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​Warren Dexter : “Les augmentations, c’est quand on n’a pas le choix”


Tahiti, le 4 novembre 2026 - Reçu en plateau sur Radio 1 ce mercredi, le ministre des Finances, Warren Dexter, s’est exprimé sur la hausse des coûts à la pompe en Polynésie française. Ce dernier a détaillé les raisons d’une hausse devenue inévitable alors que le Fenua jouit cependant d’un carburant parmi les moins cher grâce à l’amortisseur fiscal du FRPH. Il a aussi évoqué quelques mesures qui seront prises dans le contexte de la constitution du prochain budget.

 
L’annonce de la hausse des prix à la pompe s’est faite n’importe comment ce lundi, mais ne s’est pas faite pour autant de façon irraisonnée. Depuis la dernière hausse en juin 2026, les Polynésiens pouvaient aller à la pompe avec des prix au litre à 165 francs, contre plus de 250 francs en France notamment. Une stabilité alors que la crise mondiale des hydrocarbures touche tout le monde, rendue possible grâce au Fonds de régulation des prix des hydrocarbures (FRPH), alimenté par une taxe à la pompe, mais surtout massivement abondé par le gouvernement.
 
Ce mercredi, sur Radio 1, Warren Dexter a expliqué que 3,5 milliards de francs avaient été injectés dans le FRPH depuis le début de l’année afin de maintenir les prix, ainsi que la suppression de certaines taxes fiscales sur l’importation des produits pétroliers, représentant là aussi un manque à gagner pour le Pays de 4 milliards. Mais cette aide massive ne pouvait plus durer. “On est arrivé au bout de nos possibilités”, a-t-il expliqué. “S’il n’y avait pas eu ces aides, le prix du litre serait largement au-dessus des 200 francs”, a-t-il complété. Une stabilisation rendue possible grâce à la bonne santé financière du Pays, contrairement à la Nouvelle-Calédonie notamment.
 
Toujours à l’antenne, le ministre de l’Économie a annoncé vouloir reconduire, mais seulement à hauteur de 50 % cette fois-ci, la baisse des taxes à l’importation sur les produits pétroliers dans le prochain budget du Pays. Une mesure qui obèrerait le budget du Pays à hauteur de 2 milliards de francs, et que le gouvernement espère suffisante, en comptant aussi sur un retour du prix du baril à une valeur raisonnable à l’international après la défaite de Trump aux États-Unis mardi. Si le FRPH devait ne pas être suffisant pour maintenir les prix, ce dernier pourrait être abondé “à travers un collectif budgétaire” dans le courant de l’année prochaine, poursuit Warren Dexter, en espérant ne pas avoir à procéder à une nouvelle hausse des prix à la pompe pour équilibrer les budgets. “Les augmentations, on ne les fait pas par plaisir”, a conclu le ministre. “On les fait quand on n’a pas le choix.”
 

Rédigé par Bertrand PREVOST le Mercredi 4 Novembre 2026 à 19:07 | Lu 428 fois