Tahiti, le 4 février 2026 – Annoncée en octobre dernier par Moetai Brotherson, la saisine du tribunal administratif par le Pays pour contraindre l’État à ouvrir un dialogue de décolonisation n’a toujours pas été engagée. Plus de trois mois après ses déclarations, le président du Pays reconnaît désormais que la procédure est “en suspens”, invoquant le fait que d’autres dossiers “plus urgents” mobilisent ses juristes. Repoussée mais pas abandonnée, il assure que cette action sera intentée “au premier semestre”, soit d’ici le mois de juillet.
Le 22 octobre dernier, Moetai Brotherson annonçait vouloir saisir le tribunal administratif de Papeete “dans les semaines qui viennent” afin de contraindre l’État à engager un dialogue de décolonisation sous l’égide des Nations unies. Une initiative qu’il entendait porter au nom du Pays, après l’échec de la démarche du président de l’assemblée, Antony Géros. Pour mémoire, la résolution votée par l’assemblée avait été invalidée par le Conseil d’État, qui avait rappelé que seul le président du Pays était compétent pour agir juridiquement dans ce dossier.
Depuis, les semaines se sont transformées en mois, sans qu’aucune procédure ne soit engagée. Interrogé il y a une quinzaine de jours par Tahiti Infos, le président du Pays assurait alors ne pas être “tenu par un délai” et expliquait “peaufiner l’argumentaire avec les avocats et le SGG [secrétariat général du gouvernement, NDLR]”.
Dans le même temps, l’avocat du Pays sur ce dossier, Me Millet, indiquait n’avoir “reçu aucune instruction” du président du Pays en vue d’une éventuelle saisine du tribunal administratif. Interrogé à nouveau ce mercredi, le conseil s’est montré plus réservé, invoquant le “secret professionnel” et renvoyant vers la présidence pour toute information sur l’état d’avancement du dossier.
Joint à nouveau par Tahiti infos, Moetai Brotherson a finalement reconnu que la procédure était désormais “en suspens”. “On a des dossiers plus urgents qui mobilisent tous nos juristes”, nous a-t-il indiqué. Relancé sur un éventuel calendrier, le président du Pays a évoqué une échéance large et incertaine : “au premier semestre”.
Une procédure annoncée jamais enclenchée
Un net décalage avec les déclarations initiales, alors que le chef de l’exécutif justifiait, en octobre, son choix de ne pas se joindre à l’action de l’assemblée par un souci “d’efficacité” et par la volonté de ne pas “gaspiller ses cartouches”. Moetai Brotherson expliquait alors vouloir reprendre l’initiative “à son compte”, fort de la position du Conseil d’État.
Plus de trois mois après cette annonce, la saisine annoncée demeure au stade de l’intention. Et tandis que l’État n’a, de son côté, toujours pas engagé de dialogue formel sur la décolonisation dans le cadre onusien, la stratégie judiciaire du Pays apparaît aujourd’hui ralentie, mise en attente, et sans échéance vraiment précise. Un coup de frein qui interroge sur la volonté réelle du président Brotherson d’engager un rapport de force avec l’État sur ce dossier hautement politique.
D’autant qu’il revient d’un séjour à Paris où il a notamment rencontré le président de la République Emmanuel Macron, avec lequel il a “fait un point d’ensemble sur les priorités du Pays pour 2026 et le cadre du partenariat avec l’État”. Mais il n’est aucunement fait mention d’un quelconque échange sur la question du dialogue de décolonisation.
Un silence qui, ajouté à la mise en suspens de la procédure judiciaire, renforce l’image d’un exécutif local jouant pour l’heure la carte de la prudence.
Le 22 octobre dernier, Moetai Brotherson annonçait vouloir saisir le tribunal administratif de Papeete “dans les semaines qui viennent” afin de contraindre l’État à engager un dialogue de décolonisation sous l’égide des Nations unies. Une initiative qu’il entendait porter au nom du Pays, après l’échec de la démarche du président de l’assemblée, Antony Géros. Pour mémoire, la résolution votée par l’assemblée avait été invalidée par le Conseil d’État, qui avait rappelé que seul le président du Pays était compétent pour agir juridiquement dans ce dossier.
Depuis, les semaines se sont transformées en mois, sans qu’aucune procédure ne soit engagée. Interrogé il y a une quinzaine de jours par Tahiti Infos, le président du Pays assurait alors ne pas être “tenu par un délai” et expliquait “peaufiner l’argumentaire avec les avocats et le SGG [secrétariat général du gouvernement, NDLR]”.
Dans le même temps, l’avocat du Pays sur ce dossier, Me Millet, indiquait n’avoir “reçu aucune instruction” du président du Pays en vue d’une éventuelle saisine du tribunal administratif. Interrogé à nouveau ce mercredi, le conseil s’est montré plus réservé, invoquant le “secret professionnel” et renvoyant vers la présidence pour toute information sur l’état d’avancement du dossier.
Joint à nouveau par Tahiti infos, Moetai Brotherson a finalement reconnu que la procédure était désormais “en suspens”. “On a des dossiers plus urgents qui mobilisent tous nos juristes”, nous a-t-il indiqué. Relancé sur un éventuel calendrier, le président du Pays a évoqué une échéance large et incertaine : “au premier semestre”.
Une procédure annoncée jamais enclenchée
Un net décalage avec les déclarations initiales, alors que le chef de l’exécutif justifiait, en octobre, son choix de ne pas se joindre à l’action de l’assemblée par un souci “d’efficacité” et par la volonté de ne pas “gaspiller ses cartouches”. Moetai Brotherson expliquait alors vouloir reprendre l’initiative “à son compte”, fort de la position du Conseil d’État.
Plus de trois mois après cette annonce, la saisine annoncée demeure au stade de l’intention. Et tandis que l’État n’a, de son côté, toujours pas engagé de dialogue formel sur la décolonisation dans le cadre onusien, la stratégie judiciaire du Pays apparaît aujourd’hui ralentie, mise en attente, et sans échéance vraiment précise. Un coup de frein qui interroge sur la volonté réelle du président Brotherson d’engager un rapport de force avec l’État sur ce dossier hautement politique.
D’autant qu’il revient d’un séjour à Paris où il a notamment rencontré le président de la République Emmanuel Macron, avec lequel il a “fait un point d’ensemble sur les priorités du Pays pour 2026 et le cadre du partenariat avec l’État”. Mais il n’est aucunement fait mention d’un quelconque échange sur la question du dialogue de décolonisation.
Un silence qui, ajouté à la mise en suspens de la procédure judiciaire, renforce l’image d’un exécutif local jouant pour l’heure la carte de la prudence.