de l’île” sont concernées. “Ces vols pénalisent directement les producteurs, fragilisent une filière déjà exigeante en travail et en temps, et portent atteinte à la réputation de la vanille de Taha’a, reconnue pour sa qualité”, est-il mentionné. Pour contrer cette menace qui pèse sur la filière, l’Épic insiste sur un point : “Aucune vanille volée ne doit pouvoir trouver de débouché commercial”.
Parce que “la lutte contre le vol de vanille est l’affaire de tous”, un appel à la mobilisation est lancé aux producteurs, aux préparateurs, aux acheteurs et à la population locale. Six recommandations sont listées : vérifier “systématiquement” l’origine des lots de vanille verte ou préparée proposés à l’achat ; demander l’identité du vendeur et conserver une trace des transactions (nom, contact, quantité, provenance) ; être attentif à toute vente à des conditions inhabituelles (prix cassés, absence de justificatifs, horaires et lieux suspects) ; et privilégier les circuits connus. Il est par ailleurs demandé, en cas de doute, de signaler toute proposition suspecte à la gendarmerie et aux organisations professionnelles. De même, les professionnels sont encouragés à signaler “sans délai” toute intrusion, tentative de vol ou vol constaté. “Les faits de vol et de recel exposent leurs auteurs à des poursuites pénales”, est-il rappelé à l’intention des voleurs et des receleurs, mais aussi de toute personne liée “directement ou indirectement” à ce type de trafic.
L’or noir continue de susciter la convoitise. Dans un communiqué en date du 6 juillet 2026, l’Établissement public industriel et commercial (Épic) Vanille de Tahiti fait état d’une recrudescence des vols de vanille à Taha’a, appelant les acteurs de la filière à la vigilance. Des exploitations “sur plusieurs secteurs de l’île” sont concernées. “Ces vols pénalisent directement les producteurs, fragilisent une filière déjà exigeante en travail et en temps, et portent atteinte à la réputation de la vanille de Taha’a, reconnue pour sa qualité”, est-il mentionné. Pour contrer cette menace qui pèse sur la filière, l’Épic insiste sur un point : “Aucune vanille volée ne doit pouvoir trouver de débouché commercial”.
Parce que “la lutte contre le vol de vanille est l’affaire de tous”, un appel à la mobilisation est lancé aux producteurs, aux préparateurs, aux acheteurs et à la population locale. Six recommandations sont listées : vérifier “systématiquement” l’origine des lots de vanille verte ou préparée proposés à l’achat ; demander l’identité du vendeur et conserver une trace des transactions (nom, contact, quantité, provenance) ; être attentif à toute vente à des conditions inhabituelles (prix cassés, absence de justificatifs, horaires et lieux suspects) ; et privilégier les circuits connus. Il est par ailleurs demandé, en cas de doute, de signaler toute proposition suspecte à la gendarmerie et aux organisations professionnelles. De même, les professionnels sont encouragés à signaler “sans délai” toute intrusion, tentative de vol ou vol constaté. “Les faits de vol et de recel exposent leurs auteurs à des poursuites pénales”, est-il rappelé à l’intention des voleurs et des receleurs, mais aussi de toute personne liée “directement ou indirectement” à ce type de trafic.
Un préjudice financier et moral
Mais dans les faits, les acteurs de la filière dénoncent la lenteur des procédures judiciaires. L’un d’entre eux a préféré se reconvertir dans un autre secteur d’activité suite à l’affaire qui avait donné lieu au démantèlement d’un réseau de six trafiquants de vanille par la gendarmerie en 2023, dont un individu en état de récidive et un acheteur professionnel. À son niveau, il évoque une perte d’environ 330 kg de vanille, soit 15 millions de francs une fois préparée. “Ça ne m’étonne pas que les vols aient repris, vu que les sanctions tardent ! J’ai renoncé par obligation, parce qu’il faut bien rembourser les traites à la banque. C’est dommage d’en arriver là quand tu as bossé dur pendant plusieurs années”, déplore-t-il. Après plusieurs reports, il reste toujours dans l’attente du jugement.
