​Des étranglements à répétition et un sursis probatoire


Tahiti, le 6 juillet 2026 - Les marques étaient encore visibles sur son cou lorsqu’elle s’est présentée devant le tribunal. Victime de plusieurs étranglements dans un contexte de violences conjugales, une jeune femme a vu son compagnon condamné, lundi, à six mois de prison entièrement assortis d’un sursis probatoire de deux ans.  

Les faits remontent à lundi dernier. Selon le dossier, les tensions au sein du couple se sont rapidement intensifiées et plusieurs étranglements ont eu lieu. À l’audience, la victime porte encore des griffures et des ecchymoses au niveau du cou. Les médecins lui ont prescrit huit jours d’incapacité totale de travail. Pour le tribunal, ce sont surtout ces étranglements qui constituent un facteur de gravité.  

Malgré les violences, la victime continue de soutenir son compagnon. “Je l'aime. Il faut le faire soigner. S'il faut le faire soigner, je le ferai soigner. On peut continuer, mais il doit se faire soigner”, dit-elle. Elle décrit toutefois un homme qui peine à maîtriser certains comportements, évoquant une “addiction au sexe” et le fait qu'“il court beaucoup après d'autres filles et d'autres femmes”.  

À la barre, le prévenu, employé dans le bâtiment, relie son passage à l’acte à son histoire familiale : “J'ai vécu dans ce milieu. J'ai pris l'habitude de faire pareil”, explique-t-il, évoquant un père qui “faisait défiler des filles” devant lui. Il ajoute : “Personne n'a su m'aider”. Il reconnaît également avoir connu des relations violentes par le passé : “Avec mon ex-compagne, on se frappait. Elle ne se laissait pas faire.” Il n’était, jusqu’alors, connu de la justice que pour une ordonnance pénale liée à un usage de stupéfiants.  

Pour le procureur, le dossier révèle avant tout “la toxicité du couple”. Le magistrat souligne aussi la consommation de paka du prévenu ainsi que des traits d’érotomanie relevés dans la procédure. Il requiert six mois de prison avec sursis probatoire pendant deux ans, avec obligation de soins et stage de responsabilisation aux violences conjugales.  

Le tribunal suit ces réquisitions et condamne le jeune homme à six mois de prison entièrement assortis d’un sursis probatoire de deux ans. Il devra notamment se faire soigner et respecter les obligations fixées par la juridiction.

Rédigé par Violaine Broquet le Lundi 6 Juillet 2026 à 18:50 | Lu 418 fois