Tahiti, le 19 janvier 2026 - Dans un courrier envoyé à différentes instances comme la présidence du Pays, le haut-commissariat ou encore la Chambre territoriale des comptes, les salariés de la compagnie au tiare, réunis sous le “Collectif Air Tahiti Nui”, interpellent sur “la situation préoccupante” de la compagnie et sur le rôle trouble de son président du conseil d’administration, Hiro Arbelot.
Les salariés de la compagnie aérienne Air Tahiti Nui sont inquiets et l’ont fait savoir en adressant un courrier à la présidence du Pays, au haut-commissariat et à la Chambre territoriale des comptes. “Nous souhaitons vous alerter sur la situation extrêmement préoccupante que traverse notre entreprise, Air Tahiti Nui, une situation qui s’est considérablement aggravée depuis le changement de gouvernance, au point de mettre en péril sa stabilité et sa pérennité”, explique le courrier en tête de page.
Le “Collectif Air Tahiti Nui” parle d’une situation comme la compagnie n’en a jamais vécu, “si critique, tant financièrement que dans sa gestion”, explique le courrier. “Ceci se traduit par des tensions internes et une démotivation générale du personnel toutes catégories confondues”, poursuit le courrier qui dénonce “une absence totale de visibilité et d’orientation, laissant les salariés dans une profonde incertitude”.
L’heure serait grave au sein d’ATN pour des salariés qui parlent désormais ouvertement de “risques psychosociaux graves et avérés”. “Les salariés sont désormais dans un état de stress permanent, incapables de travailler dans un environnement stable et serein”, poursuit la lettre ouverte avec gravité. “L’ampleur de la dégradation du moral et de la productivité est telle qu’il devient urgent d’agir avant que cela ne devienne irréversible.”
Les salariés de la compagnie aérienne Air Tahiti Nui sont inquiets et l’ont fait savoir en adressant un courrier à la présidence du Pays, au haut-commissariat et à la Chambre territoriale des comptes. “Nous souhaitons vous alerter sur la situation extrêmement préoccupante que traverse notre entreprise, Air Tahiti Nui, une situation qui s’est considérablement aggravée depuis le changement de gouvernance, au point de mettre en péril sa stabilité et sa pérennité”, explique le courrier en tête de page.
Le “Collectif Air Tahiti Nui” parle d’une situation comme la compagnie n’en a jamais vécu, “si critique, tant financièrement que dans sa gestion”, explique le courrier. “Ceci se traduit par des tensions internes et une démotivation générale du personnel toutes catégories confondues”, poursuit le courrier qui dénonce “une absence totale de visibilité et d’orientation, laissant les salariés dans une profonde incertitude”.
L’heure serait grave au sein d’ATN pour des salariés qui parlent désormais ouvertement de “risques psychosociaux graves et avérés”. “Les salariés sont désormais dans un état de stress permanent, incapables de travailler dans un environnement stable et serein”, poursuit la lettre ouverte avec gravité. “L’ampleur de la dégradation du moral et de la productivité est telle qu’il devient urgent d’agir avant que cela ne devienne irréversible.”
“Une soi-disant feuille de route”
Depuis le départ de l’ancien PDG d’ATN, Michel Monvoisin, sur le dos duquel beaucoup des problèmes actuels que traverse la compagnie sont mis, les salariés attendent toujours un cap clair et net dans l’entreprise. En juillet de l’an dernier, le cabinet Arthur D. Little a présenté ses conclusions sur l’audit commandé par le Pays sur la compagnie et les lignes internationales à conserver ou à fermer. Depuis lors, peu d’actes ont été pris, sinon la fermeture de la ligne vers Seattle. Quid du maintien vers Tokyo ou de l’ouverture vers l’Australie ? Quid de l’ouverture vers l’Asie ou des changements d’appareils ?
