Tahiti, le 14 janvier 2026 - L’Office polynésien de l’habitat clôt l’exercice 2024 dans le vert après deux exercices marqués par de lourds déficits. Un redressement qui doit moins à un miracle économique qu’à une nouvelle intervention du Pays, venu une fois encore éviter l’asphyxie financière de son bras armé pour le logement social. Une subvention exceptionnelle et des mesures de redressement internes, qui ne suffisent pas encore à garantir une stabilité budgétaire durable.
L’Office polynésien de l’habitat (OPH) peut souffler. À l’issue de l’exercice 2024, l’établissement public affiche un résultat d’exploitation excédentaire de 735,9 millions de francs, rompant avec les déficits abyssaux des deux années précédentes. Un signal positif, certes, mais qui masque mal une réalité désormais familière : sans l’appui décisif du Pays, l’OPH aurait une nouvelle fois vacillé.
Car derrière ces chiffres flatteurs se cache une subvention exceptionnelle de 1,138 milliard de francs, débloquée en fin d’année pour permettre à l’Office de régler ses fournisseurs et d’éviter l’asphyxie de sa trésorerie. Sans ce soutien, le résultat net serait resté négatif et la situation comparable à celle de 2023, marquée par l’accumulation des impayés et une trésorerie exsangue.
Le Pays endosse ainsi, une fois encore, le rôle de dernier rempart face aux fragilités structurelles d’un de ses établissements publics ; un opérateur pourtant central dans la politique du logement social. Un sauvetage assumé, justifié par l’importance stratégique de l’OPH, mais qui pose la question récurrente de la soutenabilité de son modèle économique.
Un équilibre retrouvé grâce au chéquier du Pays
Du côté de la direction, le redressement est présenté comme le fruit d’une gestion plus rigoureuse. De fait, l’année 2024 est marquée par une cure d’austérité interne : baisse de près de 8 % de la masse salariale, réduction drastique des dépenses d’exploitation, limitation des opérations non financées. L’Office a serré les rangs, parfois au prix d’un ralentissement de l’entretien du parc immobilier et de la production de logements, laissant planer le risque d’un report de charges sur les exercices à venir.
Cette discipline budgétaire a permis de reconstituer partiellement le fonds de roulement, mettant fin à une spirale descendante engagée depuis 2020. Mais là encore, l’amélioration reste fragile. Rapporté à un bilan de plus de 55 milliards de francs, le matelas financier demeure mince et offre peu de marges de manœuvre en cas de nouvel aléa.
Sur le terrain, l’OPH poursuit néanmoins ses missions : gestion de plus de 4 000 logements sociaux, accompagnement des ménages modestes, aides à l’accession et à l’habitat dispersé. Autant de politiques publiques essentielles, mais coûteuses, dont le financement repose largement sur la solidarité budgétaire du Pays.
En 2024, l’OPH n’a donc pas tant remporté une victoire qu’obtenu un sursis. Le soldat du logement social tient encore debout, mais sous perfusion. La feuille de route 2024-2027 devra transformer ce répit en redressement durable, faute de quoi le scénario du sauvetage financier pourrait bien se répéter… encore une fois. Le compte financier de l’OPH doit être examiné ce jeudi par les élus de la commission permanente (qui prend le relais entre les sessions budgétaires et administratives) à Tarahoi.
L’Office polynésien de l’habitat (OPH) peut souffler. À l’issue de l’exercice 2024, l’établissement public affiche un résultat d’exploitation excédentaire de 735,9 millions de francs, rompant avec les déficits abyssaux des deux années précédentes. Un signal positif, certes, mais qui masque mal une réalité désormais familière : sans l’appui décisif du Pays, l’OPH aurait une nouvelle fois vacillé.
Car derrière ces chiffres flatteurs se cache une subvention exceptionnelle de 1,138 milliard de francs, débloquée en fin d’année pour permettre à l’Office de régler ses fournisseurs et d’éviter l’asphyxie de sa trésorerie. Sans ce soutien, le résultat net serait resté négatif et la situation comparable à celle de 2023, marquée par l’accumulation des impayés et une trésorerie exsangue.
Le Pays endosse ainsi, une fois encore, le rôle de dernier rempart face aux fragilités structurelles d’un de ses établissements publics ; un opérateur pourtant central dans la politique du logement social. Un sauvetage assumé, justifié par l’importance stratégique de l’OPH, mais qui pose la question récurrente de la soutenabilité de son modèle économique.
Un équilibre retrouvé grâce au chéquier du Pays
Du côté de la direction, le redressement est présenté comme le fruit d’une gestion plus rigoureuse. De fait, l’année 2024 est marquée par une cure d’austérité interne : baisse de près de 8 % de la masse salariale, réduction drastique des dépenses d’exploitation, limitation des opérations non financées. L’Office a serré les rangs, parfois au prix d’un ralentissement de l’entretien du parc immobilier et de la production de logements, laissant planer le risque d’un report de charges sur les exercices à venir.
Cette discipline budgétaire a permis de reconstituer partiellement le fonds de roulement, mettant fin à une spirale descendante engagée depuis 2020. Mais là encore, l’amélioration reste fragile. Rapporté à un bilan de plus de 55 milliards de francs, le matelas financier demeure mince et offre peu de marges de manœuvre en cas de nouvel aléa.
Sur le terrain, l’OPH poursuit néanmoins ses missions : gestion de plus de 4 000 logements sociaux, accompagnement des ménages modestes, aides à l’accession et à l’habitat dispersé. Autant de politiques publiques essentielles, mais coûteuses, dont le financement repose largement sur la solidarité budgétaire du Pays.
En 2024, l’OPH n’a donc pas tant remporté une victoire qu’obtenu un sursis. Le soldat du logement social tient encore debout, mais sous perfusion. La feuille de route 2024-2027 devra transformer ce répit en redressement durable, faute de quoi le scénario du sauvetage financier pourrait bien se répéter… encore une fois. Le compte financier de l’OPH doit être examiné ce jeudi par les élus de la commission permanente (qui prend le relais entre les sessions budgétaires et administratives) à Tarahoi.