Tahiti le 16 mars 2026. Oscar Temaru pouvait avoir le sourire, dimanche soir, depuis son fief de Faa’a où il l’a largement, une fois de plus, emporté. Mais ce sourire ne devait être que de façade tant la déroute de son parti ce dimanche soir était difficile à digérer.
Dimanche soir, le Tavini a perdu gros. De toutes les listes soutenues officiellement par le parti indépendantiste, seules la sienne à Faa’a et celle de Béatrice Le Gayic à Papara pouvaient donner le sourire au vieux combattant.
La pire nouvelle pour le parti est bien la défaite dès le premier tour du président de l’assemblée de la Polynésie française, Tony Géros. Passé d’une très courte tête il y a six ans, le patron de Tarahoi a été sèchement battu par Tepuaraurii Teriitahi dès le premier tour. Un revers pour Tony Géros qui a quitté la mairie avec le teint gris ce dimanche, sans accorder d’interview. Une éviction dès le premier tour que personne n’attendait d’ailleurs. On pensait que le match retour entre Tony Géros et Tepuaraurii Teriitahi allait être disputé, que celui-ci se jouerait au second tour… mais l’élue Tapura de l’assemblée de la Polynésie a écrasé le match à peine commencé.
Plus largement, le Tavini a perdu sa mise en apportant son soutien à Daniel Vanaa à Arue, Marc Manate à Bora Bora, Vincent Maono à Hitia’a o te Ra et d’autres encore qui n’ont pas réussi à sortir du lot.
D’autres résultats sont bien plus amers encore. Tevaiti Pomare, intronisé par Oscar Temaru, contre la représentante indépendantiste déjà en place Thilda Harehoe, décroche la cuillère de bois avec 5,3 % des votes à Pirae. Même chose pour Tauhiti Nena à Papeete que le maire de Faa’a a souhaité soutenir, trahissant ses propos de 2025 sur le soutien que le parti devait offrir au jeune Tematai Le Gayic.
Face caméra, Tauhiti Nena semblait KO technique, mais rien n’est encore joué dans la capitale où une quadrangulaire se profile et où ni Le Gayic, ni Rémy Brillant, ni René Temeharo semblaient ouverts à une fusion entre les deux tours. Nena qui gonflait le torse avant le premier tour, assuré du soutien du Metua du Tavini, a déjà un gant à terre.
Résultat des courses, les deux principales listes autonomistes à Papeete arrivent en tête et même Tematai Le Gayic passe devant l’ancien boxeur. Rarement Oscar Temaru n’aura joué une aussi mauvaise partition dans une élection pour son parti qui va probablement devoir repartir de zéro et régler définitivement ses problèmes en interne. Des problèmes qu’il tente de masquer de façon maladroite depuis près de deux ans. À un an des législatives, à deux ans des prochaines territoriales, si l’ordre ne règne plus dans le Tavini, il sera difficile de refaire le coup de 2023.
La menace de l’éclatement
Évidemment, quand cela fait grise mine d’un côté, c’est que de l’autre, les sourires sont de sortie. Édouard Fritch s’est fait réélire dans un fauteuil, sans le soutien de A Here ia Porinetia (Ahip). Le Tapura, qui n’a pas sorti les drapeaux lors de cette élection, ne s’est finalement pas sali les mains. Ahip, de son côté, connaît des fortunes diverses. Un demi-flop avec Boniface Tehei à Papeete qui devance Pascale Haiti-Flosse, qui n’a plus que Tarahoi et le respect des autonomistes envers Gaston Flosse pour exister sur l’échiquier politique. Une mission impossible pour Mara Aitamai à Faa’a et un autre flop à Arue avec Ariitaia Taupua (5,2 %), mais aussi une bonne surprise avec la deuxième place de Temarama Varney à Pirae avec 14,6 % et celle de Kahea Vii à Punaauia avec 18,8 %. Ahip pourra toujours s’associer aux victoires de la représentante Tapura à Paea, ou le bon score d’Alain Sangue à Teva i Uta face à l’indéboulonnable Tearii Alpha.
Faut-il tirer des conclusions de ces élections en les calquant sur les prochaines élections à venir ? Gardons-nous en bien. Les élections municipales sont encore bien trop panachées dans la composition des listes pour y trouver une hiérarchie entre les partis en présence. Tavini, Tapura et A Here ia Porinetia n’ont fait que montrer qu’ils étaient capables de regrouper autour d’eux des hommes et des femmes prêts à s’engager. Mais autant du côté autonomiste, où la division continue et prépare le même éclatement aux prochaines territoriales, que du côté indépendantiste, où cet éclatement n’est plus hypothétique, mais bien devant lui, beaucoup de travail reste à faire pour attaquer les législatives de 2027. Les premières négociations des candidats pour les élections sénatoriales de septembre prochain seront un révélateur.
Pour les amateurs de saison 2, dimanche prochain, le suspense est encore complet sur des communes-phares comme Papeete, Papara et de nombreuses communes des Tuamotu.
Faut-il tirer des conclusions de ces élections en les calquant sur les prochaines élections à venir ? Gardons-nous en bien. Les élections municipales sont encore bien trop panachées dans la composition des listes pour y trouver une hiérarchie entre les partis en présence. Tavini, Tapura et A Here ia Porinetia n’ont fait que montrer qu’ils étaient capables de regrouper autour d’eux des hommes et des femmes prêts à s’engager. Mais autant du côté autonomiste, où la division continue et prépare le même éclatement aux prochaines territoriales, que du côté indépendantiste, où cet éclatement n’est plus hypothétique, mais bien devant lui, beaucoup de travail reste à faire pour attaquer les législatives de 2027. Les premières négociations des candidats pour les élections sénatoriales de septembre prochain seront un révélateur.
Pour les amateurs de saison 2, dimanche prochain, le suspense est encore complet sur des communes-phares comme Papeete, Papara et de nombreuses communes des Tuamotu.