Paris, France, le 12 octobre 2026. Pas de données volées, mais des produits frais à jeter : plusieurs enseignes de supermarchés françaises ont été victimes dans la nuit de dimanche à lundi d'une cyberattaque "inédite" visant leurs installations frigorifiques, suscitant des craintes en matière de sécurité alimentaire.
Au moins 300 points de vente Intermarché/Netto, moins d'une centaine du réseau de Coopérative U, "plusieurs magasins" du groupement E.Leclerc, 80 supermarchés Carrefour et une trentaine de Monoprix sont concernés par cette attaque révélée par BFMTV, ont confirmé à l'AFP ces distributeurs.
Sollicité par l'AFP, le parquet de Paris a annoncé le lancement d'une enquête de sa propre initiative sur "la cyberattaque d'ampleur touchant les réfrigérateurs connectés de plusieurs grands magasins".
L'enquête, dirigée par la section anticybercriminalité et "confiée à l'office anticybercriminalité (OFAC), doit permettre de recenser les victimes et d'établir le lien avec les dégâts rapportés" en matière de "pertes de denrées alimentaires" et d'équipements ayant commencé à prendre feu, a-t-il précisé.
Selon une source proche du dossier, les systèmes de régulation frigorifique du fabricant danois Danfoss étaient ciblés.
L'entreprise scandinave a expliqué à l'AFP que "la majorité des unités touchées sont des produits anciens (...) qui ont atteint leur fin de vie et ne bénéficient plus de mises à jour logicielles ou de sécurité".
Au moins 300 points de vente Intermarché/Netto, moins d'une centaine du réseau de Coopérative U, "plusieurs magasins" du groupement E.Leclerc, 80 supermarchés Carrefour et une trentaine de Monoprix sont concernés par cette attaque révélée par BFMTV, ont confirmé à l'AFP ces distributeurs.
Sollicité par l'AFP, le parquet de Paris a annoncé le lancement d'une enquête de sa propre initiative sur "la cyberattaque d'ampleur touchant les réfrigérateurs connectés de plusieurs grands magasins".
L'enquête, dirigée par la section anticybercriminalité et "confiée à l'office anticybercriminalité (OFAC), doit permettre de recenser les victimes et d'établir le lien avec les dégâts rapportés" en matière de "pertes de denrées alimentaires" et d'équipements ayant commencé à prendre feu, a-t-il précisé.
Selon une source proche du dossier, les systèmes de régulation frigorifique du fabricant danois Danfoss étaient ciblés.
L'entreprise scandinave a expliqué à l'AFP que "la majorité des unités touchées sont des produits anciens (...) qui ont atteint leur fin de vie et ne bénéficient plus de mises à jour logicielles ou de sécurité".
"Mises à jour"
Danfoss souligne "recommander depuis longtemps à ses clients de maintenir les systèmes pris en charge à jour et de migrer les systèmes hérités vers des solutions de génération actuelle".
D'après BFMTV, les pirates auraient réussi "à déclencher à distance le dégivrage forcé" des réfrigérateurs et congélateurs de nombreux magasins.
Ces derniers sont contraints de "jeter l'ensemble des produits" touchés pour respecter la chaîne du froid, a souligné Intermarché, déplorant un "gaspillage alimentaire" et une "perte" financière, sans la chiffrer. "L'un des points durs" aura trait aux assurances qui ne "couvrent pas ce type" d'incident, estime l'enseigne.
"S'attaquer à des équipements essentiels à la conservation des produits frais et à l'approvisionnement alimentaire des Français est d'une extrême gravité et est inédit", a réagi le PDG de Coopérative U, Dominique Schelcher, sur X.
E. Leclerc a également évoqué à l'AFP "une attaque informatique" ayant "affecté l'un de ses fournisseurs de matériel frigorifique".
D'après l'entourage du Premier ministre, Sébastien Lecornu a "immédiatement demandé à l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi) de se saisir du sujet" et "suit le dossier personnellement".
L'Anssi a confirmé être "mobilisée", tant "à l'échelon français pour accompagner les potentielles victimes, qu'à l'échelon européen pour se coordonner avec ses homologues".
De son côté, le ministère du Commerce assure être "en lien avec les distributeurs".
D'après BFMTV, les pirates auraient réussi "à déclencher à distance le dégivrage forcé" des réfrigérateurs et congélateurs de nombreux magasins.
