Véronique Mu-Liepmann, ex-conservatrice du Musée de Tahiti et des îles, et Matai Depierre, de la cellule biodiversité de la Diren, présentent le livre retraçant l’histoire des Partula.
Tahiti, le 13 mars 2026 – Dans un livre intitulé ‘Āreho Partula – Icônes de la biodiversité, paru aux éditions Au Vent des Îles, Véronique Mu‑Liepmann et le biologiste Justin Gerlach retracent l’histoire des Partula, ces petits escargots endémiques dont l’espèce avait été déclarée éteinte et qui ont pu être réintroduits.
Un temps considérés comme disparus, les Partula ont pu être réintroduis grâce à un programme de conservation. C'est la onzième espèce au monde à connaître ce sort positif. Les Partula, ce sont de petits escargots endémiques à la Polynésie française. Leur rôle dans l’écosystème est discret mais essentiel : ils participent notamment au nettoyage des forêts en se nourrissant de champignons.
Dans le livre ‘Āreho Partula – Icônes de la biodiversité, paru aux éditions Au Vent des Îles, le biologiste anglais Justin Gerlach, qui dirige les recherches scientifiques pour la conservation des Partula et organise leur réintroduction, et l’ex-conservatrice du Musée de Tahiti et des îles Véronique Mu‑Liepmann retracent l’histoire de ces escargots endémiques du Fenua. “C'est génial, c'est une espèce qui avait disparu. Elle est passée du statut ‘éteinte’ à ‘en danger critique d’extinction’”, commente Véronique Mu‑Liepmann.
Le titre de l’ouvrage fait aussi écho à la culture polynésienne. “‘Āreho, ce nom évoque mon enfance, me rappelant les couronnes ornant les chapeaux de mon grand-père”, écrit dans la préface l'ancien ministre de l’Environnement Heremoana Maamaatuaiahutapu. “Oui, les ornements étaient directement portés sur les cheveux”, ajoute à ces mots Véronique Mu‑Liepmann, évoquant aussi les peignes décorés de coquilles. Car les Partula ont aussi marqué l’artisanat local. À la fin du XIXe siècle, les Polynésiens commencent à utiliser leurs coquilles pour créer des ornements. “Petit à petit, ceux qui utilisaient les fleurs se sont amenés à trouver de nouveaux matériaux, notamment les Partula, à l’arrivée des missionnaires.” Leur disparition a donc aussi touché les artisans, qui ne pouvaient plus utiliser ces coquilles.
Un temps considérés comme disparus, les Partula ont pu être réintroduis grâce à un programme de conservation. C'est la onzième espèce au monde à connaître ce sort positif. Les Partula, ce sont de petits escargots endémiques à la Polynésie française. Leur rôle dans l’écosystème est discret mais essentiel : ils participent notamment au nettoyage des forêts en se nourrissant de champignons.
Dans le livre ‘Āreho Partula – Icônes de la biodiversité, paru aux éditions Au Vent des Îles, le biologiste anglais Justin Gerlach, qui dirige les recherches scientifiques pour la conservation des Partula et organise leur réintroduction, et l’ex-conservatrice du Musée de Tahiti et des îles Véronique Mu‑Liepmann retracent l’histoire de ces escargots endémiques du Fenua. “C'est génial, c'est une espèce qui avait disparu. Elle est passée du statut ‘éteinte’ à ‘en danger critique d’extinction’”, commente Véronique Mu‑Liepmann.
Le titre de l’ouvrage fait aussi écho à la culture polynésienne. “‘Āreho, ce nom évoque mon enfance, me rappelant les couronnes ornant les chapeaux de mon grand-père”, écrit dans la préface l'ancien ministre de l’Environnement Heremoana Maamaatuaiahutapu. “Oui, les ornements étaient directement portés sur les cheveux”, ajoute à ces mots Véronique Mu‑Liepmann, évoquant aussi les peignes décorés de coquilles. Car les Partula ont aussi marqué l’artisanat local. À la fin du XIXe siècle, les Polynésiens commencent à utiliser leurs coquilles pour créer des ornements. “Petit à petit, ceux qui utilisaient les fleurs se sont amenés à trouver de nouveaux matériaux, notamment les Partula, à l’arrivée des missionnaires.” Leur disparition a donc aussi touché les artisans, qui ne pouvaient plus utiliser ces coquilles.
