​Marche parisienne pour les agents pénitentiaires du fenua


Tahiti le 15 juin 2025. Un cortège composé d'agents pénitentiaires océaniens (Polynésie, Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna) a défilé le long du boulevard des Invalides ce samedi, jusqu'au ministère des Outre-mer, à Paris, pour protester contre les discriminations que leur fait subir l'administration et réclamer un traitement équitable avec les agents de l'Hexagone.
 

Ils n'ont pas de bannière syndicale mais défilent derrière les drapeaux de la Polynésie et de la Kanaky. Une petite centaine d'agents pénitentiaires du Pacifique ont manifesté, ce samedi, dans le centre de Paris, entre les Invalides et le ministère des Outre-mer.

Leur première revendication : le retour prioritaire des agents pénitentiaires au fenua. "Qu'ils viennent de Nouvelle-Calédonie, de Wallis, de Futuna ou de Tahiti, leurs Centres d'intérêts moraux et matériels (CIMM) doivent être pris en compte !", expose Kavera Jeannot, Tahitien, surveillant à Fresnes, à la tête du collectif Te Aronga. "En février 2025, l'administration a cessé de tenir compte des CIMM en ce qui concerne les Conseillers pénitentiaires d'insertion et de probation (CPIP). Non seulement il s'agit d'une injustice mais cela nous inquiète beaucoup pour les autres agents pénitentiaires."

La prise en compte des CIMM dans les mouvements de mutation est un acquis de longue date et de haute lutte pour tous les fonctionnaires ultramarins. Les postes au fenua sont très peu nombreux et très demandés : ne pas tenir compte des centre d'intérêts moraux et matériels revient à écarter tout espoir de mutation au pays. Les agents pénitentiaires ne sont pas prêts à abandonner l'idée de rentrer travailler chez eux, même si cela leur demande de patienter plusieurs années.

Après avoir commencé leur manifestation par une prière et des chants polynésiens sur l'esplanade des Invalides, le cortège d'agents pénitentiaires s'est arrêté sous les fenêtres du ministère des Outre-mer, rue Oudinot. Les manifestants n'ont pas été reçus par le ministre Manuel Valls – en déplacement officiel en Guyane – mais ont obtenu la garantie d'un rendez-vous prochain. "Nous nous sommes aussi adressés au ministre de la Justice, à nos députés, à la Délégation et même à l'Association des étudiants polynésiens de Paris : tout le monde est au courant de notre lutte !", résume Kavera Jeannot.

Les agents pénitentiaires réunis en collectifs et leurs syndicats demandent également le paiement d'une prime d'installation lorsqu'ils viennent se former et exercer leur métier dans l'Hexagone. En cela, ils revendiquent le même traitement que les fonctionnaires de l'Hexagone qui viennent travailler en Polynésie, en Nouvelle-Calédonie ou encore à Wallis et Futuna.

Rédigé par Julien Sartre le Dimanche 15 Juin 2025 à 12:08 | Lu 4448 fois