Même discours chez un exportateur, lui-même victime de vols par le passé, qui ne décolère pas : “Le signal qui est envoyé, c’est ‘continuez, servez-vous !’. Les vols et l’incivisme se banalisent : on ne respecte plus la sueur des gens. Et un jour, on va s’étonner qu’il y ait des morts dans les champs... On en est venu à devoir se protéger, alors qu’au départ, il n’y a pas à venir voler. C’est dommage parce que la vanille, c’est une ressource fantastique !”
Sur les réseaux sociaux, un collectif permet aux professionnels de Taha’a de se tenir informés de la situation, mais le ras-le-bol persiste. “La valeur actuelle de la vanille incite une nouvelle forme de délinquance organisée. Aujourd’hui, les chiens ne suffisent plus. On a été obligé d’équiper notre exploitation d’un système de vidéosurveillance. On n’a pas vraiment le choix, sinon tu ne dors pas la nuit”, remarque un autre producteur et préparateur de longue date. “On reste motivé, tout en sachant très bien qu’il faut rester en alerte. On surveille constamment ce qui se passe autour de nous à l’approche de la période sensible des récoltes.”
Au-delà du renforcement des contrôles vis-à-vis des professionnels (lire encadré ci-dessous), c’est l’application de peines exemplaires à l’encontre des voleurs et des receleurs qui est clairement demandée sur le plan de la répression judiciaire.
En 2023, un réseau de trafiquants a été démantelé par la gendarmerie, mais les producteurs impactés restent dans l’attente du jugement (Crédit : COMGEND-PF/archive).
Vers une traçabilité “renforcée”
Dans ce même communiqué, l’Épic indique que la filière vanille “se dirige vers un encadrement renforcé” de ses pratiques pour protéger les producteurs et lutter plus efficacement contre les vols. Parmi les pistes d’amélioration figurent le contrôle de la récole avec “une traçabilité accrue” des volumes récoltés par exploitation, mais aussi le contrôle de la maturité avec “des exigences plus strictes”, à la fois pour la qualité aromatique et pour dissuader les récoltes clandestines. Il est rappelé que la vente de vanille ne peut se faire sans carte professionnelle de la Chambre d’agriculture et de pêche lagonaire (CAPL) en règle. “Les contrôles sur ce point seront intensifiés”, prévient l’Épic.
Des contrôles à renforcer à toutes les étapes : de la préparation pour rendre plus difficile l’écoulement de vanille volée “hors des standards de la filière”, à la commercialisation pour s’assurer que chaque lot dispose “d’une origine clairement établie”. S’agissant de la traçabilité de la vanille, il est ainsi question d’un “renforcement des dispositifs permettant de suivre chaque lot depuis la parcelle jusqu’à la vente finale”. Dans cette optique, “tout achat de vanille en dehors des journées de vente organisées par l’Établissement Vanille de Tahiti sera interdit et passible de sanctions” et le bulletin de contrôle délivré par l’agent contrôleur de la qualité “sera obligatoire” pour toute transaction. Aucune date n’est toutefois avancée quant à la mise en œuvre de ces différentes mesures.
Des contrôles à renforcer à toutes les étapes : de la préparation pour rendre plus difficile l’écoulement de vanille volée “hors des standards de la filière”, à la commercialisation pour s’assurer que chaque lot dispose “d’une origine clairement établie”. S’agissant de la traçabilité de la vanille, il est ainsi question d’un “renforcement des dispositifs permettant de suivre chaque lot depuis la parcelle jusqu’à la vente finale”. Dans cette optique, “tout achat de vanille en dehors des journées de vente organisées par l’Établissement Vanille de Tahiti sera interdit et passible de sanctions” et le bulletin de contrôle délivré par l’agent contrôleur de la qualité “sera obligatoire” pour toute transaction. Aucune date n’est toutefois avancée quant à la mise en œuvre de ces différentes mesures.