Tahiti le 18 juin 2026. Les médecins du Centre hospitalier de Polynésie française tirent une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Dans un communiqué envoyé ce jeudi aux rédactions, la Commission médicale d’établissement, instance consultative majeure de la gouvernance hospitalière, représentant l'ensemble des médecins, chirurgiens, biologistes et pharmaciens exerçant au CHPF, interpelle le gouvernement sur "un risque majeur pour l'accès aux soins en Polynésie française."
Nouvelle crise à l’hôpital du Taaone. Dans un communiqué envoyé ce jeudi, "la Commission médicale d'établissement du CHPF alerte sur une situation de pénurie médicale devenue critique dans plusieurs spécialités essentielles."
Selon la CME, plusieurs services sont touchés, et non des moindres. Oncologie, radiothérapie, chirurgie thoracique et vasculaire, néphrologie, radiologie, ORL, cardiologie. "Les difficultés de recrutement et de fidélisation des médecins menacent déjà la continuité des prises en charge et exposent les patients à des risques de perte de chance. La CME appelle à une réforme immédiate des statuts des praticiens hospitaliers et des médecins publics, afin de faire venir ou revenir et, surtout, de faire rester les médecins en Polynésie française", expliquent-ils alors que la Polynésie peine à recruter et que les avantages salariaux sont supérieurs en métropole qu’au Fenua, avec un coût de la vie moins élevé.
"La Commission médicale d'établissement du Centre hospitalier de la Polynésie française alerte les pouvoirs publics et la population sur une crise qui n'est plus théorique", poursuit le communiqué.
Les médecins reviennent sur les chiffres qui inquiètent alors que la santé des Polynésiens est vacillante (diabète, obésité, tabagisme, addictions). 57 % des postes n'ont pas été pourvus au dernier concours de praticien hospitalier en Polynésie française, et jusqu'à 87 % à la Direction de la Santé. En 2025, 215 contrats de praticiens hospitaliers dits « hors-sol » ont été recensés, contre 93 en 2023. Au CHPF, sur 229 postes de praticiens hospitaliers, 21 sont vacants et 95 occupés par des non-titulaires, est-il détaillé dans la missive.
Nouvelle crise à l’hôpital du Taaone. Dans un communiqué envoyé ce jeudi, "la Commission médicale d'établissement du CHPF alerte sur une situation de pénurie médicale devenue critique dans plusieurs spécialités essentielles."
Selon la CME, plusieurs services sont touchés, et non des moindres. Oncologie, radiothérapie, chirurgie thoracique et vasculaire, néphrologie, radiologie, ORL, cardiologie. "Les difficultés de recrutement et de fidélisation des médecins menacent déjà la continuité des prises en charge et exposent les patients à des risques de perte de chance. La CME appelle à une réforme immédiate des statuts des praticiens hospitaliers et des médecins publics, afin de faire venir ou revenir et, surtout, de faire rester les médecins en Polynésie française", expliquent-ils alors que la Polynésie peine à recruter et que les avantages salariaux sont supérieurs en métropole qu’au Fenua, avec un coût de la vie moins élevé.
"La Commission médicale d'établissement du Centre hospitalier de la Polynésie française alerte les pouvoirs publics et la population sur une crise qui n'est plus théorique", poursuit le communiqué.
Les médecins reviennent sur les chiffres qui inquiètent alors que la santé des Polynésiens est vacillante (diabète, obésité, tabagisme, addictions). 57 % des postes n'ont pas été pourvus au dernier concours de praticien hospitalier en Polynésie française, et jusqu'à 87 % à la Direction de la Santé. En 2025, 215 contrats de praticiens hospitaliers dits « hors-sol » ont été recensés, contre 93 en 2023. Au CHPF, sur 229 postes de praticiens hospitaliers, 21 sont vacants et 95 occupés par des non-titulaires, est-il détaillé dans la missive.
L’oncologie au rabais
"Plusieurs filières de soins sont aujourd'hui directement menacées", prévient la CME. "Les conséquences sont déjà visibles : elles se mesurent en consultations annulées, en délais allongés, en évacuations sanitaires évitables et, dans les situations les plus graves, en pertes de chance pour des patients dont les pathologies n'admettent pas de retard."
Les membres de la CME s’inquiètent aussi pour les patients atteints de cancers. "La succession de contrats courts fragilise la continuité des parcours de soins pour des patients atteints de pathologies graves, nécessitant un suivi spécialisé durable et coordonné", interpellent-ils. "En radiothérapie, les deux postes de praticien hospitalier seront vacants à compter d'octobre 2026. L'activité ne pourra alors se maintenir qu'en mode dégradé minimal, par le soutien de la radiothérapeute de l'ICPF. Faute de praticien, la majorité des patients devraient être orientés vers des évacuations sanitaires pour accéder à un traitement qui devrait pouvoir leur être dispensé sur le territoire. Or en cancérologie, les délais de prise en charge peuvent être déterminants pour le pronostic."
Il en va de même pour d’autres services. La chirurgie thoracique et vasculaire est en manque d’effectif et des périodes de vacances "ont déjà exposé des patients à des pertes de chance". Idem en néphrologie où les consultations dans les archipels, notamment aux Australes et aux Marquises, sont interrompues depuis 2025 et où l'activité de greffe rénale, malgré les communiqués rassurants de l’hôpital, est fermée.
