​Huit futurs chefs d’agrès en formation


Des cas pratiques permettent aux stagiaires de mettre leurs nouvelles responsabilités à l’épreuve du terrain (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 20 mai 2026 - Un accident impliquant plusieurs victimes, c’est l’un des nombreux exercices déployés depuis le début de la semaine à la caserne de Vairao dans le cadre d’une formation de chef d’agrès à une équipe, “premier maillon de la chaîne de commandement” en matière de secours aux personnes. Huit pompiers de Tahiti et Bora Bora sont concernés par cette session qui s’achèvera vendredi par un examen.
 

Depuis lundi, les manœuvres s’enchaînent au centre d’incendie et de secours (CIS) de Taiarapu-Ouest. Des cas pratiques qui ressemblent à de vraies interventions, mais qui sont en fait des exercices qui s’inscrivent dans le cadre de la formation de chef d’agrès à une équipe. Elle est dispensée sur une semaine par trois référents : Haamoe Hoata, chef du CIS de Vairao, Georges Buchin, chef adjoint du CIS de Faa’a, et Stéphane Luu Dinh, chef adjoint du CIS de Pirae, tous formateurs pour le Centre de gestion et de formation (CGF).
 

Monter en responsabilités


Au total pour cette session, ce sont huit pompiers professionnels et volontaires de Taiarapu-Ouest, Papara, Faa’a, Papeete, Pirae, Mahina et Bora Bora qui se préparent à endosser plus de responsabilités dans leurs casernes respectives en passant d’équipier à chef d’équipe, puis chef d’agrès. “On forme les futurs chefs des ambulances dont la mission principale sera d’analyser la situation d’intervention, de prendre des décisions, de coordonner leur équipe et de garantir la sécurité des victimes comme des agents”, explique le major Stéphane Luu Dinh. “C’est le premier maillon de la chaîne de commandement du secours à personne : c’est une première fonction très importante.”
 
Cette formation, assurée au moins deux fois par an en moyenne, comprend une phase préalable de formation théorique à distance, via une plateforme dédiée. “Cette semaine en présentiel est principalement axée sur la pratique et la mise en situation professionnelle”, poursuit le représentant de Pirae.  
 

Trois pompiers formateurs du CGF encadrent cette session.

​Des cas variés


Dix à quinze cas sont passés en revue chaque jour pour couvrir la diversité de situations auxquelles les pompiers sont confrontés dans le cadre de l’aide aux victimes : personne en détresse, accouchement inopiné, nombreuses victimes et accident de la route, mais aussi suicide, troubles psychiatriques et personne sous l’effet de l’alcool ou de la drogue. “Sur cette formation, on essaie de représenter des situations qu’on a déjà vécues en s’employant à apporter des axes d’amélioration sur la chaîne de commandement et la prise de décision. Ça peut passer par une demande de renfort pour des moyens supplémentaires, avec un passage de relais au chef de groupe à son arrivée sur les lieux”, souligne Haamoe Hoata.
 
Eux-mêmes passés par cette étape, les formateurs mettent leurs compétences au service de cette formation. “C’est beaucoup de partage d’expérience tout en respectant les procédures et les textes. C’est enrichissant de voir les membres de ton centre de secours monter en compétences sur le terrain. Ce sont des postes à grandes responsabilités”, conclut le référent de Vairao.
 
Vendredi, les huit stagiaires devront faire leurs preuves devant un jury lors d’un examen écrit et pratique. À noter qu’une autre session est dispensée cette semaine par la Direction de la protection civile (DPC) à la caserne de Papeete, concernant le volet incendie : il s’agit de la formation Feux de forêt de niveau 2 (FDF2), destinée à former des futurs chefs d’agrès des camions mobilisés lors de ces interventions spécifiques.  
 

Moïse Tamarii, chef adjoint du CIS de Bora Bora : “M’investir davantage”

“Je me suis engagé en 2020 en tant que sapeur-pompier volontaire à Pirae, puis au CTA, le centre de traitement de l’alerte, avant de passer un concours. Ma vocation est liée au Covid, mais aussi à un rêve d’enfance. Aujourd’hui, je souhaite m’investir davantage dans le métier en tant que professionnel. Pour devenir officiellement titulaire du grade de major, c’est tout un parcours. J’ai suivi en avril la formation de chef d’équipe, puis de chef d’agrès à une équipe actuellement et je vais poursuivre avec chef d’agrès tous engins. Et pour la formation de chef de groupe, ce sera en présentiel à Aix-en-Provence à partir du 2 septembre. Ça va me permettre d’être plus performant au service de la population. À Bora Bora, plus de 80 % des interventions concernent le secours aux personnes, avec beaucoup d’évasans et d’interventions nautiques ou sur des motu. Je suis confiant : nous avons des formateurs très compétents.”

Les stagiaires sont issus des casernes de Taiarapu-Ouest, Papara, Faa’a, Papeete, Pirae, Mahina et Bora Bora.

Rédigé par Anne-Charlotte Lehartel le Mercredi 20 Mai 2026 à 15:34 | Lu 558 fois