“Les seules informations concrètes concernant les attentes du conseil d'administration et surtout du Pays, notre actionnaire principal, se trouvent dans une soi-disant ‘feuille de route’, qui énumère, de manière non hiérarchisée et sans échéances claires, les objectifs à atteindre”, commentent les salariés. “Il manque pourtant la réponse à plusieurs questions cruciales : Où allons-nous ? Quelle est la vision stratégique, le cap ? Pourquoi le Pays se désintéresse-t-il de sa propre compagnie ? D’après les retours du dernier conseil d’administration, il semble que personne, ni le président du Pays, ni le ministre du Budget, ni même le PCA (président du conseil d’administration, NDLR) ne soient en mesure de fournir de réponses claires.”
La lettre ouverte frappe là où ça fait mal. Dans un monde aux polarités géopolitiques changeantes, et dans une Polynésie française où le président du Pays, aussi en charge du tourisme, affirme à qui veut l’entendre son cap des 600 000 touristes, les salariés ne s’y retrouvent pas et s’interrogent. La compagnie “doit-elle continuer à être un instrument clé du développement et de la souveraineté de la Polynésie, en matière de transport touristique mais aussi de désenclavement de nos îles ? Ou bien le Pays la considère-t-il désormais comme un héritage trop lourd voué à disparaître ou à être réduite à un simple transporteur régional reliant la Polynésie à d’autres points du Pacifique ?”
“Nous sommes profondément déconcertés par l’inertie du gouvernement et par le fait qu'aucune mesure n’ait été prévue dans le budget 2026 pour soutenir la compagnie”, poursuit la lettre.
“Les seules informations concrètes concernant les attentes du conseil d'administration et surtout du Pays, notre actionnaire principal, se trouvent dans une soi-disant ‘feuille de route’, qui énumère, de manière non hiérarchisée et sans échéances claires, les objectifs à atteindre”, commentent les salariés. “Il manque pourtant la réponse à plusieurs questions cruciales : Où allons-nous ? Quelle est la vision stratégique, le cap ? Pourquoi le Pays se désintéresse-t-il de sa propre compagnie ? D’après les retours du dernier conseil d’administration, il semble que personne, ni le président du Pays, ni le ministre du Budget, ni même le PCA (président du conseil d’administration, NDLR) ne soient en mesure de fournir de réponses claires.”
La lettre ouverte frappe là où ça fait mal. Dans un monde aux polarités géopolitiques changeantes, et dans une Polynésie française où le président du Pays, aussi en charge du tourisme, affirme à qui veut l’entendre son cap des 600 000 touristes, les salariés ne s’y retrouvent pas et s’interrogent. La compagnie “doit-elle continuer à être un instrument clé du développement et de la souveraineté de la Polynésie, en matière de transport touristique mais aussi de désenclavement de nos îles ? Ou bien le Pays la considère-t-il désormais comme un héritage trop lourd voué à disparaître ou à être réduite à un simple transporteur régional reliant la Polynésie à d’autres points du Pacifique ?”
“Nous sommes profondément déconcertés par l’inertie du gouvernement et par le fait qu'aucune mesure n’ait été prévue dans le budget 2026 pour soutenir la compagnie”, poursuit la lettre.
Hiro Arbelot, l’élément de trop ?
Avec désormais un président de conseil d’administration, Hiro Arbelot, mais aussi un directeur général (DG), Philippe Marie (dont le remplacement par Lionel Guérin devait être acté ce lundi en commission de contrôle budgétaire et financier à l’assemblée), à sa tête, ATN oscille entre deux directions. Dans leur lettre ouverte, les salariés dénoncent même “une confusion des rôles de la part du PCA qui le conduit à se comporter de fait comme un PDG, s'impliquant à la fois dans la stratégie et dans le fonctionnement opérationnel de la compagnie”.
