​Rise The Fenua offre du matériel aux élèves du CJA


Tahiti, le 6 septembre 2026 – Hinanui, une Tahitienne qui a grandi aux États-Unis, est à l’origine de la fondation Rise The Fenua qui se donne pour mission d’aider des élèves en leur offrant des fournitures pour la rentrée. “Comme ça, ils commencent bien.” Cette année, Rise The Fenua a même pu offrir des ordinateurs et des tablettes.
 
Sa maman, Vaihere, est née à Tahiti où elle habitait vallée de Ahonu à Mahina. Après être allée à l’école de Hitimahana, puis au collège de Mahina, aux lycées Taaone et La Mennais, Vaihere part finir ses études à Hawaii où elle rencontre son mari.
 
Avec leurs trois filles, Leilanie, Hinanui et Anavai ils vont vivre au Colorado, au Kansas, ou encore en Floride. Mais Vaihere a toujours fait en sorte que leurs filles gardent un lien avec le Fenua “vu qu’on était loin, je voulais qu'elles soient toujours rattachées au Fenua. Et la danse a toujours été obligatoire dans leur parcours scolaire car on ne pouvait pas revenir souvent à Tahiti : c’était trop cher”.
 
Pour elle, au travers de la danse il y a aussi “le reo car je ne le parle pas bien (…). Et la danse permet d'entendre les chants et les sonorités de chez nous”.
 
Les larmes aux yeux, Vaihere l’assure : “On revient encore à Tahiti grâce à Hinanui et à la danse.” Elle raconte que la Fondation Rise The Fenua est née en 2024 lorsque Hinanui est élue Miss Heiva San Diego. “Elle a voulu offrir quelque chose au Fenua. On l'aide et on la soutient à 1000 %, son papa, ses sœurs et moi.”
 
Un an après le sacre à San Diego, Vaihere et Hinanui organisent un premier voyage à Tahiti pour “offrir des affaires scolaires à des élèves du Fenua”. Et depuis, “on essaie de renouveler cela tous les ans”.  
 
“Redonner à la communauté”
 
À l’époque, Hinanui suit des études de médecine. Elle est aussi bénévole auprès d’une fondation à Los Angeles. Elle aide les enfants des sans-abris après l'école. “Ils ont entre 6 et 14 ans et je m’occupe des petits (…). Je suis en fait leur tutrice et on les aide à faire leurs devoirs.”
 
Préalablement, elle avait dû suivre une formation pour “apprendre comment se comporter et travailler avec eux (…). S'ils s’endorment c’est peut-être qu’ils n'ont pas dormi la veille donc, il faut les laisser et ne pas les embêter (…). Ces centres leur permettent de s'évader un peu de leur quotidien”, se réjouit-elle.
 
Cette expérience l’a “beaucoup touchée”, causant en elle une prise de conscience : “Peut-être qu’à Tahiti, me suis-je dit, des enfants vivent la même chose et ont besoin d'aide”. Cette même année, Hinanui est élue Miss Heiva de San Diego. Mais, si cette distinction reconnait le charme qu’elle dégage, elle refuse de “juste être belle”. Elle se sent surtout investie d’une mission d’ambassadrice de Tahiti et décide de “redonner au Fenua et à la communauté”. Et c’est ainsi qu’elle crée la fondation Rise The Fenua avec l’objectif d’offrir des sacs et des fournitures scolaires à des élèves dans le besoin.
 
“Une fille a pleuré parce qu'elle n'avait jamais eu d’agenda”
 
Elle décide de mobiliser la communauté de ‘ori tahiti aux États-Unis pour mener à bien son projet. Les parents de Hinanui achètent même une machine pour imprimer sur des t-shirts, des gourdes ou encore des autocollants afin de les vendre au bénéfice de la fondation.
 
Rise The Fenua participe même à des workshops et des galas pour vendre ses produits. Mais cela ne prend pas tout de suite. Qu’à cela ne tienne : la jeune fille se met en relation avec un inspecteur de l’Éducation nationale, Matani Kainuku, lui indiquantqu'elle a travaillé dans un centre avec des élèves à besoin particulier” et souhaite “savoir si on avait l'équivalent ici”.  
 
En juillet 2025, Hinanui et sa maman organisent un déplacement à Tahiti pour lequel elles achètent une vingtaine de sacs qu’elles remplissent de fournitures scolaires : “Je voulais leur acheter des affaires qu’ils vont aimer et donc utiliser. Je ne voulais pas juste acheter les moins chères. C'est important aussi qu'ils aient des choses qu'ils veulent utiliser et qui leur donne envie de travailler à l’école”, dit la jeune fille.
 
Elle se souvient encore de cette première remise de trousseaux : “Ils étaient très contents. Il y avait même une fille qui a pleuré parce qu'elle n'avait jamais eu d’agenda, ni de trousse. Ça m'a un peu touchée qu'ils aient autant aimé leurs affaires. J'étais tellement heureuse de voir leur réaction.”
 
De retour aux États-Unis, la jeune femme est portée par cette première expérience. Elle reprend les opérations de collecte pour sa fondation. Hinanui se rappelle qu’au début ce n’était pas facile : “Personne ne comprenait ce qu’on faisait, pourquoi et pour qui, du coup, c'était dur d'avoir des fonds (…). À chaque fois on était obligés d’expliquer que tout était reversé à la fondation pour nous permettre ensuite de faire nos donations”.
 
Un événement spécial est organisé. Les écoles de danse sont invitées lors de cette soirée. “On a passé des diapositives et on a exposé notre bilan 2025, ce qu’on a récolté, et toutes les dépenses. On a vraiment été transparents et ils ont vu où allait l’argent récolté. Et lors de cette soirée, on a vraiment marqué notre histoire (…). Maintenant on est tous ensemble et c'est ce qui nous a permis de récolter plus de fonds cette année.”
 
Pour 2026, Vaihere et Hinanui sont de retour à Tahiti avec, cette fois, la possibilité d’accompagner la rentrée scolaire de plus d’une cinquantaine d’élèves de plusieurs CJA du Fenua à l’instar de ceux de Vairao, Tautira ou encore Tahaa.
 
L’inspecteur de l’Éducation Matani Kainuku explique que Tahaa a été un choix délibéré : “Elle a pris conscience que pour nos enfants qui ont envie de faire des études ça peut être compliqué en faisait le chemin qu'on a dû faire pour aller et pour rentrer. Et puis, ces élèves ont déjà eu un parcours scolaire difficile.”  
 
La fondation Rise The Fenua a même offert du matériel informatique. “Cette année, on avait aussi deux ordinateurs et six tablettes. La dotation est meilleure et c'est grâce à la participation de tous les groupes en Amérique.”
 
Hinanui rappelle que tout le matériel “a été acheté au Fenua pour une question de garantie” et pour faciliter le service après-vente. Hinanui a même été invité à planter un manguier pour marquer sa venue au CJA de Tahaa. “Ça nous a touchés. C’était fort et c’était vraiment bien pensé”, assure Matani Kainuku.

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Dimanche 6 Septembre 2026 à 19:48 | Lu 192 fois