Focus sur les crevettes et les paraha pēue avec la coopérative des aquaculteurs (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 29 juin 2026 - Pour sa quatrième journée au Fenua, la ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud, a mis le cap au sud de Tahiti. Elle a été sensibilisée aux enjeux liés au rāhui à Mataiea, à la construction navale à Taravao, ainsi qu’à l’aquaculture et la recherche scientifique à Vairao.
Après Raiatea dimanche, cap au sud de Tahiti, ce lundi matin, pour la ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud. Elle était notamment accompagnée du haut-commissaire, Alexandre Rochatte, et du ministre des Ressources marines en charge de la Recherche, Taivini Teai.
Après Raiatea dimanche, cap au sud de Tahiti, ce lundi matin, pour la ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud. Elle était notamment accompagnée du haut-commissaire, Alexandre Rochatte, et du ministre des Ressources marines en charge de la Recherche, Taivini Teai.
Le rāhui en Polynésie
À Mataiea, un focus a été fait sur le rāhui. L’association culturelle Faaravaianuu et les élèves de CM1 de l’école Nuutafaratea ont accueilli la délégation selon l’usage, l’occasion de présenter l’aire marine éducative (AME) gérée par les enfants. Un travail pédagogique salué par la ministre : “Les aires marines éducatives polynésiennes inspirent partout à travers le monde”.
Entre un rappel historique des usages du rāhui et la réglementation moderne en faveur d’une réduction durable de la pression sur les ressources, la parole a été donnée à Tamatoa Bambridge, directeur de recherches au Criobe et représentant du Rāhui Center, s’agissant des modalités de suivi écologique. Quant au président de la fédération des rāhui, Clément Vergnhes, il a rappelé que “faire respecter un rāhui reste un défi quotidien” en raison du manque de moyens alloués à la surveillance et à la sensibilisation : “C’est pourquoi nous souhaitons travailler avec l’État et le Pays. Nous proposons de mettre en place des gardes champêtres et d’assermenter certains membres volontaires de nos comités de gestion”.
Les enjeux des aires marines éducatives et des rāhui ont été abordés à Mataiea.
Construction navale et défiscalisation
Changement de décor pour l’escale suivante chez Nautisport Industries (NSI). Spécialisée dans la construction navale et la charpente métallique, l’entreprise est implantée depuis 2002 à Taravao et totalise aujourd’hui 110 salariés. Les commandes de navires en aluminium concernent les secteurs de la pêche et du tourisme, mais aussi les communes ou encore la recherche scientifique, comme l’illustre la finalisation du Taurima Moana associé à un engin sous-marin dans le cadre du programme Honu de la Tetiaroa Society.
Cette présentation du savoir-faire local a été l’occasion pour l’entreprise d’appuyer le soutien à la défiscalisation. “La loi de finances 2026 nous a fait peur avec une diminution de l’aide à la défiscalisation. C’est aussi important pour nos investissements que pour les armateurs pour soutenir les activités et les emplois de toute la filière”, nous a indiqué le directeur de NSI, Hervé Driano. Les échanges ont également porté sur l’approvisionnement et le recyclage des matières premières, ainsi que sur la formation sous l’angle du compagnonnage.
Escale au chantier naval de Nautisport Industries à Taravao.
Les défis de l’aquaculture
La troisième partie de la visite a été consacrée à l’aquaculture au Centre technique aquacole (CTA) de Vairao, qui fournit les éleveurs en post-larves de crevettes et paraha pēue. Des représentants de la Coopérative des aquaculteurs de Polynésie française (CAPF) et de la Direction des ressources marines (DRM) ont présenté les enjeux “d’agrandissement et de fiabilisation” de cet outil de production, tandis que les filières tendent à se diversifier (algues rouges, huîtres de roche, holothuries, etc.).
Un développement accompagné depuis 1972 par l’Ifremer, qui s’étend de l’huître perlière aux oursins en passant par l’impact des microplastiques et du réchauffement climatique, comme a pu l’appréhender la ministre lors de sa visite du site au contact des chercheurs et des techniciens ; elle a d’ailleurs salué “une coopération fructueuse” entre les différents partenaires impliqués. Le projet de chaire internationale de recherche sur les grands fonds marins “pour mieux évaluer la biodiversité, la dynamique et la vulnérabilité des écosystèmes profonds de la Polynésie française” a également été présenté.
Présentation des missions de l’Ifremer à Vairao, suivie d’une visite du site.
“Inspiration” et “décarbonation”
À l’issue de cette traversée de la Presqu’île, la ministre est revenue sur le bilan de la matinée : “Je retiens de l’émerveillement, de la compétence, des enjeux forts de connaissance et de compréhension, et beaucoup d’enthousiasme. (...) Quand je dis que je suis venue chercher de l’inspiration en Polynésie pour développer une économie bleue dans les Outre-mer et l’Hexagone, je trouve vraiment cette inspiration. Avec Teva Rohfritsch, on est en train de piloter cette feuille de route”. Une réunion du comité stratégique maritime et portuaire de Polynésie française (Cosmer) était d’ailleurs prévue l’après-midi même, à la présidence.
À chaque étape ou presque, la navigatrice, sensible aux enjeux climatiques, a aussi plaidé en faveur d’une “nécessaire” décarbonation. “Si on veut viser l’autonomie énergétique, il faut développer des compléments de propulsion et des navires hybrides. Je promeus depuis longtemps la propulsion vélique. (...) La décarbonation est un véritable enjeu pour l’avenir de l’économie maritime en Polynésie”, nous a-t-elle confié, annonçant la transition avec la visite du système de climatisation par eau de mer (Swac) du centre hospitalier de la Polynésie française (CHPF), ce mardi.