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​Les clés de la primaire socialiste et démocratique




Paris, France, le 6 octobre 2026. Profil des candidats, nombre d'électeurs, points de crispation: A quelques jours du premier tour de la primaire de la gauche socialiste et démocratique les 9 et 10 octobre prochains, voici les clés de ce scrutin:


Les cinq candidats en lice:

Le leader de Place publique Raphaël Glucksmann, qui refusait cette primaire, est le favori du scrutin. Avec de 10 à 12% des intentions de vote, l'eurodéputé de 46 ans veut en faire le début d'une refondation de la gauche.

Le premier secrétaire du PS Olivier Faure, 58 ans, est son challenger. A la tête du parti depuis 8 ans, celui qui défend l'union de la gauche, prône "la loi du plus juste".

L'ancienne candidate à la présidentielle Ségolène Royal, 73 ans, a fait un come-back retentissant en marquant la campagne de ses sorties imprévisibles, ciblant particulièrement M. Glucksmann. Elle défend comme en 2007 "l'ordre juste".

Le député Jérôme Guedj, 54 ans, longtemps classé à l'aile gauche du PS, est devenu le plus hostile à Jean-Luc Mélenchon après le 7 octobre 2023, et défend désormais le "compromis" avec le centre, voire une partie de la droite.

Emmanuel Maurel, ancien socialiste devenu le patron du petit parti Gauche républicaine et socialiste (GRS), est l'invité surprise de la primaire. Peu susceptible de l'emporter, il défend la démondialisation et l'idée d'un "grand emprunt citoyen" pour redresser le pays.

Le nombre d'électeurs:

Un total de 140.282 inscrits a été recensé à l'issue du délai limite, fixé à lundi soir, pour participer à la primaire, un nombre au-delà des prévisions les plus optimistes, mais très loin de la primaire qui avait conduit à la victoire de François Hollande en 2012 (Plus de 2,6 millions).

Pour pouvoir voter, il fallait soit être adhérent d'un des trois partis organisateurs (Place publique, Parti socialiste et Gauche républicaine et socialiste), soit adhérer à une plate-forme dédiée baptisée Choisir2027.fr, pour un montant de 15 euros (10 pour le tarif social).

Dans le détail, Place publique, le parti de Raphaël Glucksmann, compte désormais 28.456 inscriptions, le Parti socialiste 68.047, et la GRS 1.083.

La plate-forme Choisir2027.fr a enregistré elle 42.695 inscrits.

Difficile d'évaluer à qui profitera cet afflux d'électeurs, dont une large part est arrivée dans les derniers jours et dernières heures avant la date limite.

Si les adhérents de Place publique sont quasiment tous acquis à Raphaël Glucksmann, ceux du PS seront plus partagés, notamment entre l'eurodéputé et Olivier Faure, qui escompte un "effet drapeau". Son camp estime en outre que "l'aspiration unitaire du peuple de gauche" peut expliquer le sursaut de mobilisation.

Les partisans de M. Glucksmann considèrent eux que la dynamique est autour de lui, malgré un dernier débat télévisé où il est apparu plus fragile.

Les principaux points de friction:

Lors des trois débats télévisés, la plus importante ligne de fracture entre les candidats a été l'épineuse question d'une éventuelle alliance avec La France insoumise aux législatives qui devraient suivre la présidentielle. Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj y sont farouchement opposés. Ils accusent de "soumission" à LFI Olivier Faure, Ségolène Royal et Emmanuel Maurel, qui plaident pour un rassemblement de la gauche à l'assemblée.

Les candidats se sont aussi écharpés sur les questions internationales. Olivier Faure a notamment reproché à MM. Glucksmann et Guedj de refuser de qualifier de "génocide" les actions meurtrières de l'armée israélienne à Gaza.

Sur la question ukrainienne, Ségolène Royal a elle été critiquée sur son attitude ambiguë vis-à-vis de la Russie, avec qui elle veut "négocier". Les autres candidats, et en premier lieu M. Glucksmann, fervent soutien de l'Ukraine, soulignent eux que la Russie ne veut pas négocier avec l'Europe, et qu'il faut plus que jamais soutenir la défense ukrainienne.

MM. Glucksmann et Faure s'opposent aussi en matière économique: Raphaël Glucksmann propose notamment de baisser la contribution sociale généralisée (CSG) pour rapprocher le salaire net du brut. Olivier Faure, comme Ségolène Royal, considèrent que cette mesure se rapproche de ce que défendent les "libéraux", et que cela reviendrait, pour augmenter les salaires, à se tourner non pas vers le patronat, mais vers l’État.

Rédigé par AFP le Mardi 6 Octobre 2026 à 11:14 | Lu 89 fois


AFP
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