Tahiti le 23 février 2026. Le centre des Métiers d’arts a beaucoup fait parler de lui cette dernière année. Que cela soit pour l’éviction de Viri Taimana, la réintégration de Tokainuia Devatine comme conseiller d’éducation artistique par le tribunal administratif ou encore la perte de la licence Métiers d’art et du design. Voilà qu’un rapport de la Chambre territoriale des comptes vient en rajouter en publiant ce lundi son rapport sur l’établissement.
"Si l’établissement bénéficie d’une renommée, y compris internationale, grâce notamment au travail de valorisation des œuvres créées, dans le cadre d’expositions locales, nationales et internationales, son offre pédagogique présente des fragilités auxquelles il convient de remédier", explique la Chambre territoriale des comptes dans ses premières analyses. "Cela passe notamment par l’élaboration d’un projet d’établissement, une amélioration des pratiques pédagogiques, un meilleur accompagnement des élèves et un recentrage sur les référentiels des trois diplômes délivrés."
Sans jamais contredire l’essence même du Centre des métiers d’arts, la CTC voit pourtant un manque d’attractivité s’accroître et surtout un décrochage scolaire inquiétant. "Le nombre d’élèves se présentant aux examens d’entrée a diminué et son taux de réussite souffre du décrochage scolaire", détaille le rapport. "L’établissement manque sur ce sujet de transparence dans ses résultats et doit améliorer son pilotage en mettant en place des indicateurs de performance reflétant fidèlement son activité", complète l’analyse vers un centre qui masquerait son taux de réussite pour ne pas noircir encore un peu plus son image.
"Si l’établissement bénéficie d’une renommée, y compris internationale, grâce notamment au travail de valorisation des œuvres créées, dans le cadre d’expositions locales, nationales et internationales, son offre pédagogique présente des fragilités auxquelles il convient de remédier", explique la Chambre territoriale des comptes dans ses premières analyses. "Cela passe notamment par l’élaboration d’un projet d’établissement, une amélioration des pratiques pédagogiques, un meilleur accompagnement des élèves et un recentrage sur les référentiels des trois diplômes délivrés."
Sans jamais contredire l’essence même du Centre des métiers d’arts, la CTC voit pourtant un manque d’attractivité s’accroître et surtout un décrochage scolaire inquiétant. "Le nombre d’élèves se présentant aux examens d’entrée a diminué et son taux de réussite souffre du décrochage scolaire", détaille le rapport. "L’établissement manque sur ce sujet de transparence dans ses résultats et doit améliorer son pilotage en mettant en place des indicateurs de performance reflétant fidèlement son activité", complète l’analyse vers un centre qui masquerait son taux de réussite pour ne pas noircir encore un peu plus son image.
La vétusté pointée
A de nombreuses reprises, l’état de fatigue du bâtiment abritant le CMA a été pointé du doigt par des élus en commissions ou en séance à l’assemblée de la Polynésie française. La Chambre territoriale des comptes dénonce aussi le phénomène. "En raison de la non-conformité aux normes, l’établissement a dû condamner le premier étage du bâtiment administratif se privant ainsi d’une superficie utile potentielle supplémentaire", explique-t-elle. "De même, le non-respect des conditions d’hygiène et sécurité des bâtiments et leur défaut d’entretien général comportent non seulement des risques potentiels pour les enseignants et élèves auxquels il convient de remédier sans délai, mais concourent également à la limitation du nombre d’élèves par filière."
Une hérésie financière puisque dans le même temps, la CTC collecte une "sous-utilisation de la subvention accordée à l’établissement par la collectivité" et "une forte progression de son fonds de roulement et de sa trésorerie."
Dès lors, avec les caisses pleines et des aides possibles pour attaquer des travaux, "cette situation n’est pas de bonne gestion, au regard de l’état de délabrement du bâti, de nombreuses dépenses d’amélioration du fonctionnement et de mise en sécurité de l’établissement devant être mises en œuvre", poursuit la Chambre.
