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​La CTC impose un plan de redressement à Rapa


Tahiti, le 4 octobre 2026 - L’île la plus australe des archipels habités de la Polynésie française traverse une tempête financière sans précédent. Plongée dans un gouffre budgétaire vertigineux, la commune de Rapa fait face aux exigences strictes de la Chambre territoriale des comptes (CTC), qui dessine les contours d'une longue cure d'austérité.
 
 
Saisie par le haut-commissariat après le constat d'un déficit abyssal sur l'exercice 2025, la Chambre territoriale des comptes a rendu un avis sans équivoque qui met en lumière la fragilité structurelle de la commune de Rapa. Loin d'être un simple accident de parcours comptable, la situation financière de cette île de 451 habitants traduit des dysfonctionnements profonds cumulés au fil des années, nécessitant une intervention d'envergure pour éviter l'asphyxie totale.
 
Initialement pointé du doigt pour un dépassement critique du seuil réglementaire de 10 %, le déficit global des comptes administratifs 2025 s'est révélé bien plus grave encore après l'examen minutieux des magistrats financiers. En intégrant les restes à réaliser, les régularisations et les corrections indispensables à la sincérité des comptes, le déficit global de clôture s'établit à la somme de 305,6 millions de francs, un montant qui représente près de 145 % des recettes réelles de fonctionnement de la commune.
 
Autrement dit, pour éponger ses dettes et retrouver l'équilibre, Rapa pèse administrativement bien au-delà de ses capacités financières immédiates, menaçant la continuité même des services publics de base offerts à la population.
 
Au cœur du réacteur de cette crise se trouvent les services publics locaux, organisés en quatre budgets annexes : l'eau, l'électricité, le carburant et les ordures ménagères. Aucun d'entre eux ne parvient à s'autofinancer.
 
La CTC pointe du doigt des déficits chroniques et massifs sur ces secteurs vitaux. L'absence d'un suivi comptable rigoureux, marquée par l'inexistence de dotations aux amortissements, le non-rattachement scrupuleux des charges et des produits, ainsi que des irrégularités notables sur une ligne de trésorerie de 114 millions de francs
 
En l'absence de refacturation juste et de réels recouvrements, ces budgets annexes se sont transformés en gouffres financiers absorbant les maigres ressources du budget principal.
 
Face à ce constat alarmant, la Chambre territoriale des comptes ne préconise pas une solution miracle à court terme, mais impose une trajectoire de rigueur pluriannuelle avec une maîtrise drastique des dépenses (gel des créations de postes, réduction des contrats temporaires, suspension des investissements non indispensables), et un retour des recettes en mettant fin à la gratuité ou la sous-évaluation des services publics communaux (eau, électricité, ordures ménagères, carburant).

Rédigé par Bertrand PREVOST le Lundi 5 Octobre 2026 à 12:16 | Lu 666 fois