Tahiti, le 3 novembre 2026 - Six individus poursuivis pour avoir volé ou recelé 640 kilos de vanille à Taha’a entre 2021 et 2022 ont été jugés mardi par le tribunal correctionnel. Ils ont été condamnés à des peines comprises entre trois ans ferme et 18 mois avec sursis.
Le tribunal correctionnel a jugé mardi six hommes auxquels il était reproché d’avoir volé ou d’avoir recelé 640 kilos de vanille sur l’île de Taha’a en 2021 et 2022. Seul l’un des prévenus, impliqué dans une affaire de stupéfiants, comparaissait détenu quand les autres étaient libres car placés sous contrôle judiciaire.
À la barre du tribunal ce mardi, les prévenus ont reconnu les faits en expliquant qu’ils avaient agi par appât du gain. L’un d’entre eux, poursuivi pour recel et considéré comme l’un des acteurs majeurs de cette affaire, a expliqué au tribunal qu’à l’époque des faits, il était lui-même vanilliculteur et qu’il assumait son rôle : “J’assume les faits, j’ai acheté de la vanille volée car le marché était tendu. J’ai craqué car je pensais faire du chiffre.” L’homme, jusque-là inconnu de la justice, a également insisté sur le fait qu’il n’était pas “l’instigateur” dans cette affaire en accusant son coprévenu détenu.
La “population délinquante”
Alors que les voleurs de vanille continuent de sévir à Taha’a, l’avocat de deux des parties civiles, Me Olivier Guilloux, a dénoncé lors de sa plaidoirie la “population délinquante qui met en péril la vanille de Taha’a”. Il a soulevé le “préjudice gigantesque” subi par ses clients et la “perte de chance de bien travailler”.
La procureure de la République a ensuite entamé ses réquisitions en rappelant qu’en juillet dernier, le maire délégué de Taha’a avait écrit au haut-commissaire pour l’alerter sur la perdurance des vols de vanille sur l’île. Dans un communiqué diffusé le 3 juillet, l’établissement Vanille de Tahiti avait d’ailleurs alerté sur la “recrudescence des vols de vanille” qui “pénalisent directement les producteurs” et “fragilisent une filière déjà exigeante en travail et en temps”. Un constat relayé par la représentante du ministère public selon laquelle l’affaire jugée mardi n’est que la “partie émergée de l’iceberg”. Elle a notamment requis quatre ans de prison avec sursis contre le receleur “qui fait le voleur” et quatre ans ferme contre le prévenu détenu.
Après en avoir délibéré, le tribunal a condamné le receleur à trois ans de prison dont deux avec sursis assortis d’un mandat de dépôt. Le prévenu détenu a, pour sa part, écopé de trois ans de prison ferme là aussi assortis d’un mandat de dépôt. Enfin, les quatre autres prévenus ont été condamnés à des peines comprises entre un an ferme et 18 mois de sursis.
Un procès attendu
Interrogé au terme de l’audience, Rehia Daviau – l’une des victimes de cette affaire qui était vanilliculteur à l’époque des faits – a tenu à insister sur le préjudice subi et sur les quatre années de procédure écoulées : “Nous souhaitons que la justice fasse son travail. On est aujourd'hui heureux de voir que le procès a lieu. Il faut envoyer un message à la filière, à toute la filière et aux producteurs d'abord pour qu'enfin ils comprennent que la justice fait son travail. Ça peut être lent, c'est compliqué, c'est dur aussi bien psychologiquement que financièrement pour les producteurs. Mais aujourd'hui, il y a des choses qui sont faites. Et les voleurs de l'autre côté savent à quoi s'attendre aujourd'hui s'ils sont pris.”
Depuis les faits et en l’absence d’indemnisation relative aux 300 kilos de vanille qui lui ont été dérobés, Rehia Daviau a dû se reconvertir dans l'apiculture mais il précise que pour “ceux qui sont encore dedans, le fait de voir la tenue de ce procès aujourd'hui, avec des sanctions qui sont prises, va faire en sorte qu’ils se sentent soutenus”.
