​Un ancien instituteur condamné pour l'agression d'une fillette de 7 ans


Tahiti, le 31 mars 2026 - Un ancien instituteur a été jugé mardi en correctionnelle pour avoir imposé des atteintes sexuelles à sa nièce âgée de 7 ans. L'individu a été condamné à cinq ans de prison avec sursis probatoire pendant deux ans.
 
Le tribunal correctionnel a jugé mardi un ancien instituteur âgé de 49 ans qui était poursuivi pour avoir commis une agression sexuelle sur sa nièce en 2017 et ce, alors que cette dernière n'avait que 7 ans. Ce n'est que quatre ans après les faits, soit en 2021, que la victime s'était confiée à sa grande sœur. Alors qu'elle habitait à l'époque avec le prévenu et sa mère, la mineure avait subi des attouchements de son oncle qui dormait souvent avec elle et qui l'accompagnait dans la douche où il lui avait imposé des atteintes sexuelles.
 
Condamné à une seule reprise pour non-paiement d'une pension alimentaire, le prévenu a reconnu mardi à la barre du tribunal qu'il avait bien commis les faits dénoncés par sa nièce. “Tout s'est passé comme elle l'a dit”, a-t-il confessé en expliquant qu'il avait traversé une “période de déni” avant d'avoir une “révélation” selon laquelle il était attiré par les jeunes enfants depuis son plus jeune âge. L'ancien instituteur, démis de ses fonctions en raison de son comportement avec les élèves, a ensuite expliqué qu'il avait entamé un suivi psychologique et qu'il préférait désormais la compagnie des adultes. Le président du tribunal a ensuite expliqué que la sœur aînée de la victime aurait eu un rapport sexuel avec le prévenu lorsqu'elle était mineure mais qu'elle ne souhaitait pas porter plainte.
 
Manipulation psychologique
 
Le magistrat a ensuite évoqué les expertises pratiquées sur la victime et sur le prévenu. L'expert psychologue qui s'était entretenu avec la mineure avait relevé que cette dernière se trouvait dans un état de “dépendance” vis-à-vis du prévenu qui avait instauré un “contexte de manipulation psychologique et d'emprise”. Les faits, commis alors que la mineure était “vulnérable”, avaient entraîné un syndrome de stress post-traumatique.
 
L'expert psychiatre qui avait rencontré l'ancien instituteur avait, pour sa part, conclu que ce dernier, qui présente des “troubles pédophiliques”, inversait la “charge” en considérant la victime comme ayant été “pro-active” alors qu'elle n'avait que 7 ans.
 
En l'absence de la victime, son avocat, Me Christophe Rousseau-Wiart, a assuré que si le prévenu mettait en avant son “immaturité”, il avait “préparé” les faits en incitant notamment la mère de la victime à se séparer de son mari et à venir vivre à son domicile avec la fillette. Il est également revenu sur le fait que le prévenu aurait eu une relation sexuelle avec son autre nièce, des faits “encore plus graves” que la jeune femme préfère désormais oublier, selon l'avocat.
 
Un “véritable prédateur”
 
Alors que le prévenu encourait une peine maximale de sept ans de prison ferme, la procureure de la République a finalement requis quatre ans de prison dont trois avec sursis probatoire pendant deux ans ainsi qu'une obligation de soins et une interdiction d'exercer une fonction en contact avec des mineurs. Lors de ses réquisitions, elle a évoqué un “véritable prédateur”, un “pédophile” qui s'en est pris à une petite fille “très, très jeune”.
 
Me Teremoana Hellec a ensuite pris la parole pour la défense de l'ancien instituteur en indiquant qu'il avait notamment accepté de le représenter car il avait finalement reconnu les faits et qu'il avait pris le “problème à bras le corps” en entamant rapidement un suivi psychologique après la révélation des faits.
 
Après en avoir délibéré, le tribunal correctionnel a finalement condamné le quadragénaire à cinq ans de prison avec sursis probatoire pendant deux ans. Il sera inscrit au Fichier des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes (Fijais).
 

Rédigé par Garance Colbert le Mardi 31 Mars 2026 à 16:07 | Lu 822 fois