“Ses interventions pourraient être assimilées à de la gestion de fait car elles perturbent clairement la séparation des responsabilités et envoient un message contradictoire aux salariés mais également aux partenaires et autorités, créant ainsi un climat de confusion et un manque de transparence au sein de l’entreprise”, poursuivent les salariés. Ce dernier s’inviterait même aux réunions du comité de direction, du comité exécutif, voire à certaines réunions de négociations syndicales, ce qui insupporte les salariés qui voient désormais le mari de la députée Mereana Reid-Arbelot comme “arrivé avec un esprit revanchard s’attachant à défaire, sans logique aucune, tout ce qui a été construit durant 27 ans”, travaillant “avec ses hommes” et tentant “d’imposer une nouvelle organisation avec des personnes dont les compétences requises par les autorités font défaut”. Depuis son arrivée, “c’est la chasse aux sorcières”, “la valse des révocations de cadres”, explique la lettre ouverte.
Dans leurs propos, les salariés entendent surtout faire comprendre au président du Pays, qu’aujourd’hui, si un fusible doit être “sauté”, ce n’est pas Philippe Marie qui tente de “corriger les erreurs des décisions prises par le PCA, voire de s’y opposer”.
Aussi, la nomination de Lionel Guérin, “choisi par M. Arbelot”, interpelle face à un PCA que le courrier décrit comme “n’acceptant aucune contradiction”. “Cette nouvelle autorité bicéphale sera-t-elle transparente et agira-t-elle selon les intérêts d’Air Tahiti Nui ? On peut légitimement se poser la question”, conclut le courrier à ce sujet.
Cette problématique de la double gouvernance DG/PCA était pourtant suffisamment décriée il y a 15 ans dans le rapport Bolliet qui avançait que “comme dans la plupart des SEM et établissements publics mis en place par la collectivité de la Polynésie française, la gouvernance du conseil d’administration d’ATN est marquée à la fois par l’instabilité et par la prééminence de l’aspect développement touristique et économique sur la gestion et la rentabilité de l’entreprise. Chaque changement de gouvernement se traduit par de nouvelles désignations, génératrices de temps perdu, de blocage et d’absence de décision. Comme pour les autres établissements publics examinés par la mission, l’autonomie de gestion est une impérieuse nécessité.” Il faut croire que le passé n’a pas permis de tirer de leçon de ces tergiversations.
“Ses interventions pourraient être assimilées à de la gestion de fait car elles perturbent clairement la séparation des responsabilités et envoient un message contradictoire aux salariés mais également aux partenaires et autorités, créant ainsi un climat de confusion et un manque de transparence au sein de l’entreprise”, poursuivent les salariés. Ce dernier s’inviterait même aux réunions du comité de direction, du comité exécutif, voire à certaines réunions de négociations syndicales, ce qui insupporte les salariés qui voient désormais le mari de la députée Mereana Reid-Arbelot comme “arrivé avec un esprit revanchard s’attachant à défaire, sans logique aucune, tout ce qui a été construit durant 27 ans”, travaillant “avec ses hommes” et tentant “d’imposer une nouvelle organisation avec des personnes dont les compétences requises par les autorités font défaut”. Depuis son arrivée, “c’est la chasse aux sorcières”, “la valse des révocations de cadres”, explique la lettre ouverte.
Dans leurs propos, les salariés entendent surtout faire comprendre au président du Pays, qu’aujourd’hui, si un fusible doit être “sauté”, ce n’est pas Philippe Marie qui tente de “corriger les erreurs des décisions prises par le PCA, voire de s’y opposer”.
Aussi, la nomination de Lionel Guérin, “choisi par M. Arbelot”, interpelle face à un PCA que le courrier décrit comme “n’acceptant aucune contradiction”. “Cette nouvelle autorité bicéphale sera-t-elle transparente et agira-t-elle selon les intérêts d’Air Tahiti Nui ? On peut légitimement se poser la question”, conclut le courrier à ce sujet.