Le tribunal correctionnel a jugé mardi six hommes auxquels il était reproché d’avoir volé ou d’avoir recelé 640 kilos de vanille sur l’île de Taha’a en 2021 et 2022. Seul l’un des prévenus, impliqué dans une affaire de stupéfiants, comparaissait détenu quand les autres étaient libres car placés sous contrôle judiciaire.
À la barre du tribunal ce mardi, les prévenus ont reconnu les faits en expliquant qu’ils avaient agi par appât du gain. L’un d’entre eux, poursuivi pour recel et considéré comme l’un des acteurs majeurs de cette affaire, a expliqué au tribunal qu’à l’époque des faits, il était lui-même vanilliculteur et qu’il assumait son rôle : “J’assume les faits, j’ai acheté de la vanille volée car le marché était tendu. J’ai craqué car je pensais faire du chiffre.” L’homme, jusque-là inconnu de la justice, a également insisté sur le fait qu’il n’était pas “l’instigateur” dans cette affaire en accusant son coprévenu détenu.
La “population délinquante”
Alors que les voleurs de vanille continuent de sévir à Taha’a, l’avocat de deux des parties civiles, Me Olivier Guilloux, a dénoncé lors de sa plaidoirie la “population délinquante qui met en péril la vanille de Taha’a”. Il a soulevé le “préjudice gigantesque” subi par ses clients et la “perte de chance de bien travailler”.
La procureure de la République a ensuite entamé ses réquisitions en rappelant qu’en juillet dernier, le maire délégué de Taha’a avait écrit au haut-commissaire pour l’alerter sur la perdurance des vols de vanille sur l’île. Dans un communiqué diffusé le 3 juillet, l’établissement Vanille de Tahiti avait d’ailleurs alerté sur la “recrudescence des vols de vanille” qui “pénalisent directement les producteurs” et “fragilisent une filière déjà exigeante en travail et en temps”. Un constat relayé par la représentante du ministère public selon laquelle l’affaire jugée mardi n’est que la “partie émergée de l’iceberg”. Elle a notamment requis quatre ans de prison avec sursis contre le receleur “qui fait le voleur” et quatre ans ferme contre le prévenu détenu.
Après en avoir délibéré, le tribunal a condamné le receleur à trois ans de prison dont deux avec sursis assortis d’un mandat de dépôt. Le prévenu détenu a, pour sa part, écopé de trois ans de prison ferme là aussi assortis d’un mandat de dépôt. Enfin, les quatre autres prévenus ont été condamnés à des peines comprises entre un an ferme et 18 mois de sursis.
Un procès attendu
Interrogé au terme de l’audience, Rehia Daviau – l’une des victimes de cette affaire qui était vanilliculteur à l’époque des faits – a tenu à insister sur le préjudice subi et sur les quatre années de procédure écoulées : “Nous souhaitons que la justice fasse son travail. On est aujourd'hui heureux de voir que le procès a lieu. Il faut envoyer un message à la filière, à toute la filière et aux producteurs d'abord pour qu'enfin ils comprennent que la justice fait son travail. Ça peut être lent, c'est compliqué, c'est dur aussi bien psychologiquement que financièrement pour les producteurs. Mais aujourd'hui, il y a des choses qui sont faites. Et les voleurs de l'autre côté savent à quoi s'attendre aujourd'hui s'ils sont pris.”
Depuis les faits et en l’absence d’indemnisation relative aux 300 kilos de vanille qui lui ont été dérobés, Rehia Daviau a dû se reconvertir dans l'apiculture mais il précise que pour “ceux qui sont encore dedans, le fait de voir la tenue de ce procès aujourd'hui, avec des sanctions qui sont prises, va faire en sorte qu’ils se sentent soutenus”.