​Espartes, un doc pour sensibiliser au vivant et à l’urgence écologique


Tahiti, le 23 septembre 2026 - À l’initiative de Mata Tohora, le documentaire Espartes : Chroniques de l'Orque Ibérique est projeté jeudi au cinéma Le Majestic. Réalisé par Thomas Le Coz et Marc Nieto et coproduit par Sea Shepherd France, il a pour objectif de changer le regard du public sur les orques du détroit de Gibraltar et apaiser la psychose médiatique suscitée par leurs interactions récentes avec des voiliers. Il entend également rappeler l’urgence écologique.

Une projection unique de Espartes : Chroniques de l’Orque Ibérique est prévue au cinéma Le Majestic en fin de journée, ce jeudi. Ce documentaire entraîne le spectateur au cœur du détroit de Gibraltar, sur les traces des orques ibériques – localement appelées “Espartes” – une population en danger critique d’extinction. Grâce à et une approche scientifique rigoureuse, le film révèle le comportement singulier de ces orques face aux voiliers et questionne les mythes qui les entourent. Il dresse le portrait d’animaux sensibles et intelligents, reflet de notre propre relation à la mer. Coproduit par Sea Shepherd France, il a été réalisé par Marc Nieto et Thomas Le Coz, capitaine de Sea Shepherd France qui est sur le territoire jusqu’au 30 septembre et qui sera présent à la projection.
 
“Les orques sont présentes toute l’année en Polynésie. Elles sont répertoriées depuis de nombreuses années. Les matahiapo que j’interroge me le confirment. Certaines d’entre elles sont sédentaires aux Marquises, elles sont nomades partout ailleurs”, explique Agnès Benet, biologiste, fondatrice et directrice de l’association de protection des mammifères marins Mata Tohora. Les pêcheurs sont habitués à croiser ces épaulards, mais ont de nombreuses questions à leur propos : “Ils me demandent souvent si elles sont dangereuses par exemple. J’ai pensé qu’organiser la projection d’Espartes permettrait d’ouvrir le débat et d’apporter des réponses. Elle aussi sera présente à la projection, jeudi.
 
L’objectif de ce documentaire est de déconstruire la peur et le sensationnalisme. En effet, depuis 2020, certaines orques ibériques (réduites à une trentaine d'individus et en danger critique d'extinction) percutent les gouvernails de voiliers. Le film montre qu'il s'agit d'un comportement ludique ou transitoire (“une mode”) et non d'une “attaque” vengeresse contre l'humain.
 
De plus ce film veut sensibiliser à l’urgence écologique. En plus d'aborder les aspects socio-économiques (pêche, whale watching), le projet vise à fédérer le public autour de la protection de cette sous-population au bord de l'extinction, victime de multiples pressions humaines (pollution, trafic maritime, raréfaction du thon).
 
Sea Shepherd France, nouvel allié de Mata Tohora
 
La projection du documentaire scelle par ailleurs une alliance entre Sea Sheperd France et Mata Tohora. J’ai rencontré la fondatrice de Sea Sheperd France, Lamya Essemlali, il y a 4 ou 5 ans, nous avons travaillé ensemble sur l’accident de la baleine Coco. Sea Shepherd était venu en renfort d’un point de vue logistique, juridique et même émotionnel car cela avait été un choc à surmonter. Une enquête avait été menée, explique Agnès Benet. Depuis les liens n’ont pas cessé de se renforcer avec Mata Tohora.
 
Agnès Benet, consultée pour ses compétences scientifiques est devenue chargée de mission. Elle est la responsable scientifique de Sea Shepherd France. Elle intervient depuis plusieurs mois dans diverses campagnes. Sea Shepherd va désormais apporter ses moyens et son expertise pour renforcer la protection des mammifères marins en Polynésie française. Thomas Le Coz est devenu membre de Mata Tohora, il se chargera de la communication et a déjà effectué une mission de terrain en tant que droniste dans le cadre d’Odyssey for life. Il s’agit d’unir nos forces, résume Agnès Benet qui promet d’autres projets d’envergures dans les mois à venir.
 
En attendant, la venue de Lamya Essemlali est d’ores et déjà confirmée, elle sera de passage en octobre au Fenua.

Pratique

Le 24 septembre à 17h45 au cinéma au Majestic Mamao
Tarif unique de 2 000 francs
Découvrez la bande annonce en ligne

 

Sea Shepherd, innover et lutter pour protéger l’océan

Sea Shepherd France est une association de défense de l'océan spécialisée dans la lutte contre le braconnage et dans la sensibilisation du grand public aux enjeux liés à la préservation de la vie marine. Créée par Lamya Essemlali en 2006, elle reste fidèle à l’ADN d'origine de Sea Shepherd telle que le capitaine Paul Watson l'a fondée en 1977. Leur crédo : indépendance, courage, imagination et combativité non violente.

Dès ses premières années, Sea Shepherd s’est appuyée sur le mandat de la Charte Mondiale de la Nature des Nations Unies pour faire respecter les lois internationales en matière de conservation lorsque les gouvernements ne le peuvent pas… ou ne veulent pas le faire.
 
“Notre mission est de lutter contre la destruction de la vie et de l’habitat marin dans son ensemble. Depuis la fondation du mouvement par Paul Watson en 1977, nous utilisons des stratégies novatrices d’action directe pour défendre, conserver et protéger la biodiversité fragile de nos mers, océans, et faire respecter les lois internationales de conservation, trop souvent bafouées. Nos campagnes portent sur la défense des espèces marines contre le braconnage, la pêche non durable, la destruction de leur habitat, et la captivité. Des plus petites créatures aux géants des mers, la mission de Sea Shepherd France est de protéger toutes les espèces qui peuplent nos océans.
 
Pour agir, l’association dispose d’une petite dizaine d’embarcations, coques alu, patrouilleur, semi-rigides.

Rédigé par Delphine Barrais le Mercredi 23 Septembre 2026 à 18:51 | Lu 303 fois