​Jugé pour avoir tué un SDF


Tahiti, le 2 février 2026 - Durant la première session de la cour d'assises de l'année, les jurés devront notamment juger un homme poursuivi pour avoir frappé un sans domicile fixe qui avait perdu la vie suite aux coups. L'accusé encourt vingt ans de réclusion criminelle.
 
Du 3 au 26 février, les jurés de la cour d'assises jugeront huit affaires dont une portant sur des violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner commises par un homme de 57 ans. 
 
Les faits s'étaient déroulés le 23 avril 2024 lorsqu'un sans domicile fixe âgé de 70 ans avait été retrouvé à l'aube dans la rue allongé et inconscient. Une infirmière, qui avait tenté de lui porter secours, avait constaté que la victime respirait encore mais qu'elle se trouvait en état d'hypothermie et souffrait d'un traumatisme crânien ainsi que de plusieurs dermabrasions sur le corps. Hospitalisé au Taaone, le septuagénaire était décédé trois jours plus tard. 
 
Durant l'enquête, les policiers avaient recueilli des témoignages selon lesquels l'auteur des coups était un autre sans domicile fixe alors âgé de 55 ans qui était réputé comme pouvant être violent et qui était atteint de schizophrénie. Placé en garde à vue, l'individu avait reconnu avoir poussé la victime tout en assurant que cette dernière était déjà blessée avant l'altercation. Devant le juge d'instruction, il avait cette fois nié les faits.
 
Désocialisation
 
L'accusé, qui sera jugé les 11 et 12 février, était déjà connu de la justice à l'époque des faits pour avoir été condamné à trois reprises pour des violences. Il avait déjà frappé un autre sans domicile fixe auquel il avait occasionné 21 jours d'incapacité totale de travail. Selon l'expert psychologue qui l'avait examiné durant l'instruction, le quinquagénaire présentait à l'époque des faits une “désocialisation avec absence de travail, perte des liens familiaux et absence de domicile depuis une trentaine d'années”. 
 
Notons qu'outre cette affaire, les autres dossiers qui seront jugés portent tous sur des viols ou des viols incestueux, illustrant de nouveau le fléau des violences sexuelles faites aux mineurs en Polynésie. Lors de l'audience solennelle qui s'est déroulée le 23 janvier, le procureur général avait d'ailleurs appelé à une prise de conscience générale à ce sujet. 
 

 

Rédigé par Garance Colbert le Lundi 2 Février 2026 à 07:42 | Lu 1340 fois