​Les Cars audio veulent être entendus


Tahiti le 17 juin 2026. Lundi, à l’occasion d’une lettre ouverte diffusée sur les réseaux sociaux, la Fédération polynésienne de Car Audio de Jérémy Toomaru a demandé aux autorités de pouvoir échanger sur leur pratique au Fenua.
 

Après la fermeture du « platchoir », peu d’endroit ont pu être trouvés par les amateurs de gros son pour s’adonner à leur passion. Ces derniers, toujours en quête d’un terrain dédié pour pratiquer leur musique, ont décidé de diffuser une lettre ouverte pour "initier une démarche collective, responsable et inclusive avec l’ensemble des parties prenantes."

Peu appréciée par les riverains qui n’ont pas demandé que les basses viennent frapper dans leurs murs, la pratique du car audio se cherche encore une vie responsable et entend inscrire "son action dans une logique de dialogue, de respect et de co-construction."

Et les pratiquants le reconnaissent eux-mêmes. "En l’absence de cadre structuré, cette pratique peut se développer de manière informelle, entraînant nuisances sonores, incompréhensions et tensions."

Dans cette lettre, la Fédération polynésienne de Car Audio cherche à "structurer la pratique afin de réduire les nuisances, renforcer la sécurité et valoriser une jeunesse engagée et responsable." Aussi, elle propose plusieurs ateliers de réflexion. L’organisation et la réduction des nuisances, la sécurité et l’encadrement, la jeunesse et la cohésion sociale. "Cette démarche se veut ouverte, évolutive et construite avec l’ensemble des acteurs concernés, afin de tenir compte des réalités et des attentes de chacun", plaide la fédération.

Aussi, les pratiquants demandent "l’ouverture d’un espace de dialogue formel (rencontre, table ronde ou groupe de travail) associant collectivités, institutions, associations, forces de l’ordre, médias et représentants de la société civile."

Il y a deux ans, Moetai Brotherson avait reçu les représentants des associations Car Bass Tahiti et des communes de Papara et Teahūpo’o. "Mon rôle n’est pas de préparer une génération de sourds, mais bien de protéger nos concitoyens", avait-t-il affirmé, en soulignant l’importance d’une véritable éducation et sensibilisation aux risques pour l’audition.

Un an plus tôt, le président avait aussi alerté sur "la possibilité d’interdire l’installation de certains équipements qui sont, de manière évidente, au-delà de toutes les limites normalement autorisées pour l’être humain. Donc d’en interdire l’installation dans les voitures. Il ne s’agit pas d’interdire aux gens qui aiment la bonne musique de faire de bonnes installations dans leur voiture. Il s’agit de ne pas autoriser ceux qui sont au-delà de toutes les limites possibles."

Même sans le son, les discussions sur l’utilisation des cars audio risque d’être bruyantes.
 

Rédigé par Bertrand PREVOST le Mercredi 17 Juin 2026 à 17:28 | Lu 699 fois