Gendarmes et policiers ont maintenu leur présence sur place, samedi soir (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 22 février 2026 - Une trentaine de gendarmes sont intervenus samedi au Platchoir. Une mobilisation dissuasive malgré l’absence de rassemblement ce soir-là : des élus municipaux de Taiarapu-Est et des amateurs de car-bass de Faaone, dépassés par l’attractivité du site, étaient sur place pour tenter d’apaiser la situation et de trouver des solutions. La piste associative est notamment évoquée.
Samedi soir, seuls les gyrophares des véhicules de la gendarmerie ont dansé au Platchoir de Faaone ; un retour au calme après plusieurs rassemblements massifs associés à des signalements inquiétants de la part des usagers de la route, des riverains et de la commune de Taiarapu-Est. Trente-deux gendarmes et plusieurs policiers municipaux étaient sur place dès 19 heures pour mettre un terme aux débordements de ces dernières semaines. “Le but, c’est d’interdire la soirée et d’envoyer un message à la population : nous sommes attentifs à ses doléances et nous allons faire en sorte que ces soirées ne se renouvellent pas. Nous allons tenir le terrain, car il peut y avoir une implantation plus tard dans la soirée, et on restera attentif aux autres lieux qui seraient utilisés par les fêtards”, explique le capitaine Marc Le Goff, commandant en second de la compagnie des îles du Vent.
Samedi soir, seuls les gyrophares des véhicules de la gendarmerie ont dansé au Platchoir de Faaone ; un retour au calme après plusieurs rassemblements massifs associés à des signalements inquiétants de la part des usagers de la route, des riverains et de la commune de Taiarapu-Est. Trente-deux gendarmes et plusieurs policiers municipaux étaient sur place dès 19 heures pour mettre un terme aux débordements de ces dernières semaines. “Le but, c’est d’interdire la soirée et d’envoyer un message à la population : nous sommes attentifs à ses doléances et nous allons faire en sorte que ces soirées ne se renouvellent pas. Nous allons tenir le terrain, car il peut y avoir une implantation plus tard dans la soirée, et on restera attentif aux autres lieux qui seraient utilisés par les fêtards”, explique le capitaine Marc Le Goff, commandant en second de la compagnie des îles du Vent.
La gendarmerie et la commune en alerte
Faute de rassemblement ce soir-là, l’opération n’a pas tout à fait eu l’effet escompté, mais le ton est donné avec des verbalisations à la clé pour les contrevenants. “Stationner sur la voie publique, ce n’est pas autorisé. Danser sur la route, ce n’est pas légal, et il y a la problématique des nuisances sonores. C’est un lieu dangereux dans un virage non-éclairé”, rappelle le représentant de la gendarmerie nationale. “Depuis plusieurs semaines, on mène des contrôles aux abords du site : on a relevé beaucoup d’infractions de la conduite sous alcoolémie, également des stupéfiants et des troubles à l’ordre public. Il y a des majeurs, mais aussi beaucoup de mineurs, donc c’est notre préoccupation actuelle : on a même vu des parents qui amènent leurs enfants, ce qui nous interpelle.”
Sur place, quelques habitués étaient présents, mais l’esprit n’était pas à la fête. En marge de la campagne électorale, plusieurs élus municipaux sont venus à leur rencontre pour tenter d’apaiser la situation. “C’est une affaire qui a beaucoup duré, parce qu’aucune solution à long terme n’a été trouvée. Une affaire comme celle-là doit être traitée par toutes les parties prenantes : l’État, le Pays et la commune avec les partenaires pour essayer d’imaginer une solution pour eux. Je pense qu’au niveau de la jeunesse, il faut les occuper et trouver un site qui réponde à leurs besoins sur le plan technique, mais en même temps du point de vue de la sécurité. Il faut les accompagner : si on ferme quelque part, ils se déplacent autre part”, remarque le maire de Taiarapu-Est, Anthony Jamet.
Un point de vue partagé par Béatrice Lucas, conseillère municipale et ex-maire de Taiarapu-Est, qui a passé plusieurs heures sur place : “Avec le maire délégué de Faaone, nous sommes venus à la rencontre de ces jeunes pour discuter avec eux. J’ai essayé de les dissuader de se rassembler en bord de route, car c’est trop dangereux. Ils aimeraient rester ici derrière le parapet, côté montagne, mais un fond de vallée conviendrait peut-être mieux ? C’est l’affaire de tous : toutes les communes sont concernées, mais aussi le Pays et l’État. Il faut trouver une solution pour nos jeunes, que toutes les forces vives se mettent autour d’une table pour éviter une catastrophe.”
Dans l’après-midi et jusqu’en début de soirée, des élus municipaux ont ouvert le dialogue avec des jeunes de Faaone.
Vers une association dédiée à Faaone
“Passionné de musique” poussée à pleine puissance, Nohea Maitui le reconnaît : la popularité du Platchoir dépasse largement le projet initial. “On a commencé à se rassembler comme ça, avec un cousin. Il y a six à neuf mois, il y avait toujours des endroits ouverts pour les car-bass dans d’autres communes. Les gens de l’extérieur ne venaient pas ici. On n’était pas énormément : trois voitures et une petite famille. Aujourd’hui, on compte 20 car-bass et plus de 500 personnes. Ça pose plein de problèmes et on ramène la faute sur les car-bass. Tous ces gens qui viennent de l’extérieur, on ne se connaît pas et quand l’alcool prend le dessus, ça crée des débordements”, confie-t-il. Outre les bagarres, des faits de consommation de drogues et d’abus sexuels sont également rapportés. Il y a tout juste une semaine, les images d’un jeune homme à terre ont fait le tour des réseaux sociaux.
Les car-bassistes de Faaone projettent de créer une association pour organiser la pratique à leur échelle, tout en sachant que passer de rassemblement “sauvage” à “autorisé” ne se fera pas sans un certain nombre de contraintes. “On essaie de trouver un endroit à nous dans le respect. C’était notre spot au départ. On compte sur la commune de Taiarapu-Est pour nous aider. Je lance un appel à tous les car-bass : ce n’est pas contre vous, mais essayez de trouver votre endroit dans votre commune”, conclut Nohea Maitui, qui était venu sans son matériel pour “calmer la situation”.