Menacés par des espèces introduites
L’histoire du livre est aussi née d’un échange simple entre Véronique Mu-Liepmann et Justin Gerlach. La première se souvient : “Je lui ai envoyé une photo et directement, il était capable de savoir quelle espèce c’était.” De l’autre côté de l’écran, Justin Gerlach, considéré comme l’un des spécialistes mondiaux de ces escargots, a participé à la conférence de presse donnée au showroom d’Au Vent des Îles et aux échanges à distance depuis Cambridge (Royaume‑Uni), où il enseigne la biologie évolutive et l’écologie à l’Université de Cambridge.
Les bêtes fragiles ont failli disparaître, supplantées par des espèces introduites plus voraces. Cela remonte aux années 1960. À l’époque, un escargot géant d’Afrique est introduit pour développer un élevage destiné à la consommation. L’initiative ne rencontre pas de succès. Pour contrôler cette espèce, un escargot carnivore est à son tour introduit : l’Euglandina. Mais celui-ci s’attaque surtout aux Partula, provoquant un effondrement massif des populations.
L’histoire du livre est aussi née d’un échange simple entre Véronique Mu-Liepmann et Justin Gerlach. La première se souvient : “Je lui ai envoyé une photo et directement, il était capable de savoir quelle espèce c’était.” De l’autre côté de l’écran, Justin Gerlach, considéré comme l’un des spécialistes mondiaux de ces escargots, a participé à la conférence de presse donnée au showroom d’Au Vent des Îles et aux échanges à distance depuis Cambridge (Royaume‑Uni), où il enseigne la biologie évolutive et l’écologie à l’Université de Cambridge.
Les bêtes fragiles ont failli disparaître, supplantées par des espèces introduites plus voraces. Cela remonte aux années 1960. À l’époque, un escargot géant d’Afrique est introduit pour développer un élevage destiné à la consommation. L’initiative ne rencontre pas de succès. Pour contrôler cette espèce, un escargot carnivore est à son tour introduit : l’Euglandina. Mais celui-ci s’attaque surtout aux Partula, provoquant un effondrement massif des populations.
Une réserve aménagée au Fare Natura
Aujourd’hui, les Partula restent menacés par plusieurs prédateurs introduits, comme les vers plats et l’escargot carnivore Euglandina qui aurait déjà exterminé 56 espèces de Partula dans l’archipel de la Société.
Face à cet effondrement, les programmes de conservation se sont multipliés. Il y a une quarantaine d’années, alors que les escargots endémiques disparaissaient rapidement, des scientifiques ont décidé d’en conserver quelques spécimens. Ils ont été envoyés dans plusieurs institutions scientifiques et zoos en Europe pour être élevés avant leur réintroduction, notamment à Edinburgh Zoo. Aujourd’hui, les Partula font l’objet de plans de sauvegarde et de réintroduction dans quatre îles polynésiennes.
Sur la couverture du livre apparaissent deux Partula, dont un bébé. Ils proviennent de la réserve aménagée du Fare Natura à Moorea. Cet espace offre depuis 2025 à l’espèce un lieu protégé où elle peut s’adapter et se reproduire avant d’être relâchée définitivement dans son milieu naturel. Près de 300 escargots y vivent et ils sont près de 30 000 à avoir ainsi été réintroduits dans leurs îles d’origine : Tahiti, Moorea, Huahine et Raiatea. Sur les vingt espèces autrefois présentes, quinze ont pu être préservées. Certaines tentatives ont toutefois échoué, notamment à Tahaa. Une carte ludique dans l’ouvrage montre les espèces réintroduites et celles aujourd’hui disparues.
