​Social : 80 % d’aidants Feti’i en plus depuis l'augmentation de l'aide il y a 4 mois


Tahiti, le 22 avril 2026 - À l’occasion des Journées polynésiennes du handicap, Tahiti Infos revient avec la ministre des Solidarités, Minarii Galenon, sur l’aide Feti’i, mise en place en 2019 et dont le montant a augmenté en décembre dernier pour les aidants.  

“Je voudrais suivre une formation pour aider ma femme en perte d’autonomie, comment faire ?”, “Je dois voir qui pour avoir l’aide Feti’i ?”… Nombreux étaient les commentaires sur internet sous l’annonce de l’augmentation de l’aide aux aidants Feti’i, débloquée en décembre dernier. “On a augmenté de 30 000 francs, passant de 50 000 à 80 000 par mois”, rappelle Minarii Galenon, ministre des Solidarités. La première difficulté des aidants restant financière. Beaucoup sont issus de familles précaires. “Ce sont ceux qui ont vraiment des problèmes, des difficultés financières et sociales au sein des familles. Je mettais un point d’honneur à vraiment les valoriser.”  

Financée par le Fonds d’action sociale, cette aide relève de la compétence du Pays. Et les conséquences se font déjà sentir : “En 2026, on est déjà à 381 dossiers supplémentaires, alors que l’année dernière, globalement, on avait atteint 486 aidants.” Une hausse de 78 % due en grande partie à l’aide du Pays. Pour rappel, pour devenir aidant, il faut se tourner vers la DFSE et dans les îles, les démarches passent par les circonscriptions locales. À Maupiti, par exemple, une permanence est assurée tous les quinze jours.  

La mission de l’aidant est d’assurer les différentes tâches de la vie quotidienne auprès d’une personne mineure, adulte ou âgée, en situation de handicap ou de perte d’autonomie. Pour les personnes bénéficiant de l’allocation aux adultes handicapés, l’aide est prévue pour quatre heures par semaine minimum, même si, en réalité, “ils restent toute la journée”, souligne la ministre. Mise en place en 2019, cette aide constitue l’une de ses priorités.  

​Aucun dysfonctionnement


Un accompagnement de proximité est également mis en place : “Dans chaque famille, il y a des travailleurs sociaux référents qui vont rencontrer directement les aidants. On essaie aussi d’avoir une étroite collaboration avec la commune, parce que le maire est souvent le premier contact en cas de problème.” Pour le moment, aucun dysfonctionnement majeur n’a été constaté et le nombre d’aidants devrait continuer à augmenter.  

Une fois le dossier validé, les aidants ne sont pas laissés seuls. Des ateliers obligatoires, d’une durée de 62 à 72 heures réparties sur plusieurs semaines, leur sont proposés. Objectif : apprendre les gestes essentiels de soins, mieux accompagner un proche en perte d’autonomie, préserver la santé et l’équilibre de vie de l’aidant. Les thèmes abordés vont de l’entretien du cadre de vie à la préparation des repas, en passant par l’hygiène corporelle et le maintien du lien social. “Des ateliers en psychologie, par exemple. Des éléments très simples, surtout sur la prise en charge : qu’est-ce que je dois savoir ? Il y a aussi l’hygiène… Et puis leur dire qui avertir s’il y a des anomalies. Surtout leur rappeler qu’ils ne sont pas seuls et qu’il ne faut pas hésiter”, explique la ministre.  

Cette formation permet également aux aidants d’obtenir une attestation validant leurs compétences, et d’accéder à une pré-qualification dans le secteur du service à la personne. Des perspectives de spécialisation existent ensuite, notamment vers les métiers d’auxiliaire de vie ou d’accueillant familial.

Le Fenua compte plus de 17 000 personnes en situation de handicap, soit 6 % de la population, et 30 000 retraités, soit près de 11 % des habitants. Avec le vieillissement, la perte d’autonomie devient un enjeu majeur, et les aidants apparaissent comme une solution essentielle à rappeler en cette semaine polynésienne du handicap.  

Au-delà de l’aspect social, le dispositif joue aussi un rôle intergénérationnel. Il permet de maintenir les liens entre enfants, parents et grands-parents, tout en favorisant la transmission. Le ministère des Solidarités indique avoir déjà reçu des propositions de création d’Ehpad, inexistants sur le territoire. Mais la ministre s’y oppose : “J’ai refusé dans le sens où je voulais vraiment garder ces personnes âgées au sein du noyau familial. C’est un vecteur intergénérationnel.”

©DFSE
Comment devenir aidant Feti’i ?

Il faut être un proche de la personne (famille ou entourage), avoir au moins 18 ans, gagner en dessous de 100 000 francs par mois et faire une demande auprès de la Direction des solidarités (DSFE). Le dossier est étudié avec une évaluation sociale pour vérifier les besoins. Si la demande est acceptée, l’aidant signe un acte d’engagement et doit suivre une formation obligatoire pour apprendre à accompagner la personne au quotidien. Il faut passer par une évaluation sociale qui valide le besoin d’aide, signer un acte d’engagement (aidant / aidé / DSFE), suivre une formation obligatoire “aidant feti’i” (62 à 72 heures) et aider un minimum de quatre heures par jour.  

Pour qui ?

Le dispositif s’adresse aux personnes âgées de 60 ans et plus ou aux personnes en situation de handicap qui ont perdu leur autonomie et ont besoin d’aide dans les actes de la vie quotidienne (se déplacer, se laver, manger, etc.) : majeur en situation de handicap bénéficiant d’une allocation adulte handicapé ou mineur bénéficiant d’une allocation spéciale handicapé, non scolarisés, ou personne affiliée à l’un des trois régimes de la CPS.

Quels montants ?

L’aidant reçoit une indemnité financière qui peut aller jusqu’à 80 000 francs par mois renouvelable sous condition, versée sur la prestation d’une facture originale justifiant le service fait. Le montant exact dépend de la situation de la personne aidée et du niveau d’aide nécessaire. Cette somme est versée en échange de l’accompagnement assuré au quotidien.  

Quand demander ?

La demande doit être faite dès que la personne devient dépendante ou en perte d’autonomie. Il est conseillé de déposer le dossier avant ou au moment où l’aide commence.

Rédigé par Violaine Broquet le Mercredi 22 Avril 2026 à 20:52 | Lu 551 fois