Ces derniers sont contraints de "jeter l'ensemble des produits" touchés pour respecter la chaîne du froid, a souligné Intermarché, déplorant un "gaspillage alimentaire" et une "perte" financière, sans la chiffrer. "L'un des points durs" aura trait aux assurances qui ne "couvrent pas ce type" d'incident, estime l'enseigne.
"S'attaquer à des équipements essentiels à la conservation des produits frais et à l'approvisionnement alimentaire des Français est d'une extrême gravité et est inédit", a réagi le PDG de Coopérative U, Dominique Schelcher, sur X.
E. Leclerc a également évoqué à l'AFP "une attaque informatique" ayant "affecté l'un de ses fournisseurs de matériel frigorifique".
D'après l'entourage du Premier ministre, Sébastien Lecornu a "immédiatement demandé à l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi) de se saisir du sujet" et "suit le dossier personnellement".
L'Anssi a confirmé être "mobilisée", tant "à l'échelon français pour accompagner les potentielles victimes, qu'à l'échelon européen pour se coordonner avec ses homologues".
De son côté, le ministère du Commerce assure être "en lien avec les distributeurs".
Vulnérabilités
Le commissaire européen à l'Agriculture Christophe Hansen a, quant à lui, "fermement" condamné sur X la cyberattaque, appelant "à plus d'attention" pour "la sécurité alimentaire".
Longtemps isolés d'internet, les équipements industriels comme les groupes frigorifiques sont désormais connectés via des capteurs ou des systèmes de supervision à distance, explique à l'AFP Antoine Hautin, secrétaire général d'Almond, cabinet de conseil en cybersécurité.
"Historiquement, ces systèmes ont été conçus pour privilégier la fiabilité et la maîtrise des coûts, plutôt que la protection contre les cyberattaques" car "les attaquants ne pouvaient pas y accéder à distance", souligne l'expert.
Selon lui, en touchant vraisemblablement des centaines d'équipements simultanément, l'attaque de lundi témoigne d'une "une certaine sophistication".
Danfoss avait fait part ces derniers mois de plusieurs vulnérabilités graves sur certains de ses logiciels utilisés dans les systèmes frigorifiques.
Le 18 septembre, le fabricant avait évoqué une faille permettant "à des attaquants d'obtenir un accès en lecture et en écriture aux valeurs internes, de télécharger et d'exécuter" des programmes informatiques non sécurisés.
S'exprimant la semaine dernière sur les défaillances de cybersécurité en France, le général André Petillot, major général de la gendarmerie, a jugé que le sujet avait "été un peu sous-évalué" dans "le monde de l'entreprise et des administrations".
"La cybersécurité c'est quand même souvent considéré comme un centre de coût", a-t-il expliqué lors des Rencontres stratégiques de la Méditerranée à Toulon. "Acheter des équipements, des matériels, cela se voit, mais mettre à niveau votre système de sécurité, tant que vous n'êtes pas attaqué, c'est transparent".
Longtemps isolés d'internet, les équipements industriels comme les groupes frigorifiques sont désormais connectés via des capteurs ou des systèmes de supervision à distance, explique à l'AFP Antoine Hautin, secrétaire général d'Almond, cabinet de conseil en cybersécurité.
"Historiquement, ces systèmes ont été conçus pour privilégier la fiabilité et la maîtrise des coûts, plutôt que la protection contre les cyberattaques" car "les attaquants ne pouvaient pas y accéder à distance", souligne l'expert.
Selon lui, en touchant vraisemblablement des centaines d'équipements simultanément, l'attaque de lundi témoigne d'une "une certaine sophistication".
Danfoss avait fait part ces derniers mois de plusieurs vulnérabilités graves sur certains de ses logiciels utilisés dans les systèmes frigorifiques.
Le 18 septembre, le fabricant avait évoqué une faille permettant "à des attaquants d'obtenir un accès en lecture et en écriture aux valeurs internes, de télécharger et d'exécuter" des programmes informatiques non sécurisés.
S'exprimant la semaine dernière sur les défaillances de cybersécurité en France, le général André Petillot, major général de la gendarmerie, a jugé que le sujet avait "été un peu sous-évalué" dans "le monde de l'entreprise et des administrations".
"La cybersécurité c'est quand même souvent considéré comme un centre de coût", a-t-il expliqué lors des Rencontres stratégiques de la Méditerranée à Toulon. "Acheter des équipements, des matériels, cela se voit, mais mettre à niveau votre système de sécurité, tant que vous n'êtes pas attaqué, c'est transparent".