Les cours sont dispensés par Véronique Lardillier, à la fois professeure d’anglais et couturière (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 27 octobre 2026 - Organisés à Tahiti et dans les îles par le Service de l’artisanat traditionnel, des cours d’anglais sont animés par une enseignante avec une approche ludique tournée vers la vente. Une nouvelle session de deux jours et demi a débuté ce lundi à Taravao avec huit participantes motivées.
Do you speak english ? C’est une question que les artisans qui ne sont pas à l’aise en anglais redoutent, au risque de passer à côté de la clientèle nord-américaine qui représente pourtant une large partie de la fréquentation touristique au Fenua. Pour être capable de converser avec des touristes internationaux, des cours d’anglais sont proposés gratuitement par le Service de l’artisanat traditionnel.
Do you speak english ? C’est une question que les artisans qui ne sont pas à l’aise en anglais redoutent, au risque de passer à côté de la clientèle nord-américaine qui représente pourtant une large partie de la fréquentation touristique au Fenua. Pour être capable de converser avec des touristes internationaux, des cours d’anglais sont proposés gratuitement par le Service de l’artisanat traditionnel.
Ludique et ciblé
Ce lundi, huit bénéficiaires de la Presqu’île étaient au rendez-vous au centre Teaputa de Taravao. À la tête de cette classe pas comme les autres, Véronique Lardillier, à la fois professeure d’anglais et couturière, sillone les communes de Tahiti et des îles, tous archipels confondus, depuis le coup d’envoi du dispositif à Vairao, en 2024. “L’objectif, c’est de les décomplexer par rapport à l’anglais. On a tous fait de l’anglais au collège, ça s’est plus ou moins bien passé et il peut y avoir un blocage. Je suis là pour les aider à aller de l’avant pour leur métier. J’axe beaucoup sur la communication : on n’a pas besoin d’avoir un accent parfait et de connaître tous les mots pour faire passer un message et arriver à faire des ventes”, analyse la prestataire.
Pour y parvenir, elle va déployer sur deux jours et demi des courtes leçons ponctuées de jeux et de mises en situation pour permettre aux artisanes d’apprendre à se présenter et de réviser les nombres, mais aussi de maîtriser le vocabulaire des matières premières et des étapes de création. À l’issue, pas d’évaluation, mais des supports qui leur seront utiles sur la durée : “On a 16 heures de cours, ce qui est très peu. Elles vont entendre énormément de mots et d’expressions, mais elles ne pourront pas tout retenir d’un coup. Leur travail, ce sera de continuer à pratiquer pour monter en compétences”. En juillet dernier, une vingtaine de professionnels avaient bénéficié de cette formation à Rangiroa. Après Tahiti Iti, les deux prochaines sessions se tiendront en novembre à Nuku Hiva.
“Un plus pour la vente”
Une opportunité que Naehu Tiapari, résidente de Faaone et exposante au marché de Taravao, ne voulait pas manquer. “Je suis venue me perfectionner et me remémorer la prononciation et la construction des phrases pour m’exprimer plus sereinement. Cette formation répond à un besoin : quand on expose et qu’on se retrouve face à des touristes anglophones, c’est bien de faire des signes et des ‘aparima, mais savoir dialoguer, c’est un plus pour la vente”, souligne la jeune femme.
Même constat pour Herenui Teinaore, sous contrat PIAC auprès de la commune de Taiarapu-Est dans un but bien précis : “Cette formation, c’est l’occasion de réveiller des connaissances qui remontent au lycée et d’en apprendre un peu plus sur le thème de la vente et de l’artisanat. J’appréhende la pratique de l’anglais face à un groupe de personnes, mais on va s’entraîner, car nous avons pour objectif d’accueillir des touristes et d’animer le futur fare artisanal de Teaputa”. “L’idée, c’est d’aménager le fare pōte’e côté route pour en faire un espace dédié en continu à l’artisanat, en sachant qu’il y a déjà tout ce qu’il faut pour accueillir les bus et les touristes avec des sanitaires et un grand parking”, précise la deuxième adjointe au maire de Taiarapu-Est en charge de l’artisanat, Bernadette Taputu-Wasna, quant à ce projet de développement. “Un point infos tourisme qui profiterait à toute la Presqu’île” serait également en réflexion, le plus proche étant à Papeete.