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​Crédit Mutuel Arkéa victime d'une cyberattaque qui a permis des "opérations frauduleuses"


Paris, France, le 4 novembre 2026. La banque Crédit Mutuel Arkéa a déclaré avoir été la cible d'une "cyberattaque" d'un montant de l'ordre de 100 millions d'euros, selon une estimation provisoire, et que la banque tente de récupérer, a-t-elle indiqué mercredi soir dans un communiqué.


Les attaquants "ont utilisé le compte propre de Crédit Mutuel Arkéa pour réaliser des transactions vers d’autres acteurs bancaires", ils ont ensuite "converti cet argent en cryptomonnaie via des plateformes spécialisées", selon le texte.

Ils ne sont "pas passés par des comptes de clients de ses fédérations ni de ses filiales", et contrairement à ce qui a pu être écrit dans la presse, "aucune +entrée+ ne s'est faite par Fortuneo. Les attaquants sont passés par la plateforme d’un de nos prestataires et ont ainsi atteint le Crédit Mutuel Arkéa directement", insiste la banque.

Une erreur humaine chez Arkéa est également écartée par la banque, qui explique qu'il "s'agit d'une attaque sophistiquée venant de l'extérieur".

Arkéa n'a pas confirmé le montant du détournement de 133 millions de dollars (118 millions d'euros) cité par le journal Le Télégramme, mais a validé l'ordre de grandeur.

Cependant, "une partie des fonds concernés a pu être bloquée, et d'autres actions sont en cours afin de les recouvrer", explique Crédit Mutuel Arkéa.

De plus, "les montants impactés par cette attaque, encore en cours d'évaluation, n'étaient (...) pas de nature à remettre en cause la solidité et la santé financière du groupe".

Le groupe bancaire, dont le siège est basé près de Brest, déclare que l'attaque est "maintenant circonscrite".

Dès la détection de cette cyberattaque, les équipes se sont mobilisées et la décision a été prise, "par mesure de précaution", de "suspendre temporairement certaines transactions afin de sécuriser les opérations et de prévenir tout nouveau mouvement frauduleux", explique le groupe dans un communiqué.

La quasi-totalité des opérations a pu reprendre son cours dans la matinée, après que le groupe et ses filiales ont procédé à des vérifications et de la mise en place de mesures de sécurisation renforcées.

Le Crédit Mutuel Arkéa a tenu "à rassurer l'ensemble de ses clients" : "cet incident n'entraîne aucune conséquence sur leurs avoirs et a seulement entraîné une exécution différée de certaines opérations de virement", selon Arkéa.

- Tentatives d'hameçonnage -

Les équipes de sécurité de la banque "travaillent avec les autorités compétentes, judiciaires et policières, pour déterminer précisément l'origine de l'attaque et son modus operandi".

L'attaque n'ayant pas pour l'instant été revendiquée, on ne peut pas dire s'il s'agissait d'un simple vol ou d'une cyberattaque menée par des activistes.

Le groupe a toutefois appelé ses clients à la plus grande vigilance, car à la suite de cette cyberattaque, "des tentatives d'hameçonnage (phishing) sont possibles".

Le groupe bancaire n'a pas fait état de vol de données clients, mais ce genre d'événement peut susciter une deuxième vague d'arnaques menée par des cybercriminels opportunistes surfant sur l'inquiétude des clients, qui n'ont pas forcément un lien avec la première cyberattaque.

Selon le quotidien breton, la fraude a été rendue publique par ZachXBT, enquêteur indépendant spécialisé dans le traçage de fonds sur les chaînes de blocs. Selon Grégory Raymond, journaliste spécialisé, dont le message sur X est cité par le journal, les sommes volées auraient été sorties de la banque par des hackers, puis transférées vers de multiples comptes ouverts sur des plateformes d'échange de cryptoactifs.

Conformément aux procédures usuelles, le groupe s'est rapproché des instances compétentes et de supervision, afin de les informer de la situation, a-t-il expliqué.

Le Crédit Mutuel Arkéa, qui réunit plusieurs filiales spécialisées et les fédérations de Bretagne et du Sud-Ouest du Crédit Mutuel, fait partie de la Confédération nationale du Crédit Mutuel (CNCM), mais garde une grande indépendance vis-à-vis de l'organe central du groupe qui compte 19 fédérations.

Il a dégagé un bénéfice net de 230 millions d'euros sur les six premiers mois de l'année.

Cette attaque intervient moins d'une semaine après le piratage du géant des cryptomonnaies, Binance, qui estime le montant des actifs affectés par le piratage dont il a été victime à 6,3 milliards de dollars, soit 5,6 milliards d'euros.

Rédigé par AFP le Mercredi 4 Novembre 2026 à 09:27 | Lu 79 fois