​Un arrêté face à une “très grosse houle” à Teahupo’o


Un nouveau train de houle va frapper Teahupo’o la semaine prochaine (Crédit : archive/ACL).
Tahiti, le 4 juin 2026 - La saison est officiellement lancée à Teahupo’o pour le plus grand bonheur des surfeurs, des professionnels de l’image et des prestataires nautiques. Un retour de la houle de sud-ouest qui inquiète aussi avec déjà plusieurs accidents, dont un évité de peu en raison de la pression croissante sur le plan d’eau en l’absence de règlement en dehors des compétitions. Tandis que le photographe Tim McKenna et le surfeur Raimana Van Bastolaer alertent sur les réseaux sociaux, la commune de Taiarapu-Ouest anticipe la houle de la semaine prochaine avec un projet d’arrêté visant à “interdire l’accès et garantir la sécurité des personnes”.
 

Elle est attendue chaque année avec impatience... et son lot de problèmes. La houle de sud-ouest est de retour sur le spot mythique de Teahupo’o pour le plus grand bonheur des surfeurs locaux et étrangers, mais aussi des photographes et vidéastes qui immortalisent les exploits des sportifs, sans oublier les touristes happés par la célèbre mâchoire. Une attractivité croissante qui se solde par une concentration de bateaux à chaque épisode de grosses vagues, source de tensions en l’absence de règlement officiel. Des usagers réguliers dénoncent de longue date des pratiques inadaptées de la part de certains prestataires nautiques, qui approchent de simples spectateurs au plus près de la zone d’impact comme s’il s’agissait de professionnels de l’image.
 

​Absence de “hiérarchie”


Une telle pression n’est pas sans danger pour les passagers comme pour les surfeurs, sans oublier les photographes et vidéastes aquatiques, comme l’illustre l’incident survenu la semaine dernière dont les images ont fait le tour de la toile : un bateau de cameramen secoué par le souffle de la vague et une collision évitée de peu avec un rider. Le capitaine a été formidable pour nous placer et garder son calme dans cette situation délicate, lorsque trois taxi-boats bondés de touristes nous ont encerclés, raconte Tim McKenna sur sa page Instagram. Heureusement que l’expérience de Matahi Drollet et un coup d’œil aux bateaux lui ont permis de changer de trajectoire au dernier moment (...). On n’aura pas cette chance indéfiniment, poursuit le photographe, qui craint une “tragédie” dictée par le profit au détriment “du respect, de la hiérarchie et de la courtoisie.
 
Une situation qui n’a pas échappé au maire de Taiarapu-Ouest, Faana Taputu, tandis qu’une nouvelle session se profile. “On va prendre un arrêté par rapport à la très grosse houle qui va arriver la semaine prochaine pour interdire l’accès au plan d’eau et garantir la sécurité des personnes”, nous a-t-il indiqué. Pour le maire délégué de Teahupo’o, également prestataire nautique, cet arrêté municipal, qui n’est pas une première, s’avère nécessaire. “En tant que tāvana, c’est de notre responsabilité d’être dans la prévention. Il faut éviter que des gens aillent sur l’eau ces jours-là”, estime Milton Parker. Mais une autre question se pose pour apaiser durablement les tensions et limiter les risques : est-il possible de réglementer l’accès au site à l’année, à l’image du protocole de sécurité mis en œuvre lors des compétitions avec un zonage dédié à chaque activité ? “Il faudrait qu’on se mette tous d’accord et qu’on fixe des règles”, répond l’élu de Teahupo’o, favorable à l’organisation d’une réunion avec les différents acteurs concernés.
 

​Sécurité en mer... et sur terre


En attendant, le surfeur Raimana Van Bastolaer alerte sur son compte Facebook : “Sauf changement (...), à tous ceux qui habitent en bord de mer (...), le 11 et 12 juin, préparez-vous pour la houle qui arrive”. La semaine dernière, les pompiers de Taiarapu-Ouest ont évacué deux surfeurs tandis qu’un médecin aurait pris en charge une dizaine de blessés à la pointe Fare Mahora. “Par rapport à la houle qui arrive, on s’inquiète autant pour la sécurité en mer que sur terre. Sur l’eau, on va dire que ce sont des accidents qu’on peut éviter, donc on encourage les gens à respecter les consignes de sécurité”, souligne le chef de caserne, Haamoe Hoata, qui garde en mémoire les sinistrés du code rouge du 13 juillet 2022.  
 

Rédigé par Anne-Charlotte Lehartel le Jeudi 4 Juin 2026 à 17:18 | Lu 876 fois