Enfin, toujours sur l’aspect financier de la gestion du CMA, la Chambre territoriale des comptes s’étonne de "plusieurs anomalies", "en matière d’engagement comptable et de gestion de ses biens immobilisées, valeurs inactives et œuvres mises en collection."
De même, le CMA, s’il dispense des cours aux artistes, ne sait pas trop ce qu’il fait des œuvres produites. Pas d’inventaires depuis 2015 et une comptabilité éparse qui laisse traîner 159 œuvres produites par les élèves, et la perte de 53 objets de collection pour une valeur avoisinant les 613 000 francs. "Cette situation d’incertitude ne saurait perdurer", sanctionne la CTC.
Une hérésie financière puisque dans le même temps, la CTC collecte une "sous-utilisation de la subvention accordée à l’établissement par la collectivité" et "une forte progression de son fonds de roulement et de sa trésorerie."
Dès lors, avec les caisses pleines et des aides possibles pour attaquer des travaux, "cette situation n’est pas de bonne gestion, au regard de l’état de délabrement du bâti, de nombreuses dépenses d’amélioration du fonctionnement et de mise en sécurité de l’établissement devant être mises en œuvre", poursuit la Chambre.
Enfin, toujours sur l’aspect financier de la gestion du CMA, la Chambre territoriale des comptes s’étonne de "plusieurs anomalies", "en matière d’engagement comptable et de gestion de ses biens immobilisées, valeurs inactives et œuvres mises en collection."
De même, le CMA, s’il dispense des cours aux artistes, ne sait pas trop ce qu’il fait des œuvres produites. Pas d’inventaires depuis 2015 et une comptabilité éparse qui laisse traîner 159 œuvres produites par les élèves, et la perte de 53 objets de collection pour une valeur avoisinant les 613 000 francs. "Cette situation d’incertitude ne saurait perdurer", sanctionne la CTC.
Travail forcé et travail au noir
Que le CMA participe et collabore avec de grands événements culturels, il n’y a rien de choquant. Cela fait pratiquer les élèves, les incorpore dans le milieu culturel et bénéficie à tout le monde. Le problème, c’est que ces participations se sont transformées en travail forcé et en collaboration commerciale à bas coût pour les clients. "Si la création d’un ou deux prototypes pourrait éventuellement être envisagée comme une expérience enrichissante, la mobilisation répétée des élèves sur des réalisations à grande échelle sort du cadre d’enseignement du CMA", frappe la CTC qui laisse planer l’ombre d’un travail commercial dissimulé par le CMA. "Les témoignages des élèves et enseignants évoquent un travail laborieux durant plusieurs semaines pour la réalisation de costumes pour l’ensemble d’une troupe de danse, voire des musiciens, soit entre 40 et 60 costumes selon les années."
Ces travaux allongent les emplois du temps des élèves et leurs font manquer des cours.
Pour le Festpac à Hawaï, "ce sont au moins 40 costumes qui auraient été confectionnés", liste le rapport de la CTC. Un travail facturé 2,4 millions de francs avec 41 costumes au prix unitaire de 9 000 francs. '"Force est de constater qu’une facturation à hauteur de 9 000 francs pour un costume de danse « Ori Tahiti », même si la matière première a été apportée par l’acheteur, représente une faible somme au regard du temps de travail associé, étant observé par ailleurs, qu’aucune rétribution n’a été enregistrée officiellement au titre de la réalisation du grand costume", s’étonne la CTC qui voit là une exploitation des étudiants par le CMA sous le double prétexte de la formation et de la culture. "La réalisation de ce type de projet s’effectue au détriment de l’acquisition des savoirs et compétences prévus dans le cadre des formations dispensées", poursuit la CTC qui dénonce "l’aspect répétitif ainsi que l’utilisation de main d’œuvre et d’équipements financés par des fonds publics pour une association à statut privé."
