​Tech & Bio Pacifique 2026 : “C’est un accélérateur”


Moorea, le 9 août 2026 - Le Tech & Bio Pacifique 2026 a réuni pendant trois jours à Opunohu des acteurs du monde de l’agriculture venus de plusieurs États et territoires du Pacifique. Démonstrations, échanges de compétences et solutions concrètes étaient au programme pour améliorer les pratiques agricoles. Plus de mille personnes ont participé à cette première édition au Fenua. 
 
Le lycée agricole de Opunohu accueillait de jeudi à samedi le Tech & Bio Pacifique 2026. Pendant trois jours, des agriculteurs, techniciens et représentants d’organismes agricoles de plusieurs États et territoires du Pacifique ont présenté des techniques de production, d’élevage, de transformation et de valorisation des matières organiques. L’événement a été organisé par la Chambre de l’agriculture et de la pêche lagonaire (CAPL) pour le compte la Fédération des Chambres d’agriculture et de la pêche du Pacifique (FED-CAPP). Créée en 2025 par la Polynésie française, la Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna, cette fédération vise notamment à faciliter les échanges de compétences entre les trois territoires. Avec un enjeu clair : “Pour nous, territoires du Pacifique, c'est de faire en sorte de mettre en œuvre des solutions qui soient pratiques, techniques et réplicables sur les exploitations agricoles”, explique Jean-Christophe Niautou, président de la Chambre d’agriculture de Nouvelle-Calédonie et co-président de la FED-CAPP.
 
“Des démonstrations concrètes”
 
En plus des conférences, les visiteurs ont pu assister à des démonstrations sur le désherbage mécanique, l’élevage, le maraîchage, la lutte biologique contre les mouches des fruits, l’utilisation du compost ou encore l’agro-transformation. “On n'est pas dans un symposium, dans une grande réunion où des experts internationaux se réunissent et parlent pendant plusieurs jours et chacun rentre chez soi. Non, là on est sur le terrain, sur l'exploitation, on fait des démonstrations concrètes”, assure Jean-Christophe.
 
La coopération entre territoires était l’un des principaux intérêts du rendez-vous. La Polynésie peut notamment partager son expérience dans l’agro-transformation. La Nouvelle-Calédonie dispose de compétences dans certaines techniques d’élevage et de maraîchage. Wallis-et-Futuna apporte également ses propres pratiques. “Cette coopération permet d’éviter de refaire les mêmes expérimentations dans chaque territoire. Si chacun veut à chaque fois réinventer la roue dans son pays et refaire les mêmes essais, on perd du temps. Donc là, c'est un accélérateur”, insiste le président de la Chambre d’agriculture de Nouvelle-Calédonie.
 
Les démonstrations ont été assurées notamment par des agents du Lycée agricole de Opunohu, de la Direction de l’agriculture (DAG), de la CAPL, de la Chambre d’agriculture de Nouvelle-Calédonie et de la CCIMA de Wallis-et-Futuna. La Communauté du Pacifique (CPS), POETCOM , spécialisé dans l’agriculture biologique dans le Pacifique, le SPG Bio Fetia, Valorga, en Nouvelle-Calédonie, et Technival, en Polynésie, étaient également présents.
 
Le Tech & Bio ne concerne pas uniquement l’agriculture biologique. Pour Bertrand Chareyron, de la Chambre d’agriculture de la Drôme, le salon présente des techniques qui peuvent être utilisées par différents types d’exploitations. “L'objectif de ce salon, c'est de montrer qu'il existe plusieurs techniques alternatives à l'utilisation des produits phytosanitaires, pour développer des techniques innovantes, plus respectueuses de l'environnement et surtout qui permettent de mieux rémunérer l'agriculteur. L’agro-transformation occupait une place importante dans cette édition.  Transformer les produits agricoles localement permet de créer davantage de valeur pour les producteurs”, explique Bertrand Chareyron.
 
Autonomie alimentaire
 
Derrière les techniques présentées à Opunohu, l’enjeu de l’autonomie alimentaire était également présent. Pour Jean-Christophe Niautou, les territoires insulaires doivent augmenter leur production locale. “Quand on a un taux de couverture alimentaire de 20 à 30 %, et même moins encore à Wallis-et-Futuna, je pense qu'on n'a pas le choix. Les crises répétées internationales que nous vivons nous montrent que, de toute façon, tôt ou tard, on n'aura pas le choix. Il faut qu'on revienne à des systèmes qui nous permettent de produire localement, et de manger locale”, estime-t-il. “On préfère parler de sécurité alimentaire. Au cas où ton pays est fermé, parce qu'on est insulaire, il faut qu'on ait au moins une alimentation suffisante pour assurer la sécurité alimentaire de la population. C'est ça, notre objectif.” Jean-Christophe Niautou plaide pour que tous les systèmes agricoles visent cet objectif : “Quand vous avez un territoire comme la Polynésie ou la Calédonie où on ne produit que 20 à 30 % de ce qu’on consomme, il faut toutes les agricultures. Il ne faut pas les opposer. Il faut augmenter la production quel que soit le système de production.”
 
Les organisateurs dressent un bilan positif de ce salon, avec plus de 1.000 personnes ayant participé aux trois journées, dont de nombreux agriculteurs polynésiens venus des îles.

Rédigé par Toatane Rurua le Dimanche 9 Aout 2026 à 18:01 | Lu 342 fois