​Manihi et Rurutu retournent aux urnes


Tahiti le 23 juin 2026. Retour aux urnes pour les électeurs de Rurutu et de Manihi. Comme demandé par le rapporteur public les électeurs de l’île des Australes vont devoir une nouvelle fois participer à des municipales puisque le tribunal administratif a décidé, ce mardi, d’annuler l’élection municipale de mars dernier. Même chose pour le second tour à Manihi.

 
Frédéric Riveta, maire sortant de Rurutu, va devoir défendre son mandat une nouvelle fois. Réélu dès le premier tour avec 989 voix (50,2%), son élection vient d’être cassée par le tribunal administratif après le recours de Jacques Chong, qui avait obtenu 635 voix qui dénonçait des irrégularités dans le scrutin

Sur les neuf irrégularités dénoncées par Jacques Chong, le rapporteur public n’en avait retenu que deux sont "des pressions" qui auraient été exercées par des adjoints au maire sortant, sur des électeurs ayant donné procuration. Les élus leur avaient demandé “de changer de mandataire” au bénéfice d’électeurs “qui allaient voter pour le maire”, indiquait l’avocat de Jacques Chong, maître Stanley Cross.

Le second grief retenu par le rapporteur public concernait la distribution, par des colistiers de Frédéric Riveta, de la propagande électorale au domicile même des électeurs, la veille du premier tour des élections municipales.

Dans sa décision, le tribunal insiste lui aussi sur ces deux points. "Les attestations versées par le défendeur lui-même corroborent celles versées par le requérant, selon lesquelles de la propagande en faveur de la liste du maire sortant a été distribuée jusqu’au samedi veille de l’élection en fin de matinée, alors que de telles distributions étaient interdites à partir du samedi à zéro heure. Cette irrégularité est susceptible d’avoir altéré la sincérité du scrutin", explique la décision du tribunal rendue mardi.

"Compte tenu des seulement quatre suffrages exprimés qui ont permis à la liste du maire sortant d’atteindre et dépasser la majorité absolue nécessaire pour remporter les élections municipales dès le premier tour des élections, les irrégularités relatives aux pressions morales exercées sur des électrices en vue de la modification de trois procurations sont (…) il y a lieu d’annuler les opérations électorales qui se sont déroulées le 15 mars 2026 dans la commune de de Rurutu", conclut le tribunal.

A Manihi, c’est le second tour qui va devoir être rejoué. En cause là encore, des pressions exercées sur certains électeurs, ainsi que des procurations déposées à un tiers, et utilisées par d’autres. "Eu égard à l’écart de deux voix seulement entre les listes n°1 et n°4 pour l’attribution de la prime majoritaire, les faits exposés dans les griefs doivent être regardés comme ayant été de nature à fausser les résultats du scrutin", a conclu le tribunal administratif.

Le haut-commissaire de la République doit désormais fixer la date de re convocation des électeurs. 

Rédigé par Bertrand PREVOST le Mardi 23 Juin 2026 à 17:56 | Lu 412 fois