​Le personnel de l’ICPF soutient sa directrice.


Tahiti le 9 février 2026. La convocation de Teanini Tematahotoa à un entretien préalable par le ministère de la Santé interroge au sein de l’ICPF où les salariés se regroupent derrière leur directrice. En toile de fond, des conflits autour du cyclotron, des missions de l’ICPF, mais potentiellement la volonté de trouver un point de chute à Natacha Helme, présidente de la Ligue contre le cancer, en fin de contrat à la DSFE.

 
Après l’annonce en fin de semaine dernière de la convocation ce mardi matin de Teanini Tematahotoa pour un entretien préalable avant une probable signification de la fin de ses fonctions de directrice au sein de l'Institut du Cancer de Polynésie française (ICPF), le personnel a tenu à exprimer sa "profonde inquiétude" face à une décision jugée "brutale" par ces derniers.

Dans un communiqué envoyé aux rédactions, le personnel de l’ICPF estime que "cette annonce soudaine menace une stabilité acquise par l'ICPF après des années de construction et de structuration", mettant en avant le travail et les "nombreuses actions structurantes essentielles à une politique globale de lutte contre le cancer en Polynésie française" mises en place sous sa direction.

"Le personnel de l'institut craint qu'un changement brutal de direction ne compromette gravement les efforts engagés depuis sa création", poursuit le communiqué. "Ce changement pourrait être perçue comme une remise en cause des actions menées collectivement au service des malades et de la population polynésienne."

"Dans un contexte où les cancers sont toujours plus nombreux en Polynésie française, la cohérence et la stabilité de l'action publique sont cruciales", conclut le communiqué des salariés de l’Institut qui ne comprennent pas ce qui est reproché à l’ICPF et à sa directrice.

​Une place pour Natacha Helme ?

En interne, nombreux sont ceux qui voient déjà une corrélation entre la fin du contrat à durée déterminée à la Direction de la solidarité, de la famille et de l’égalité (DSFE) de Natacha Helme, présidente de la Ligue contre le cancer en Polynésie française, et l’éviction potentielle de Teanini Tematahotoa de l’ICPF.

L’institut, selon nos sources, pourrait perdre de plus en plus la compétence « médecine » au profit de l’hôpital du Taaone, pour ne garder que la partie prévention, pourtant généralement dévolue à la Direction de la santé.

Surtout, dans les services, c’est un "stop aux changements de têtes" qui résonne. "Pas assez docile", nous explique-t-on, Teanini Tematahotoa pourrait faire les frais des turn-over orchestrés à la tête de l’hôpital (arrivée de Hani Teriipaia), à la Direction de la santé (arrivée de Francis Spaak en remplacement de Philippe Biarez) ou encore la CPS (arrivée de Pierre Frébault en remplacement de Romina Ma).

Rédigé par Bertrand PREVOST le Lundi 9 Février 2026 à 15:52 | Lu 2017 fois