Lancé en janvier, le chantier devrait s’achever avant la fin de l’année (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 1er avril 2026 – La course contre-la-montre est lancée au complexe sportif de Hitia’a, qui se prépare à accueillir les épreuves d’athlétisme des Jeux du Pacifique. D’un montant total avoisinant les 900 millions de francs, le projet comprend la transformation du stade pour la pratique de plusieurs disciplines, dont l’aménagement d’une piste de huit couloirs pour le 100 mètres, “la seule en Polynésie” concernant le volet “héritage”. Malgré les difficultés d’approvisionnement en matériaux, l’objectif est de terminer le chantier entre octobre et novembre 2026, “avant la prochaine saison des pluies”, d’autant que le site devra ensuite être homologué par la Fédération internationale d’athlétisme.
Inauguré en avril 2021, il y a tout juste cinq ans, le complexe sportif polyvalent de Hitia’a a été retenu pour accueillir les épreuves d’athlétisme des Jeux du Pacifique de Tahiti 2027 entre fin juillet et début août. Des travaux ont été lancés en janvier 2026 pour réaliser les aménagements nécessaires, ciblant plus particulièrement le stade où la pratique se faisait auparavant sur l’herbe.
“Il s’agit de remplacer la piste en terre végétale par une piste d’athlétisme en tartan. Ça suppose de remplacer tout le système de drainage, la couche de forme et les fondations pour pouvoir mettre les derniers revêtements que sont l’enrobé et la résine. C’est ce qui est en cours actuellement”, détaille Antoine Bertiaux, chargé d’opérations à Grands Projets de Polynésie (G2P) en charge de la maîtrise d’ouvrage déléguée, tandis que la maîtrise d’ouvrage est assurée par l’Institut de la jeunesse et des sports (IJSPF). Au total, 10 000 m3 de matériaux sont concernés par cette étape combinant déblai et remblai, confiée à JL Polynésie.
Inauguré en avril 2021, il y a tout juste cinq ans, le complexe sportif polyvalent de Hitia’a a été retenu pour accueillir les épreuves d’athlétisme des Jeux du Pacifique de Tahiti 2027 entre fin juillet et début août. Des travaux ont été lancés en janvier 2026 pour réaliser les aménagements nécessaires, ciblant plus particulièrement le stade où la pratique se faisait auparavant sur l’herbe.
“Il s’agit de remplacer la piste en terre végétale par une piste d’athlétisme en tartan. Ça suppose de remplacer tout le système de drainage, la couche de forme et les fondations pour pouvoir mettre les derniers revêtements que sont l’enrobé et la résine. C’est ce qui est en cours actuellement”, détaille Antoine Bertiaux, chargé d’opérations à Grands Projets de Polynésie (G2P) en charge de la maîtrise d’ouvrage déléguée, tandis que la maîtrise d’ouvrage est assurée par l’Institut de la jeunesse et des sports (IJSPF). Au total, 10 000 m3 de matériaux sont concernés par cette étape combinant déblai et remblai, confiée à JL Polynésie.
Météo et matériaux
À chaque chantier ses contraintes. À Hitia’a, sans surprise, il faut composer avec des précipitations fréquentes qui ont déjà impacté le lancement des travaux. C’est donc une course contre le temps, dans tous les sens du terme, qui est lancée. “Dès qu’il pleut abondamment, ça empêche les engins d’aller sur le site. C’est pour ça que l’entreprise progresse dans un sens bien précis, en roulant sur les matériaux au lieu de rouler dans la terre. Notre objectif, c’est de terminer avant la prochaine saison des pluies, car les enrobés et la résine sont assez sensibles à l’eau”, souligne le représentant de G2P. L’équipe est confrontée à une autre difficulté : “Le deuxième aléas, c’est la disponibilité des matériaux pour la couche support. On fait face à une pénurie de matériaux sur le territoire avec qu’une carrière qui délivre les pierres concassées au compte-goutte”. “La même problématique se pose sur les autres chantiers”, ajoute le directeur de l’IJSPF, James Cowan.
L’objectif reste d’aboutir entre octobre et novembre 2026 à huit couloirs de course pour le 100 mètres, deux aires de saut en longueur, des ateliers de saut en hauteur et de saut à la perche, ainsi que de lancer de javelot, de poids et de marteau. Le terrain de football central préexistant sera réhabilité et surélevé. D’autres équipements complètent le chantier : l’implantation de quatre mâts d’éclairage de 30 mètres de hauteur associés à un nouveau poste de transformation, la construction d’un local pour la chronométrie ou encore l’ajout côté mer d’une seconde tribune amovible et réutilisable pour augmenter la capacité d’accueil des spectateurs. La tribune d’origine, positionnée côté montagne, sera rafraîchie. Coût total de l’opération, études incluses : entre 850 et 900 millions de francs, co-financés par le Pays et l’État à travers le Contrat de développement et de transformation (CDT) pour le volet travaux.
Vue aérienne du futur pôle d’athlétisme de Hitia’a (Crédit : G2P).
Un héritage de haut niveau
Le respect de la “deadline” est crucial, car le projet ne s’arrête pas à la livraison du chantier. Un volet administratif déterminant suivra, comme nous l’a expliqué Vanina Pommier, conseillère technique au ministère des Sports : “Une fois que les travaux seront terminés, il y aura la phase d’homologation avec la Fédération internationale d’athlétisme pour être sûr que tous les prérequis des différentes disciplines sont respectés selon le cahier des charges”. Pour ces démarches, le Pays est accompagné par la société d’expertise technique Labosport.
Focus sur l’échéance des Jeux, ce chantier se projette aussi avec un objectif “d’héritage” entre maintien de la pratique du football et perspectives de développement de l’athlétisme au sud de Tahiti. “Sur les sites en travaux qui appartiennent au Pays, l’idée a toujours été de ne jamais retirer une pratique sportive, mais au contraire d’en ajouter quand c’est possible, que ce soit pour les Jeux du Pacifique, mais aussi pour l’après, car les infrastructures sont énormément utilisées par les scolaires, le mouvement sportif et le public. Sur le site de Hitia’a, l’athlétisme était pratiqué, mais pas en compétition. Après les travaux, on va gagner un site qui pourra accueillir des compétitions de niveau international. À sa livraison, ce sera la seule piste en Polynésie avec huit couloirs, ce qui est le minimum requis, en sachant que nous avons obtenu une dérogation pour passer de dix à huit”, précise Vanina Pommier. Des travaux d’extension aux stades Punaruu et Pater, qui disposent de six couloirs, auraient été trop complexes à mettre en œuvre ; le dimensionnement et la configuration à Hitia’a semblaient davantage adaptés. “Et si on a choisi cette option, c’est aussi pour décentraliser la pratique et donner la possibilité à la population de la Presqu’île d’avoir un site adéquat”.
Pendant les travaux, la salle omnisports continue d’accueillir les scolaires, dont les élèves du collège voisin de Hitia’a. “C’était une des demandes formulées à l’entreprise”, conclut Antoine Bertiaux concernant cet effort logistique. Les clubs et autres associations devront attendre la fin des travaux, voire après l’événement, les modalités de réouverture de la salle dépendant des besoins formulés par les partenaires, dont le comité d’organisation des Jeux (COJ).