​La PJJ en quête de familles d’accueil à Moorea


Moorea, le 7 septembre 2026 - La Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) a organisé samedi une réunion à Paopao pour recruter de nouvelles familles d’accueil à Moorea. L’objectif est de proposer un cadre stable à des adolescents suivis par la justice. Les familles volontaires seront accompagnées par les éducateurs pendant toute la durée du placement. La PJJ souhaite commencer avec quatre ou cinq familles d’accueil.
 
La Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) a organisé samedi, à la mairie annexe de Paopao, une réunion pour trouver de nouvelles familles d’accueil à Moorea. Cette rencontre a permis de présenter le rôle de ces dernières et les conditions nécessaires pour accueillir un adolescent suivi par la justice.
 
À Moorea, la PJJ souhaiterait pouvoir compter sur quatre ou cinq familles d’accueil. La présence d’établissements scolaires et la proximité de Tahiti faciliteraient la scolarisation et le suivi des jeunes. Aurélie Guyonnet souhaite enfin rassurer les personnes intéressées : “Ce sont avant tout des jeunes en danger. Ils ont commis une bêtise, mais ils restent des adolescents comme les autres. Ils ont surtout besoin d’écoute, d’amour et de temps.”
 
Pour rappel, la PJJ accompagne des jeunes de 13 à 18 ans ayant commis un délit. Ces jeunes sont temporairement placés en famille d’accueil sur décision du juge des enfants, en raison de leurs difficultés ou d’un manque de cadre familial. “Ce sont parfois des jeunes qui ne rentrent pas le soir ou qui rentrent très tard. Cela les empêche ensuite d’aller à l’école. Nous intervenons uniquement sur décision du juge des enfants. L’objectif est de les mettre en sécurité dans une famille d’accueil pendant une période déterminé”, explique Aurélie Guyonnet, responsable d’unité à la PJJ pour l’hébergement diversifié.
 
Le placement dure généralement six mois, mais il peut être prolongé jusqu’à un an. Pendant cette période, les professionnels de la PJJ travaillent avec la famille d’accueil afin d’aider le jeune à se reprendre en main et à reprendre sa scolarité ou une formation. “S’il a moins de 16 ans, nous cherchons à le remettre dans une scolarité classique. S’il a plus de 16 ans, il peut suivre une formation pour adultes, effectuer un stage ou un service civique. Il peut aussi intégrer un lycée ou une Maison familiale rurale”, détaille Aurélie Guyonnet.
 
“Ces jeunes ont souvent manqué de soutien familial”
 
Tous les types de foyers peuvent accueillir un jeune : une personne seule, un couple ou une famille avec des enfants. Les accueillants doivent disposer d’une chambre individuelle pour le jeune accueilli, être disponibles pour l’accompagner et répondre aux vérifications de la PJJ. Dans ce cadre, le rôle de la famille d’accueil est d’apporter de l’attention et un cadre de vie régulier au jeune qu’elle héberge. “Le jeune doit être présent tous les soirs. S’il n’est pas rentré à partir de 18 heures, la famille prévient l’éducateur, qui peut ensuite prévenir la gendarmerie. Nous demandons aussi que le repas du soir soit pris en famille. C’est un moment pour discuter de sa journée, de ses projets et de ses rendez-vous. Ces jeunes ont souvent manqué de soutien familial”, souligne la responsable d’unité pour l’hébergement diversifié à la PJJ. La famille accompagne ainsi le jeune dans son quotidien et l’aide à parler de ses difficultés. Elle reste toutefois soutenue par la PJJ tout au long du placement. “Les éducateurs se rendent au domicile chaque semaine et restent aussi en contact par téléphone. Les familles peuvent ainsi nous appeler lorsqu’elles rencontrent une difficulté ou qu’elles ont besoin d’un conseil”, indique-t-elle aussi.
 
En contrepartie de l’hébergement, les accueillants reçoivent une indemnité de 5 370 francs (45 euros) pour chaque nuit passée par le jeune à leur domicile. Cette somme est censée couvrir les repas, l’électricité, les produits d’hygiène et les dépenses courantes engagées pour le jeune en situation de placement. Les vêtements et les soins de santé restent quant à eux à la charge de la PJJ.
 
Selon Aurélie Guyonnet, les placements se déroulent généralement bien : “Tout se joue beaucoup au moment de l’accueil. Si le jeune se sent bien reçu, il trouve peu à peu sa place dans la famille. Les accueillants s’attachent souvent à lui, car ils voient son évolution et l’accompagnent au quotidien.”
 
À terme, tout l’enjeu de cette opération est de permettre au jeune de retourner dans sa famille biologique lorsque la situation le permet. Pendant le placement, la PJJ continue donc à travailler avec ses parents. Des retours à la maison peuvent également être organisés certains week-ends afin qu’il conserve des liens avec ses proches.

Pratique

Pour obtenir davantage d’informations, les personnes intéressées peuvent contacter la PJJ au 87 22 12 69 ou au 87 70 80 

Rédigé par T le Lundi 7 Septembre 2026 à 15:03 | Lu 262 fois