En radiologie, cinq postes sur sept sont vacants, ce qui oblige l’hôpital à faire appel à la téléradiologie, "avec un coût considérable pour l'établissement", rappelle la CME. Là encore des problèmes qui "exposent des patients à des pertes de chance".
Enfin, le CHPF ne dispose plus depuis plus de trois ans de praticien spécialisé en ORL et la cardiologie est aussi en souffrance, "exposant des patients à des retards diagnostiques et thérapeutiques inacceptables."
Les membres de la CME s’inquiètent aussi pour les patients atteints de cancers. "La succession de contrats courts fragilise la continuité des parcours de soins pour des patients atteints de pathologies graves, nécessitant un suivi spécialisé durable et coordonné", interpellent-ils. "En radiothérapie, les deux postes de praticien hospitalier seront vacants à compter d'octobre 2026. L'activité ne pourra alors se maintenir qu'en mode dégradé minimal, par le soutien de la radiothérapeute de l'ICPF. Faute de praticien, la majorité des patients devraient être orientés vers des évacuations sanitaires pour accéder à un traitement qui devrait pouvoir leur être dispensé sur le territoire. Or en cancérologie, les délais de prise en charge peuvent être déterminants pour le pronostic."
Il en va de même pour d’autres services. La chirurgie thoracique et vasculaire est en manque d’effectif et des périodes de vacances "ont déjà exposé des patients à des pertes de chance". Idem en néphrologie où les consultations dans les archipels, notamment aux Australes et aux Marquises, sont interrompues depuis 2025 et où l'activité de greffe rénale, malgré les communiqués rassurants de l’hôpital, est fermée.
En radiologie, cinq postes sur sept sont vacants, ce qui oblige l’hôpital à faire appel à la téléradiologie, "avec un coût considérable pour l'établissement", rappelle la CME. Là encore des problèmes qui "exposent des patients à des pertes de chance".
Enfin, le CHPF ne dispose plus depuis plus de trois ans de praticien spécialisé en ORL et la cardiologie est aussi en souffrance, "exposant des patients à des retards diagnostiques et thérapeutiques inacceptables."
A quand un nouveau statut ?
Le problème ne date pas d’hier. Le statut médical en Polynésie française est moins attractif que dans bien d’autres régions. "Dans un contexte de raréfaction de certaines spécialités à l'échelle mondiale, tous les établissements de santé sont en concurrence pour attirer des praticiens", explique la CME. Le résultat est connu de longue date : des médecins qui vont et viennent au grés des remplacements nécessaires. "Il faut convaincre des médecins de venir ou de revenir exercer en Polynésie française, mais aussi leur offrir les conditions nécessaires pour qu'ils s'y inscrivent durablement", insistent les praticiens qui s’interrogent.
"Depuis 2003, plus de 300 médecins polynésiens ont été formés. En 2026, seuls 14 exercent au CHPF en tant que praticiens hospitaliers. Ce chiffre illustre un échec collectif : le territoire forme des médecins, investit dans leur cursus, mais ne parvient pas à leur offrir un cadre suffisamment stable et lisible pour qu'ils choisissent d'y construire leur carrière."
La faute à ce statut des praticiens hospitaliers polynésiens qui n'a pas connu d'évolution depuis près de vingt-cinq ans
"Les médecins du CHPF lancent cette alerte parce qu'ils constatent chaque jour les conséquences concrètes de la pénurie médicale sur leurs patients. Lorsque des consultations sont annulées, que des délais s'allongent, que des évacuations sanitaires deviennent nécessaires ou que certaines prises en charge spécialisées ne peuvent plus être garanties sur le territoire, ce sont les Polynésiens qui en subissent directement les effets. Notre responsabilité est de le dire clairement, et de le dire maintenant", clame Tony Tekuataoa, Président de la CME du CHPF.
La CME appelle à une réforme immédiate des statuts des praticiens hospitaliers et des médecins publics "pour garantir à la population polynésienne un accès durable à des soins spécialisés de qualité, sur l'ensemble du territoire, aujourd'hui et dans les années qui viennent."
Bertrand Prévost
"Depuis 2003, plus de 300 médecins polynésiens ont été formés. En 2026, seuls 14 exercent au CHPF en tant que praticiens hospitaliers. Ce chiffre illustre un échec collectif : le territoire forme des médecins, investit dans leur cursus, mais ne parvient pas à leur offrir un cadre suffisamment stable et lisible pour qu'ils choisissent d'y construire leur carrière."
La faute à ce statut des praticiens hospitaliers polynésiens qui n'a pas connu d'évolution depuis près de vingt-cinq ans
"Les médecins du CHPF lancent cette alerte parce qu'ils constatent chaque jour les conséquences concrètes de la pénurie médicale sur leurs patients. Lorsque des consultations sont annulées, que des délais s'allongent, que des évacuations sanitaires deviennent nécessaires ou que certaines prises en charge spécialisées ne peuvent plus être garanties sur le territoire, ce sont les Polynésiens qui en subissent directement les effets. Notre responsabilité est de le dire clairement, et de le dire maintenant", clame Tony Tekuataoa, Président de la CME du CHPF.
La CME appelle à une réforme immédiate des statuts des praticiens hospitaliers et des médecins publics "pour garantir à la population polynésienne un accès durable à des soins spécialisés de qualité, sur l'ensemble du territoire, aujourd'hui et dans les années qui viennent."
Bertrand Prévost