Tahiti le 30 mars 2026 – La cérémonie d’investiture à Makemo a bruyamment fait le tour de la toile. “C’est une victoire qui nous a été volée”, dénonce Vaitiare Fournier dont la liste est arrivée en tête aux municipales. Elle estime que son équipe aurait dû disposer de 12 sièges au conseil municipal contre trois pour la liste du maire sortant, Félix Tokoragi. Mais il n’en a rien été. Le haut-commissaire a déféré cette affaire devant le tribunal pour “contester la répartition des sièges telle qu’elle résulte de la proclamation du maire”.
“Huit voix pour Félix Tokoragi et sept pour Vaitiare Fournier”. Telle est la proclamation des résultats à l’issue du conseil municipal d’investiture qui s’est tenu à Makemo dimanche soir. Rappelons qu’au second tour des municipales, la liste conduite par Vaitiare Fournier a obtenu 51,6 % des suffrages, contre 48,8 % en faveur de celle du maire sortant Félix Tokoragi. C’est pourtant bien ce dernier qui a été proclamé tāvana de l’atoll, au grand dam des nombreux administrés présents. En cause : le changement de bord de deux colistiers de Vaitiare Fournier, Anna Flores de Raroia et Arthur Graphe de Takume.
La population a tout de suite réagi et la tension est tout de suite montée, comme le montre les nombreuses vidéos qui ont circulé sur le web depuis. Les administrés présents ont même demandé que le vote soit refait, des chaises ont volé, des insultes et même des menaces ont été proférées lors de cette soirée.
À tel point que la séance du conseil municipal a dû se poursuivre à huis clos, dans les locaux de la mairie. Félix Tokoragi après avoir enfilé l’écharpe tricolore a annoncé à la population venue nombreuse : “Le conseil municipal va entrer en salle. Nous allons faire à l’intérieur l’élection des adjoints au maire, et l’élection des maires délégués. Allez ! On continue le travail.” Vaitiare Fournier ainsi que les six élus qui l’ont soutenue jusqu’au bout sont restés avec les administrés pour calmer la population.
“Huit voix pour Félix Tokoragi et sept pour Vaitiare Fournier”. Telle est la proclamation des résultats à l’issue du conseil municipal d’investiture qui s’est tenu à Makemo dimanche soir. Rappelons qu’au second tour des municipales, la liste conduite par Vaitiare Fournier a obtenu 51,6 % des suffrages, contre 48,8 % en faveur de celle du maire sortant Félix Tokoragi. C’est pourtant bien ce dernier qui a été proclamé tāvana de l’atoll, au grand dam des nombreux administrés présents. En cause : le changement de bord de deux colistiers de Vaitiare Fournier, Anna Flores de Raroia et Arthur Graphe de Takume.
La population a tout de suite réagi et la tension est tout de suite montée, comme le montre les nombreuses vidéos qui ont circulé sur le web depuis. Les administrés présents ont même demandé que le vote soit refait, des chaises ont volé, des insultes et même des menaces ont été proférées lors de cette soirée.
À tel point que la séance du conseil municipal a dû se poursuivre à huis clos, dans les locaux de la mairie. Félix Tokoragi après avoir enfilé l’écharpe tricolore a annoncé à la population venue nombreuse : “Le conseil municipal va entrer en salle. Nous allons faire à l’intérieur l’élection des adjoints au maire, et l’élection des maires délégués. Allez ! On continue le travail.” Vaitiare Fournier ainsi que les six élus qui l’ont soutenue jusqu’au bout sont restés avec les administrés pour calmer la population.
“Il s'est lui-même investi”
Contactée Vaitiare Fournier assure comprendre “le sentiment de la population qui est légitime car c’est une trahison et une injustice. Mais, je condamne fermement les violences survenues [dimanche] soir. On m'a appelé sur la gendarmerie pour retourner vers les lieux des élections et calmer les électeurs qui étaient très, très, très fâché. Je n'ai jamais eu une telle colère”.
L’élue assure d’ailleurs qu’il y avait des signes précurseurs au revirement des deux élus de sa majorité qui lui ont fait faux bond au dernier moment : “Il y avait des gestes. Les deux colistiers n'étaient pas dans un état normal donc j'ai senti le vent tourner (…). Cela se voyait sur leur tête et même dans leur regard. Et même Félix Tokoragi a montré dès le début que les deux étaient avec lui.”
