Gloria et Maxime bravent le courant pour rejoindre leur domicile (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 4 novembre 2026 - À Papeari, la vingtaine d’habitants d’une enclave du quartier Vaite mène une vie au fil de l’eau : à chaque forte pluie, l’entrée en crue de la rivière se solde par des déplacements compliqués, voire impossibles. Ils interpellent la commune et le Pays depuis de nombreuses années pour bénéficier d’un aménagement qui permettrait de sécuriser durablement le franchissement.
Ce mercredi matin, Gloria Lucas-Ligthart et son ami Maxime sont revenus du magasin en voiture avec leur voisine. Ils résident à proximité du PK 52, dans le quartier Vaite, à un kilomètre de la route territoriale. Pour regagner leurs domiciles respectifs, les derniers mètres sont loin d’être les plus simples à parcourir : une béquille dans une main, un sac de courses dans l’autre, ils ont traversé la rivière en bravant le courant avec de l’eau jusqu’à mi-cuisse. Une épreuve quotidienne depuis 2007 pour la résidente de 76 ans passée par une opération à chaque genou et un AVC. “Heureusement, ça s’est calmé hier soir (mardi, NDLR). Ces derniers jours, la rivière était en crue et l’eau était marron. Quand il fait beau, on passe sans problème, même avec la voiture, mais quand c’est comme ça, on est bloqué”, explique-t-elle.
Ce mercredi matin, Gloria Lucas-Ligthart et son ami Maxime sont revenus du magasin en voiture avec leur voisine. Ils résident à proximité du PK 52, dans le quartier Vaite, à un kilomètre de la route territoriale. Pour regagner leurs domiciles respectifs, les derniers mètres sont loin d’être les plus simples à parcourir : une béquille dans une main, un sac de courses dans l’autre, ils ont traversé la rivière en bravant le courant avec de l’eau jusqu’à mi-cuisse. Une épreuve quotidienne depuis 2007 pour la résidente de 76 ans passée par une opération à chaque genou et un AVC. “Heureusement, ça s’est calmé hier soir (mardi, NDLR). Ces derniers jours, la rivière était en crue et l’eau était marron. Quand il fait beau, on passe sans problème, même avec la voiture, mais quand c’est comme ça, on est bloqué”, explique-t-elle.
“On espère une amélioration avant qu’il y ait un accident”, confient les habitants.
“Avec un bébé dans les bras”
Le quartier compte cinq maisons et une vingtaine d’habitants de tous âges : nourrissons, enfants, adultes et personnes âgées. Ils mènent une vie paisible en pleine nature, tout en bénéficiant de certains services essentiels comme le raccordement à l’eau et à l’électricité. Mais leurs déplacements sont conditionnés par la météo. “Quand la rivière est trop forte, impossible de traverser. Certains d’entre nous ont des rendez-vous médicaux importants à honorer : je suis moi-même suivie en oncologie dans le cadre de ma rémission et la semaine prochaine, je dois emmener ma petite de cinq mois à sa visite au CPI. Les enfants manquent souvent l’école et il y a ceux qui doivent aller au travail : ma nièce traverse à pied avec son bébé de quatre mois dans les bras pour l’emmener chez la nourrice”, s’inquiète Gwendoline Ligthart. L’évacuation des déchets ménagers, qui nécessite de transférer les bacs à ordures de l’autre côté de la rivière, est également impactée.
Une passerelle accessible aux piétons et aux véhicules est positionnée quelques dizaines de mètres en amont, mais elle ne dessert pas cette partie du quartier. Elle constitue une alternative en cas de crue pour les adultes les plus aventuriers, qui parviennent à la rejoindre en “escaladant” un talus à travers la végétation, moyennant des attaches de fortune et une rallonge de quinze minutes, faute de chemin praticable. “Mais on se salit, et c’est impossible avec les enfants ou les courses”, remarque la mère de famille.
Pour rejoindre la passerelle existante, il faut “escalader” côté montagne.
La passerelle voisine ne dessert pas cette partie du quartier.
Nouvelle passerelle ou vers l’ancienne ?
“On refait nous-mêmes le passage dans la rivière et une petite digue à la main en repositionnant les cailloux, mais ça casse à chaque fois. On ne demande pas un pont, juste une passerelle pour pouvoir au moins passer à pied”, demande Jean-Claude Ligthart. Une passerelle, un radier ou le tracé d’un chemin vers l’infrastructure existante, plusieurs pistes sont évoquées, mais les résidents restent dans l’incertitude et se préparent à vivre une nouvelle saison des pluies sans solution durable. “Ça fait des années qu’on demande des aménagements à la mairie et aux ministres de l’Équipement, mais on ne sait pas si ça va se faire un jour. On espère une amélioration avant qu’il y ait un accident. Si on fait des vidéos, ce n’est pas pour embêter, c’est pour montrer la réalité des choses”, remarquent-ils au sujet de leurs récentes publications sur les réseaux sociaux, dévoilant une rivière déchaînée pendant les intempéries.
Hasard du calendrier, à l’occasion d’une tournée d’état des lieux des vallées exposées aux risques d’inondation, quatre élus de Papeari étaient sur place, dont le maire délégué, Opeta Tahuaitu, qui n’a pas hésité à se mouiller pour aller à la rencontre de ces habitants isolés. À son retour, il nous a indiqué qu’une intervention d’urgence serait programmée pour tenter de sécuriser la traversée. S’agissant de la perspective d’un ouvrage pérenne, le sujet devait être soulevé en conseil municipal le soir même.
Des élus de Papeari se sont rendus sur place, ce mercredi.
Quand la rivière est en crue, les cinq maisons se retrouvent isolées.