Plusieurs engagements sont listés en faveur d’une “cohabitation harmonieuse” entre les différents usagers du site (Crédit : archive Tahiti Infos).
Tahiti, le 19 août 2026 – Formalisé par la commune de Taiarapu-Ouest en concertation avec les prestataires nautiques, un “pacte de bonne conduite” a été signé début août par la plupart des capitaines. L’objectif est d’apaiser les relations à terre et sur l’eau, mais aussi de renforcer la sécurité face à une fréquentation touristique croissante aux abords de la célèbre vague.
La vague de Teahupo’o est régulièrement le théâtre de sessions de surf spectaculaires. Entre l’avènement des réseaux sociaux et, plus récemment, les Jeux olympiques, l’attractivité du spot s’est renforcée ces dernières années. Une pression touristique et médiatique qui va avec son lot de tensions, voire d’incidents. Le dernier en date, fin mai, à l’aube de la saison de la houle de sud-ouest, a marqué les esprits : la concentration de bateaux avait poussé l’un d’entre eux dans le souffle de la vague et une collision avait été évitée de peu avec un surfeur.
La vague de Teahupo’o est régulièrement le théâtre de sessions de surf spectaculaires. Entre l’avènement des réseaux sociaux et, plus récemment, les Jeux olympiques, l’attractivité du spot s’est renforcée ces dernières années. Une pression touristique et médiatique qui va avec son lot de tensions, voire d’incidents. Le dernier en date, fin mai, à l’aube de la saison de la houle de sud-ouest, a marqué les esprits : la concentration de bateaux avait poussé l’un d’entre eux dans le souffle de la vague et une collision avait été évitée de peu avec un surfeur.
Sécurité et courtoisie
Face à ces enjeux de sécurité et plus largement de courtoisie, la commune de Taiarapu-Ouest a formalisé un “pacte de bonne conduite” en concertation avec les prestataires nautiques. Signée par la plupart des capitaines, cette charte met en parallèle “une opportunité de développement” économique, social et sportif qui expose le site à “des risques accrus” en matière de sécurité et de préservation de l’écosystème, l’objectif étant d’aboutir à une “cohabitation harmonieuse” entre les différents usagers du site – capitaines et touristes, mais aussi surfeurs, photographes, vidéastes, coachs et autres professionnels, également cités. Les engagements concernent le respect des limitations de vitesse, des distances de sécurité ou encore des capacités d’accueil propres à chaque embarcation, mais aussi de s’abstenir de couper la trajectoire d’une vague surfée. “La sécurité des personnes prime sur toute autre considération”, est-il rappelé. Le respect de l’environnement et de la dimension culturelle des lieux est aussi mentionné.
Si ce document n’a pas vocation à se substituer aux réglementations en vigueur, il rappelle certaines mesures élémentaires et fixe une ligne de conduite commune. Pour le maire délégué de Teahupo’o, lui-même prestataire nautique de métier, il y avait urgence. “Il faut respecter une marge de sécurité pour ne pas se retrouver en danger en cas de panne, ce que certains prestataires n’avaient pas l’habitude de prendre en compte. L’idée, c’est tout simplement d’avoir une bonne entente sur le spot. On veut éviter que l’accès à la vague soit un jour interdit”, remarque Milton Parker, concernant le plan d’eau.
À terre, les “rabatteurs” ne sont plus autorisés : ils sont remplacés par trois “accueillants” chargés d’orienter équitablement les visiteurs de passage au PK 0 et à la pointe selon les bateaux présents. “L’objectif, c’est d’éviter les conflits, car il y a eu des bagarres encore récemment à cause de ça. Des touristes sont aussi venus se plaindre de harcèlement à la mairie. La commune ne veut plus de ces pratiques : on veut un climat apaisé et une belle image de Teahupo’o”, poursuit le tāvana.
“C’était nécessaire !”
Pour les signataires interrogés, cette charte vient combler l’absence de cadre clair en dehors des périodes de compétition. “On fonctionne uniquement sur réservations, donc on n’est pas directement concernés par les problèmes à terre, mais globalement, c’est une bonne chose aussi sur l’eau. Il fallait cette charte pour que ce soit mieux encadré. C’était nécessaire ! Notre crainte, si les débordements devaient continuer, c’est que le spot soit fermé et que notre activité soit menacée”, confie la femme d’un capitaine.
Prêts à embarquer, un pilote et son assistant saluent également l’initiative, tout en émettant quelques réserves sur son application au quotidien. “C’est bien pour la sécurité des touristes. Maintenant, il faut vraiment s’assurer que tout le monde respecte les règles, car on sait que ce sont toujours les mêmes qui font les marioles. On ne veut pas en arriver aux mains : ça donne une mauvaise réputation aux taxi-boats. On est tous là pour travailler”, remarquent-ils, favorables à plus de contrôles.
Un autre capitaine comptant parmi les anciens espère pouvoir aller de l’avant. “Ça fait du bien de crever l’abcès pour ne pas perdre notre métier. Au bout de trois réunions, on a établi une charte qui pourra être améliorée selon les retours de chacun. Il faut bien commencer par quelque chose pour tendre vers plus de sérénité. Je pense que ça peut apaiser la situation, en tous cas je veux y croire !”, glisse-t-il. Il conclut en résumant la situation avec sagesse : “On ne risque pas la vie des gens pour 4.000 francs... On n’est pas non plus là pour gêner les surfeurs, car ce sont eux qui performent sur les vagues.”
Quel suivi ?
En cas de manquement grave ou réitéré, un rappel à l’ordre pourra être formulé par la commune, qui se réserve aussi le droit de signaler les faits aux autorités compétentes. Des réunions annuelles, sous forme de bilan, doivent permettre de faire remonter d’éventuelles difficultés pour enrichir la charte, le cas échéant. D’autres échanges avec le Pays et l’État seraient envisagés par la commune pour affiner certains points, notamment en matière de surveillance et de verbalisation en cas d’infraction.
À Teahupo’o, la demande d’une adaptation des arrêtés d’interdiction de navigation par forte houle concernant le cas particulier des professionnels (surfeurs de gros, photographes et vidéastes spécialisés) refait également surface à chaque vigilance majeure.