Vaitiare Fournier assure également que quand les résultats ont été proclamés “tout de suite, [Félix Tokoragi] s'est précipité vers sa veste et s’est mis lui-même son écharpe. Il s'est lui-même investi. Le procès-verbal n’avait même pas encore été signé”. Pour elle, Félix Tokoragi est “fidèle à son image : menteur, sournois, bipolaire. C'est quelqu'un qui est prêt par tous les moyens à acquérir ce qu'il veut. J’estime que c’est une victoire qui nous a été volée”.
Surtout, Vaitiare Fournier assure avoir saisi le haut-commissariat en urgence, dès le 25 mars, pour demander un contrôle de la légalité de la répartition des sièges au sein du conseil municipal de Makemo. Compte tenu de la prime majoritaire “normalement, je devrais avoir 12 sièges et Félix Tokoragi trois sièges”.
Elle explique qu’avant même ce “référé” elle a consulté plusieurs techniciens “pour pouvoir appuyer ma demande et tous m'ont donné raison en s’appuyant sur les textes qui mentionnent le calcul et tout. Je reste confiante”.
Vaitiare Fournier se rappelle que depuis lundi dernier avec Ana Flores de Raroia Arthur Graffe de Takume n’ont pas arrêté de “se concerter”.
Et à leur arrivée à Makemo vendredi “on s'est réuni et on a bien discuté. On s’est mis d’accord car Anna Flores voulait être première maire adjointe. Elle voulait aussi être la candidate pour les élections territoriales. On a tout accepté car elle disait, il ne faut pas oublier que j'ai été élue légitimement par mon peuple. Donc, on ne vous doit rien du tout. Mais, elle semble oublier que ce peuple qui a voté pour elle a souhaité le changement”.
Quant au conseiller de Takume, Arthur Graffe voulait lui être maire délégué. Vaitiare Fournier ajoute : “J'ai quand même des valeurs. Je suis avant tout chrétienne et c'est ça qui me donne la force de tenir”. Elle appelle la population à “rester dans le calme. On met ça dans la main de la justice et on attend. Il n'y a pas d'élément qui me semble être en notre défaveur”.
L’élue assure d’ailleurs qu’il y avait des signes précurseurs au revirement des deux élus de sa majorité qui lui ont fait faux bond au dernier moment : “Il y avait des gestes. Les deux colistiers n'étaient pas dans un état normal donc j'ai senti le vent tourner (…). Cela se voyait sur leur tête et même dans leur regard. Et même Félix Tokoragi a montré dès le début que les deux étaient avec lui.”
Vaitiare Fournier assure également que quand les résultats ont été proclamés “tout de suite, [Félix Tokoragi] s'est précipité vers sa veste et s’est mis lui-même son écharpe. Il s'est lui-même investi. Le procès-verbal n’avait même pas encore été signé”. Pour elle, Félix Tokoragi est “fidèle à son image : menteur, sournois, bipolaire. C'est quelqu'un qui est prêt par tous les moyens à acquérir ce qu'il veut. J’estime que c’est une victoire qui nous a été volée”.
Surtout, Vaitiare Fournier assure avoir saisi le haut-commissariat en urgence, dès le 25 mars, pour demander un contrôle de la légalité de la répartition des sièges au sein du conseil municipal de Makemo. Compte tenu de la prime majoritaire “normalement, je devrais avoir 12 sièges et Félix Tokoragi trois sièges”.
Elle explique qu’avant même ce “référé” elle a consulté plusieurs techniciens “pour pouvoir appuyer ma demande et tous m'ont donné raison en s’appuyant sur les textes qui mentionnent le calcul et tout. Je reste confiante”.
Vaitiare Fournier se rappelle que depuis lundi dernier avec Ana Flores de Raroia Arthur Graffe de Takume n’ont pas arrêté de “se concerter”.
Et à leur arrivée à Makemo vendredi “on s'est réuni et on a bien discuté. On s’est mis d’accord car Anna Flores voulait être première maire adjointe. Elle voulait aussi être la candidate pour les élections territoriales. On a tout accepté car elle disait, il ne faut pas oublier que j'ai été élue légitimement par mon peuple. Donc, on ne vous doit rien du tout. Mais, elle semble oublier que ce peuple qui a voté pour elle a souhaité le changement”.