Cette problématique de la double gouvernance DG/PCA était pourtant suffisamment décriée il y a 15 ans dans le rapport Bolliet qui avançait que “comme dans la plupart des SEM et établissements publics mis en place par la collectivité de la Polynésie française, la gouvernance du conseil d’administration d’ATN est marquée à la fois par l’instabilité et par la prééminence de l’aspect développement touristique et économique sur la gestion et la rentabilité de l’entreprise. Chaque changement de gouvernement se traduit par de nouvelles désignations, génératrices de temps perdu, de blocage et d’absence de décision. Comme pour les autres établissements publics examinés par la mission, l’autonomie de gestion est une impérieuse nécessité.” Il faut croire que le passé n’a pas permis de tirer de leçon de ces tergiversations.
Un besoin de nouvelle flotte
Après l’humain, le stratégique. Plus loin, le “Collectif Air Tahiti Nui” revient sur les choix faits ces derniers mois. “Le changement de flotte est une véritable obsession du PCA adepte d’Airbus”, s’étonne le collectif au sujet de choix faits “avant même qu'une étude sérieuse soit lancée”. “Un changement complet de la flotte est un projet d’envergure nécessitant une étude sérieuse et aboutie”, insistent les salariés auteurs du courrier. “De quelle façon sera financé ce projet et qui va réellement payer ? Le Pays (donc les Polynésiens) ou bien un mécanisme d’acquisition parallèle sous couvert d’une autre société ?”, s’interrogent-ils. Ils insistent même, remettant en cause toute la stratégie d’acquisition du groupe. “Tous les experts du secteur aérien s’accordent à dire que les avions phares du moment, les plus récents et les plus modernes pour les vols long-courriers, sont les B787 et les A350.” Des avions plus performants… mais aussi plus chers cependant, mais qu’il n’est pas, selon eux, urgent d’acheter. “Pourquoi se priver d’appareils neufs (moins de sept ans), dont l’exploitation peut durer plusieurs dizaines d’années, et qui représentent un investissement plus durable, plutôt que de s'engager dans une acquisition aussi coûteuse que risquée ?”
Sur ce point, la lettre ouverte est sans concession. “C’est donc un scénario qui mérite plus que quelques semaines d’accompagnement par un cabinet de conseil (cabinet Arthur D. Little, NDLR) mandaté sur la base exclusive de relations amicales.” La crainte de voir le déficit de la compagnie se creuser avec l’achat de ces nouveaux appareils est prégnante dans les lignes du courrier.
“Aujourd'hui, l'entreprise est en train de se désintégrer”, conclut la lettre ouverte. “Le climat social est pesant, presque insupportable. Les employés sont désorientés, certains sont victimes d'intimidations par les alliés du PCA. Des directeurs sont publiquement pris à partie par celui-ci sans aucune discrétion. L'incertitude est totale et nous sommes démunis face à cette situation.”
Surtout, les salariés, via leurs représentants, en veulent au président du Pays, déjà interpellé par courrier dans une lettre restée sans réponse.
Sur ce point, la lettre ouverte est sans concession. “C’est donc un scénario qui mérite plus que quelques semaines d’accompagnement par un cabinet de conseil (cabinet Arthur D. Little, NDLR) mandaté sur la base exclusive de relations amicales.” La crainte de voir le déficit de la compagnie se creuser avec l’achat de ces nouveaux appareils est prégnante dans les lignes du courrier.
“Aujourd'hui, l'entreprise est en train de se désintégrer”, conclut la lettre ouverte. “Le climat social est pesant, presque insupportable. Les employés sont désorientés, certains sont victimes d'intimidations par les alliés du PCA. Des directeurs sont publiquement pris à partie par celui-ci sans aucune discrétion. L'incertitude est totale et nous sommes démunis face à cette situation.”
Surtout, les salariés, via leurs représentants, en veulent au président du Pays, déjà interpellé par courrier dans une lettre restée sans réponse.