​Yannick Cadet élu à la présidence du Medef-Polynésie


Tahiti, le 3 avril 2026 - Fraîchement élu à la présidence du Medef, Yannick Cadet prend ses fonctions avec une ambition claire : renforcer le rôle de l’organisation dans le paysage économique polynésien et accompagner les entreprises face aux mutations accélérées du monde du travail. Acteur du secteur de l’assurance depuis plus de 20 ans, il souhaite aujourd’hui mettre son expérience au service d’un développement économique plus cohérent, plus anticipé et plus innovant.
 
“Je suis un homme de terrain, attaché à la relation humaine”, commence le directeur de la société Poe-ma insurances, qui œuvre dans le courtage en assurance depuis 12 ans à Papeete. Il a gravi les étapes du secteur en passant notamment par le traitement de l’indemnisation, un poste qui l’a marqué par la complexité des situations humaines rencontrées. “Ce qui m’anime depuis toujours, c’est la relation client. Comprendre un problème, s’y confronter, trouver une solution. C'est une philosophie que je veux aussi porter au Medef. Je souhaite replacer l’humain au centre de l’économie.”
 
Le nouveau président du Mouvement des entreprises de France en Polynésie a d’abord tenu à rappeler l’importance de l’organisation qu’il dirige désormais. “Le Medef est la première organisation représentative des entreprises. En Polynésie, nous regroupons plus de 650 entreprises, un nombre qui augmente chaque année.” Grâce au travail des équipes précédentes, le Medef est aujourd’hui pleinement reconnu par les autorités publiques. “Nous ne sommes pas toujours d’accord, mais un véritable dialogue existe. Le Medef est un acteur légitime, au cœur de l’économie réelle, celle qui crée de l’emploi, de la valeur et qui finance le modèle social. À ce titre, nous avons la responsabilité d’être exigeants et force de proposition.”
 
Le bureau qu’il vient de constituer mêle continuité et renouvellement. Il compte pour moitié des membres de l’ancienne équipe et pour moitié de nouveaux membres. On y trouve l’ancien président, Steeve Hamblin, ainsi que Nathalie Klein, Raimana Manjard, Céline Charpiot et Patrick Rivière. Un équilibre qui, selon lui, reflète l’esprit de son mandat. “Nous avançons avec une équipe solide et motivée. S’engager au Medef nécessite du temps, c’est du bénévolat, mais nous avons tous à cœur de faire bouger les lignes”, rappelle celui qui a été élu mardi soir, de même que son bureau, à l’unanimité.
 
Faire de l’intelligence artificielle un levier d’opportunité
 
Parmi les premiers dossiers du nouveau président, l’intelligence artificielle occupe une place centrale. Yannick Cadet est à l’origine de la création d’un club IA, lancé il y a un peu plus d’un an, et qui rencontre un succès important. “L’IA peut être une formidable opportunité pour nos entreprises, à condition de l’aborder correctement. Trop souvent, on la résume à ChatGPT pour des taches simples. C’est beaucoup plus vaste que ça. L’IA peut permettre d’automatiser une partie des tâches administratives, de fluidifier les process, et surtout de redonner du temps aux agents pour retrouver le contact avec le client.”
 
Dans un territoire où l’insularité, l’éloignement et l’étroitesse du marché sont autant de contraintes, l’intelligence artificielle pourrait devenir un outil d’accélération d’après lui. “C’est un sujet de transformation pour les entreprises, mais aussi pour l’administration. L’enjeu, c’est d’améliorer la rapidité des process pour dynamiser toute l’économie.”
 
Le club IA, qui rassemble près d’une quarantaine de participants à chaque session, a vocation à grandir et à s’ouvrir à des événements plus ambitieux. “Nous travaillons à organiser un rendez-vous majeur autour de la transformation numérique.”
 
Le nouveau président du syndicat patronal devra faire avec l’économie fragilisée du pays. “La croissance reste limitée, et la crise que nous traversons touche durement certaines entreprises. Nous avons déjà des remontées des importateurs, qui font face à des hausses de prix liées aux tensions internationales. Même à des milliers de kilomètres des zones de conflit, nous sommes impactés”, rappelle-t-il. Le coût du fret, revenu à un niveau plus raisonnable après la crise Covid, menace de repartir à la hausse. À cela s’ajoute l’incertitude des secteurs exportateurs, notamment la pêche et l’artisanat, dépendants des prix du carburant et des ajustements tarifaires des compagnies aériennes.
 
Son mot d’ordre est l’anticipation. Pour Yannick Cadet, cela confirme la nécessité d’anticiper davantage. Être chef d’entreprise, c’est gérer les risques. “Notre rôle au Medef, c’est d’aider les entreprises à identifier ces risques, à les maîtriser et à trouver des marges de manœuvre pour se développer”, dit-il.
 
Des secteurs d’avenir : tech, biotech et environnement
 
Si le président reconnaît les fragilités du tissu économique polynésien, il souligne aussi ses potentialités. Il note : “Nous avons un vivier important de petites entreprises qui ne demandent qu’à grandir. Le secteur de la tech, en particulier, fourmille de belles initiatives, qui se sont révélées notamment lors de la crise Covid. Les biotechnologies et les projets environnementaux représentent aussi des opportunités majeures.”
 
Il insiste également sur l’importance de la formation des jeunes. “Il y a bonnes formations en Polynésie, mais aussi beaucoup de jeunes qui se forment à l’étranger, notamment au Canada. L’enjeu, c’est qu’ils reviennent et qu’ils restent”, insiste-t-il.
 
“L’économie est comme une pirogue”
 
Le Medef poursuivra également son travail de terrain, notamment avec les “Medef Café”, un format apprécié des entreprises. “Ce sont des moments d’échanges directs, avec un intervenant expert et des chefs d’entreprise qui repartent avec des solutions concrètes. Nous en organisons un à deux par mois, et si d’autres sujets émergent, nous augmenterons la cadence. Il nous faut être un réseau sur lequel les entrepreneurs peuvent s’appuyer au quotidien.”
 
“L’économie, c’est comme une pirogue. Si tout le monde rame ensemble, elle avance vite. Mais si chacun rame dans son sens, elle tourne en rond. L’enjeu est là : avancer ensemble. Les entreprises, l’administration, les salariés, les politiques devons être alignés”, conclut Yannick Cadet.
 
Avec une vision tournée vers l’innovation et l’anticipation, et un ancrage profond dans la dimension humaine propre au territoire, le nouveau président du Medef entend bien donner une nouvelle dynamique à l’économie polynésienne. “Nous serons force de proposition, et nous remettrons l’humain au centre. C’est essentiel pour construire la croissance durable que nous devons transmettre aux générations futures.” Yannick Cadet sera à la tête du Medef Polynésie jusqu'en 2028.

Rédigé par Violaine Broquet le Vendredi 3 Avril 2026 à 15:22 | Lu 556 fois