Quant au conseiller de Takume, Arthur Graffe voulait lui être maire délégué. Vaitiare Fournier ajoute : “J'ai quand même des valeurs. Je suis avant tout chrétienne et c'est ça qui me donne la force de tenir”. Elle appelle la population à “rester dans le calme. On met ça dans la main de la justice et on attend. Il n'y a pas d'élément qui me semble être en notre défaveur”.
Le haut-commissaire saisit la justice
Contacté le haut-commissariat rappelle que dans toutes les communes du Fenua ce sont les tāvana, en tant que présidents du bureau de vote centralisateur, qui proclament les résultats après notamment l’établissement du procès-verbal.
Il précise également que “la proclamation effectuée par le maire (…) ne peut être remise en cause que par le tribunal administratif et en aucun cas par l'autorité administrative (Conseil d'État, 14 novembre 2014, élections municipales de Gajac)”. Le haut-commissaire a donc décidé de déférer cette affaire devant le tribunal administratif pour “contester la répartition des sièges telle qu’elle résulte de la proclamation du maire”. Il considère que “les résultats proclamés à l'issue du second tour ne sont pas conformes au décompte des voix attribuées aux deux listes et donc aux dispositions de l'article L 262 du code électoral”.
Rappelons que Félix Tokoragi n’a eu de cesse de répéter en 2020 qu’il ne ferait pas de troisième mandat en tant que tāvana. Il avait même annoncé lors du congrès de A here ia Porinetia en mars 2022 : “Je ne me représenterai pas en 2026. Il n’y a pas de tāvana for ever”. Il a d’ailleurs été démissionné de A here ia Porinetia par les instances dirigeantes du parti car ce dernier avait finalement décidé de ne plus respecter cette limitation de mandats qui devrait permettre, selon Ahip, le renouvellement de la classe politique.
Rappelons également qu’en 2021 Félix Tokoragi a été condamné à payer une amende de 100 000 francs pour avoir menotté, sur un des poteaux de la toute nouvelle mairie, un administré de son atoll, Tahi Teraiaue, dit Blake, pendant plusieurs heures au soleil. Félix Tokoragi devait aussi s'acquitter de la somme de 200 000 francs au titre du préjudice moral qu’avait eu à subir ce dernier. Contactés à plusieurs reprises, ni Félix Tokoragi ni Anna Florès n’ont répondu à nos sollicitations.
Il précise également que “la proclamation effectuée par le maire (…) ne peut être remise en cause que par le tribunal administratif et en aucun cas par l'autorité administrative (Conseil d'État, 14 novembre 2014, élections municipales de Gajac)”. Le haut-commissaire a donc décidé de déférer cette affaire devant le tribunal administratif pour “contester la répartition des sièges telle qu’elle résulte de la proclamation du maire”. Il considère que “les résultats proclamés à l'issue du second tour ne sont pas conformes au décompte des voix attribuées aux deux listes et donc aux dispositions de l'article L 262 du code électoral”.
Rappelons que Félix Tokoragi n’a eu de cesse de répéter en 2020 qu’il ne ferait pas de troisième mandat en tant que tāvana. Il avait même annoncé lors du congrès de A here ia Porinetia en mars 2022 : “Je ne me représenterai pas en 2026. Il n’y a pas de tāvana for ever”. Il a d’ailleurs été démissionné de A here ia Porinetia par les instances dirigeantes du parti car ce dernier avait finalement décidé de ne plus respecter cette limitation de mandats qui devrait permettre, selon Ahip, le renouvellement de la classe politique.
Rappelons également qu’en 2021 Félix Tokoragi a été condamné à payer une amende de 100 000 francs pour avoir menotté, sur un des poteaux de la toute nouvelle mairie, un administré de son atoll, Tahi Teraiaue, dit Blake, pendant plusieurs heures au soleil. Félix Tokoragi devait aussi s'acquitter de la somme de 200 000 francs au titre du préjudice moral qu’avait eu à subir ce dernier. Contactés à plusieurs reprises, ni Félix Tokoragi ni Anna Florès n’ont répondu à nos sollicitations.