Aujourd’hui, les Partula restent menacés par plusieurs prédateurs introduits, comme les vers plats et l’escargot carnivore Euglandina qui aurait déjà exterminé 56 espèces de Partula dans l’archipel de la Société.
Face à cet effondrement, les programmes de conservation se sont multipliés. Il y a une quarantaine d’années, alors que les escargots endémiques disparaissaient rapidement, des scientifiques ont décidé d’en conserver quelques spécimens. Ils ont été envoyés dans plusieurs institutions scientifiques et zoos en Europe pour être élevés avant leur réintroduction, notamment à Edinburgh Zoo. Aujourd’hui, les Partula font l’objet de plans de sauvegarde et de réintroduction dans quatre îles polynésiennes.
Sur la couverture du livre apparaissent deux Partula, dont un bébé. Ils proviennent de la réserve aménagée du Fare Natura à Moorea. Cet espace offre depuis 2025 à l’espèce un lieu protégé où elle peut s’adapter et se reproduire avant d’être relâchée définitivement dans son milieu naturel. Près de 300 escargots y vivent et ils sont près de 30 000 à avoir ainsi été réintroduits dans leurs îles d’origine : Tahiti, Moorea, Huahine et Raiatea. Sur les vingt espèces autrefois présentes, quinze ont pu être préservées. Certaines tentatives ont toutefois échoué, notamment à Tahaa. Une carte ludique dans l’ouvrage montre les espèces réintroduites et celles aujourd’hui disparues.
Des scientifiques de la Zoological Society of London (ZSL) ont relâché plusieurs Partula dans une réserve spécialement aménagée au Fare Natura en 2025. ©Archives
Mettre ces livres “dans les bibliothèques des écoles”
Dans cet ouvrage d’une centaine de pages, Justin Gerlach et Véronique Mu-Liepmann illustrent ce parcours à travers des documents scientifiques et historiques. On y apprend aussi que les ancêtres des Partula seraient probablement originaires d’Asie de l’Est. Des fiches d’identification permettent également de comprendre le degré de menace qui pèse sur chaque espèce. Les premiers Partula avaient d’ailleurs été collectés dès 1769 par l’équipe de James Cook à Raiatea.
La coordination locale de ces projets est assurée par la Direction de l’environnement (Diren) qui a également participé à la création du livre ‘Āreho Partula – Icônes de la biodiversité. La Diren s’occupe de la coordination des réintroductions, la mise en place de protocoles sanitaires, le suivi scientifique et la collaboration avec les services de biosécurité. “On doit avoir l’éducation pour faire en sorte que ces livres arrivent dans les bibliothèques des écoles”, évoque Matai Depierre, de la cellule biodiversité de la Diren
Dans cet ouvrage d’une centaine de pages, Justin Gerlach et Véronique Mu-Liepmann illustrent ce parcours à travers des documents scientifiques et historiques. On y apprend aussi que les ancêtres des Partula seraient probablement originaires d’Asie de l’Est. Des fiches d’identification permettent également de comprendre le degré de menace qui pèse sur chaque espèce. Les premiers Partula avaient d’ailleurs été collectés dès 1769 par l’équipe de James Cook à Raiatea.
La coordination locale de ces projets est assurée par la Direction de l’environnement (Diren) qui a également participé à la création du livre ‘Āreho Partula – Icônes de la biodiversité. La Diren s’occupe de la coordination des réintroductions, la mise en place de protocoles sanitaires, le suivi scientifique et la collaboration avec les services de biosécurité. “On doit avoir l’éducation pour faire en sorte que ces livres arrivent dans les bibliothèques des écoles”, évoque Matai Depierre, de la cellule biodiversité de la Diren
Pratique :
Éditions Au vent des îles.
Prix du livre : 1 450 francs / 12 euros.
Mail : contact@auventdesiles.pf
Tél. : 40 50 95 95
Éditions Au vent des îles.
Prix du livre : 1 450 francs / 12 euros.
Mail : contact@auventdesiles.pf
Tél. : 40 50 95 95