Les professionnels enchainent les interventions en hauteur à l’aube de la saison des pluies (Crédit photos : Tahiti Élagage et Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 7 octobre 2026 – “Mieux vaut prévenir” : depuis plusieurs semaines, le rythme des interventions s’accélère pour les professionnels de l’élagage. Certains plannings sont quasiment bouclés jusqu’à fin novembre. En cause : un risque cyclonique marqué par un phénomène El Niño particulièrement intense, qui pousse les propriétaires à sécuriser leurs biens à l’aube des vigilances météorologiques.
En Polynésie française, la saison cyclonique, qui s’étend de novembre à avril, est synonyme d’épisodes où les éléments, le vent comme la pluie, se déchainent. Cette année, la menace d’un Super El Niño pourrait accentuer le risque cyclonique, dont le niveau d’intensité devrait être précisé dans les prochaines semaines par les autorités. Tandis que les communes actualisent leur Plan communal de sauvegarde (PCS), les Forces armées en Polynésie française (FAPF), en partenariat avec la Direction de la protection civile (DPC), ont récemment effectué une mission de reconnaissance aérienne au-dessus des embouchures des vallées de Tahiti et Moorea pour localiser les arbres menaçant l’écoulement des cours d’eau, afin de déclencher les interventions nécessaires.
En Polynésie française, la saison cyclonique, qui s’étend de novembre à avril, est synonyme d’épisodes où les éléments, le vent comme la pluie, se déchainent. Cette année, la menace d’un Super El Niño pourrait accentuer le risque cyclonique, dont le niveau d’intensité devrait être précisé dans les prochaines semaines par les autorités. Tandis que les communes actualisent leur Plan communal de sauvegarde (PCS), les Forces armées en Polynésie française (FAPF), en partenariat avec la Direction de la protection civile (DPC), ont récemment effectué une mission de reconnaissance aérienne au-dessus des embouchures des vallées de Tahiti et Moorea pour localiser les arbres menaçant l’écoulement des cours d’eau, afin de déclencher les interventions nécessaires.
“Beaucoup plus de demandes”
Dans ce contexte, les professionnels de l’élagage sont à pied d’œuvre. Les entreprises spécialisées confirment un regain d’activité ces dernières semaines. “Ces deux derniers mois, on a beaucoup plus de demandes de devis. On est pratiquement complet pour les deux mois à venir. Habituellement, on est autour de deux ou trois sollicitations par semaine, aujourd’hui on est monté à une douzaine. Actuellement, l’entretien des jardins est passé au second plan : 80 % des demandes concernent de l’élagage”, remarque Maimiti Allain, secrétaire-comptable chez Fenua Élagage Jardinage, où l’embauche d’un salarié supplémentaire se profile.
Même constat pour Maheanu Tihoni, gérant de Green Pro Tahiti : “Depuis août, on a de plus en plus de demandes par rapport à la saison cyclonique pour élaguer ou abattre des arbres. On est une équipe de trois, dont un grimpeur, et certains chantiers peuvent durer jusqu’à quatre jours. Demain [jeudi, NDLR], on va à Taravao où des arbres menacent de tomber sur un ruisseau près d’un entrepôt, avec le risque de provoquer une inondation.”
Particuliers, entreprises, établissements scolaires et autres services publics : tous les secteurs sont concernés par cet enjeu de sécurité, en zone urbaine comme en zone rurale. S’ils restent rares, les accidents mortels existent, comme ceux survenus à Papeete, Tautira, Moorea ou encore Rikitea entre 2024 et 2026. “Les gens qui nous contactent préfèrent anticiper. On peut avoir jusqu’à trois interventions par jour, selon la découpe à effectuer. Ça peut être des branches ou des arbres à risque par rapport à des habitations ou des zones de passage”, explique Teiki Ebb, gérant de Ofe Jardinage.
Espèces et technicité
L’élagage ou l’abattage est préconisé au cas par cas, selon le positionnement et l’état de l’arbre. “On a des clients qui entretiennent régulièrement leurs arbres, mais on a aussi des clients dont les arbres n’ont jamais été taillés, qui nous appellent par crainte pour eux-mêmes ou qui ont reçu des plaintes des voisins”, confie Gauthier Salzard, co-gérant de Tahiti Élagage. En sachant que certaines espèces sont plus problématiques que d’autres. “Ce sont souvent des falcatas, des tulipiers du Gabon ou des parasoliers, qui ont tendance à pousser sur les talus et à se casser ou à se déraciner. Ce sont des espèces invasives qui poussent rapidement, mais qui ne font pas du bois vraiment structurel. Elles sont plus sensibles aux aléas. Il y a aussi le cas des arbres mal taillés qui pourrissent et se fragilisent. La hauteur a tendance à faire peur, mais trop tailler, ça peut aussi être contre-productif”, poursuit l’arboriste-grimpeur entre deux élagages à Arue et Pirae.
La plupart des interventions se font au harnais, parfois à la nacelle quand la situation l’exige. Lorsque les découpes ne peuvent pas tomber au sol, des techniques de rétention sont mises en œuvre. Globalement, les tarifs oscillent entre 20.000 et plusieurs centaines de milliers de francs selon le volume et les contraintes propres à chaque intervention. “Ça a un coût, c’est sûr, mais mieux vaut prévenir que guérir ! Ne pas s’occuper de ses arbres, ça peut conduire à des dégâts qui coûteraient beaucoup plus cher, comme refaire sa toiture... J’aimerais aussi mettre en avant la valeur de ce métier que nous exerçons avec tous mes confrères : le bûcheronnage et l’élagage, c’est un métier dangereux avec plusieurs aspects de sécurité à prendre en compte entre la hauteur, les outils, les personnes et les biens”, souligne Teiki Ebb.
Un vaste chantier
Une profession exigeante qui ne connaît pas la crise au Fenua, où le climat tropical est associé à une végétation foisonnante. À l’échelle du territoire, le chantier est d’ailleurs colossal : lors des fortes intempéries, des portions de route sont régulièrement bloquées par des chutes d’arbres. Si le problème est souvent réglé en quelques heures sans faire de blessé, les désagréments sont parfois de plus longue durée pour les usagers. En début d’année, la dorsale de Afaahiti s’est ainsi retrouvée paralysée pendant plusieurs semaines. Les câbles électriques et les réseaux hydrauliques sont aussi fréquemment impactés.