​Lana Tetuanui interroge l’État sur les manquements après la disparition des deux militaires polynésiens


Tahiti, le 8 juillet 2026 - À l’occasion de la séance des questions orales au gouvernement, la sénatrice Lana Tetuanui a demandé à la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, comment deux jeunes du Pacifique avaient pu être considérés comme déserteurs par l’armée, alors que ces derniers étaient portés disparus et signalés comme tel par leur famille.

 
“Des dépôts de plainte classés sans suite, des jeunes militaires classés déserteurs par leur hiérarchie, c'est inimaginable”, s’est insurgée la sénatrice Lana Tetuanui lors de la séance de questions orales au palais du Luxembourg. “C’est une affaire qui scandalise toute la communauté du Pacifique”.
 
Dans sa question, Lana Tetuanui a demandé à l’État quels moyens avaient été mis en œuvre à l’époque pour faire la lumière sur ces disparitions inquiétantes qui ont malheureusement connu la semaine dernière un dénouement tragique.
 
En l’absence du Premier ministre, c’est la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, qui a répondu à la sénatrice. Une semi-réponse qui ne donne aucun éclaircissement sur l’absence de recherches des deux jeunes du Pacifique portés disparus depuis quatre ans.
 
Concernant le Polynésien porté disparu alors qu’il officiait dans la Légion étrangère, la ministre a informé “qu'une procédure (en constat de désertion, NDLR) a été engagée à une époque où l'armée, l'armée de terre, ignorait le sort qui était le sien. À la lumière des récents éléments de l'enquête judiciaire, la décision de résiliation de contrat pour motif disciplinaire va être rapidement retirée. Ce qui entraînera une reconstitution de la situation du militaire.”
 
Une réhabilitation normale mais qui ne donne pas pour autant d’explications sur les recherches menées, ou pas, à l’époque pour retrouver l’enfant du Fenua. “Les chefs d'état-majeur de l'armée de terre et de la marine vont adresser aux familles des deux militaires disparus un témoignage de soutien des armées dans la tragédie qui les touche et ils leur proposeront, si elles le souhaitent, des dispositifs d'accompagnement”, a complété la ministre.
 
Une réponse insatisfaisante pour Lana Tetuanui qui a annoncé, si elle est reconduite dans ses fonctions en septembre, vouloir ouvrir une commission d’enquête parlementaire sur cette affaire très grave.

Rédigé par Bertrand PREVOST le Mercredi 8 Juillet 2026 à 18:59 | Lu 233 fois