​Motu Link déjà obligé de rendre des comptes


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Tahiti, le 26 août 2026 - Quelques mois après l’arrivée de son premier et unique avion, Motu Link Cargo doit composer avec un imprévu de taille : son ATR 72-500 cargo est immobilisé depuis plus d’un mois à la suite d’un incident survenu lors d’une opération de tractage au sol. Ce mercredi, le directeur de la compagnie s'est adonné à une séance de questions-réponses avec les membres du Cesec.
 
Après Air Moana et Air Tahiti, c’était au tour de Motu Link Cargo de rentrer en piste ce mercredi devant le Conseil économique, social, environnemental et culturel (Cesec). La jeune compagnie de fret interinsulaire est venue présenter son activité et ses ambitions. Alors que le président de la société, Alexandre Mu, n'avait pas prévu de support pour son intervention, il a rapidement été bombardé de questions par les conseillers. Quelques mois après le premier vol de l'avion de Motu Link, forcément, la question de son avion actuellement cloué au sol s’est invitée au cœur des échanges, à l'heure où le Dory 2 est toujours en panne et le besoin d'un avion de fret est de plus en plus important. Pour Alexandre Mu, cet appareil est créé pour les réalités polynésiennes. “C’est le plus adapté, il est robuste et il n’est quasiment pas tombé en panne”, a-t-il répondu à son auditoire, un peu perplexe.
 
Te Hono, cet ATR 72-500 converti en version cargo, est capable de transporter jusqu’à 8,3 tonnes de fret. La compagnie l’avait choisi pour sa capacité à desservir des îles disposant d’infrastructures aéroportuaires limitées.
 
Mais après seulement quelques semaines d’exploitation, l’appareil a été immobilisé à la suite d’un incident survenu lors d’une opération de tractage au sol, fin juin.
 
La réparation s’annonce particulièrement coûteuse. Selon Alexandre Mu, le remplacement du train avant pourrait atteindre près d’un million de dollars, hors main-d’œuvre, transport de la pièce et opérations nécessaires à la remise en service. L'entreprise, dont le financement est 100 % privé, explique avoir sollicité une prise en charge partielle des frais par le Pays.

​ Le train doit “arriver la semaine prochaine”


Pour Motu Link, la difficulté ne réside pas uniquement dans le coût. Il faut aussi trouver la pièce. “Le train est hyper dur à trouver”, explique le dirigeant, évoquant les contraintes réglementaires qui encadrent les pièces aéronautiques selon leur provenance et les autorités de certification concernées. “C’est l’aspect papier qui prend du temps”, résume-t-il. Selon lui, une solution aurait enfin été trouvée et la pièce devrait arriver “la semaine prochaine”.
 
Malgré ce coup d’arrêt, le dirigeant maintient son ambition de développement. Lors de la présentation, il a rappelé que le modèle économique de Motu Link repose notamment sur le fret de produits frais, les approvisionnements des îles et le transport de marchandises qui ne peuvent pas toujours être acheminées dans de bonnes conditions par voie maritime.
 
Reste désormais à remettre Te Hono en vol. Mais le dirigeant et son équipe se projettent déjà vers la suite. “On est vraiment en train de monter le business plan de Motu Link”, a indiqué le président de la société au Cesec. Une ambition qu'il évoquait déjà en février dans Tahiti Infos : “Notre business plan prévoit jusqu'à trois avions à l'horizon 2027, si le marché le justifie.”

Rédigé par Violaine Broquet le Mercredi 26 Aout 2026 à 16:50 | Lu 986 fois