Plus énigmatique, "les costumes réalisés pour le Festpac ont été revendus à une association Hawaïenne pour un montant de 420 000 francs", sachant que l’ancien directeur du CMA, qui organise la réalisation de ces prestations, "est également membre de l’organe de direction de Temaeva, l’association bénéficiaire puisqu’il en est le vice-président."
Même chose récemment, les élèves en DN MADE ont participé à la réalisation de costumes pour le Heiva 2025. Une commande de prototypes pour deux semaines de travaux et une rémunération de 700 000 francs au CMA étaient alors prévus. Cependant, les élèves expliqueront à la CTC, lors de leurs auditions, avoir réalisé une quarantaine de costumes, ainsi que 8 000 pièces de coco découpées et poncées également par les élèves.
La CTC liste ainsi d’autres dérives comme la réalisation "d’un cercueil pour des funérailles ou la gravure de 70 médaillons pour un mariage".
L’ancien directeur du CMA, Viri Taimana, a répondu à ces constats, expliquant que seuls les élèves du CMA, qui dansaient dans la troupe Temaeva, avaient fait des heures supplémentaires pour les costumes utilisés lors du Festpac et que le cercueil pour le décès de Tavana Salmon, avait été réalisé par lui-même, accompagné d’enseignants volontaires et de certains élèves tatoueurs. Quant aux médaillons, ni lui, ni l’actuel directeur n’ont de traces de ces travaux.
Ces travaux allongent les emplois du temps des élèves et leurs font manquer des cours.
Pour le Festpac à Hawaï, "ce sont au moins 40 costumes qui auraient été confectionnés", liste le rapport de la CTC. Un travail facturé 2,4 millions de francs avec 41 costumes au prix unitaire de 9 000 francs. '"Force est de constater qu’une facturation à hauteur de 9 000 francs pour un costume de danse « Ori Tahiti », même si la matière première a été apportée par l’acheteur, représente une faible somme au regard du temps de travail associé, étant observé par ailleurs, qu’aucune rétribution n’a été enregistrée officiellement au titre de la réalisation du grand costume", s’étonne la CTC qui voit là une exploitation des étudiants par le CMA sous le double prétexte de la formation et de la culture. "La réalisation de ce type de projet s’effectue au détriment de l’acquisition des savoirs et compétences prévus dans le cadre des formations dispensées", poursuit la CTC qui dénonce "l’aspect répétitif ainsi que l’utilisation de main d’œuvre et d’équipements financés par des fonds publics pour une association à statut privé."
Plus énigmatique, "les costumes réalisés pour le Festpac ont été revendus à une association Hawaïenne pour un montant de 420 000 francs", sachant que l’ancien directeur du CMA, qui organise la réalisation de ces prestations, "est également membre de l’organe de direction de Temaeva, l’association bénéficiaire puisqu’il en est le vice-président."
Même chose récemment, les élèves en DN MADE ont participé à la réalisation de costumes pour le Heiva 2025. Une commande de prototypes pour deux semaines de travaux et une rémunération de 700 000 francs au CMA étaient alors prévus. Cependant, les élèves expliqueront à la CTC, lors de leurs auditions, avoir réalisé une quarantaine de costumes, ainsi que 8 000 pièces de coco découpées et poncées également par les élèves.
La CTC liste ainsi d’autres dérives comme la réalisation "d’un cercueil pour des funérailles ou la gravure de 70 médaillons pour un mariage".
L’ancien directeur du CMA, Viri Taimana, a répondu à ces constats, expliquant que seuls les élèves du CMA, qui dansaient dans la troupe Temaeva, avaient fait des heures supplémentaires pour les costumes utilisés lors du Festpac et que le cercueil pour le décès de Tavana Salmon, avait été réalisé par lui-même, accompagné d’enseignants volontaires et de certains élèves tatoueurs. Quant aux médaillons, ni lui, ni l’actuel directeur n’ont de traces de ces travaux.