​Camélia Papin prône le changement à Hitia’a o te Ra


L’équipe revendique une “liste citoyenne” sans étiquette politique (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 18 février 2026 - La liste Te U’i Hou no Hitia’a o te Ra a présenté sa candidature aux élections municipales ce mercredi matin lors d’une conférence de presse. L’équipe est menée par Camélia Taupo-Papin, fonctionnaire territoriale, tête de liste pour la première fois. Elle mise sur une approche “plus juste, plus dynamique, plus ambitieuse” à travers des projets prioritaires en matière d’éducation, d’agriculture et de jeunesse.
 

La liste Te U’i Hou no Hitia’a o te Ra, la nouvelle génération de Hitia’a o te Ra, a tenu une conférence de presse, ce mercredi matin, à l’école Moenoa de Tiarei. L’occasion pour Camélia Taupo-Papin, 56 ans, de présenter sa candidature en tant que tête de liste. Mariée, mère d’un enfant et grand-mère de deux petits-enfants, elle est fonctionnaire territoriale, plus précisément gestionnaire en ressources humaines à la Direction générale de l’éducation et des enseignements (DGEE). Elle a commencé sa carrière comme secrétaire d’état civil à la mairie de Hitia’a, avant de passer par le Service des affaires sociales, la Direction des affaires foncières, le Conseil économique, social et culturel et le Service de l’emploi.
 

​“Peu de projets réalisés”


Soutien de Teva Rohfritsch aux élections territoriales de 2023, sa première expérience politique remonte aux municipales de 2014 : elle figurait sur la liste Hitirau no Hitia’a o te Ra de Moenau Barbos à Hitia’a, représentée à Papeno’o par l’actuel maire sortant, Henri Flohr. La candidature de Camélia Papin pour la première fois comme tête de liste est née d’une déception par rapport au “mauvais bilan” de l’équipe en place. “Peu de projets ont été réalisés. Ce n’est pas une critique : c’est un constat. On se lève pour apporter plus. J’estime qu’aujourd’hui, on est prêts à assumer nos responsabilités et à ne plus être de simples observateurs. On veut mettre nos compétences et nos connaissances au service de la commune”, explique-t-elle.
 
Membre du parti autonomiste Ia Ora te nuna’a, Camélia Papin revendique une “liste citoyenne”, sans étiquette politique. Te U’i Hou no Hitia’a o te Ra se compose de 33 colistiers âgés de 23 à 72 ans aux profils variés, “des techniciens de l’agriculture, des artisans, des jeunes investis dans des associations, des représentants de l’éducation, etc.”. Tête de liste à Hitia’a, Camélia Papin est entourée de trois référents masculins dans les autres sections : Stanley Sanford, 55 ans, entraîneur de boxe anglaise passé professionnellement par le secteur bancaire, le journalisme et l’aide aux plus démunis, à Mahaena ; Narii Tavaitai, 40 ans, fonctionnaire d’État dans la santé et l’armée, à Tiarei ; et Judex Angot, 58 ans, employé de banque et actuel conseiller municipal, ex-colistier de Dauphin Domingo, à Papeno’o.
 

Camélia Papin, tête de liste de Te U’i Hou no Hitia’a o te Ra (Hitia’a), entourée de Stanley Sanford (Mahaena), Narii Tavaitai (Tiarei) et Judex Angot (Papeno’o).

Éducation, agriculture, jeunesse


Tous partagent “un sentiment d’abandon” et prônent “le changement” avec une approche “plus juste, plus dynamique, plus ambitieuse”. “Il faut changer le mode de gouvernance avec des prises de décision collégiales en conseil municipal. On est favorable à la mutualisation des moyens. On souhaite aussi associer la population aux grands projets”, précise Camélia Papin. Elle a donc choisi pour emblème quatre rameurs à bord d’un va’a pour représenter les quatre communes associées, qui ont la particularité de s’étendre sur une trentaine de kilomètres.
 
La liste porte trois projets phares, en commençant par inscrire Hitia’a o te Ra dans un réseau d’éducation prioritaire renforcé. “C’est une nécessité pour accompagner nos élèves vers la réussite. Plusieurs écoles doivent aussi être rénovées et remises aux normes”, précise Camélia Papin. Deuxième point : faire de la commune un grenier alimentaire. “On a identifié de nombreuses terres domaniales qui pourraient accueillir des projets agricoles. On aimerait aussi rejoindre le projet Tavivat. Ça peut être source d’emplois et de dynamisme avec le développement d’un marché communal”, poursuit la candidate. Elle entend aussi “mettre en œuvre des projets innovants pour la jeunesse” à travers des formations adaptées au territoire, la création d’espaces dédiés à l’innovation et à l’entrepreneuriat ou encore “le développement d’activités sportives et culturelles structurantes, car nos salles omnisports sont dormantes en dehors du mois de juillet”.
 
D’autres projets complètent le programme, comme venir à bout du chantier d’adduction en eau potable, reconstruire la mairie de Hitia’a ou encore mettre en place un moyen de transport solidaire pour les soins et les démarches administratives. Te U’i Hou no Hitia’a o te Ra tiendra quatre grandes réunions publiques entre le 9 et le 12 mars, une dans chaque section.
 

Rédigé par Anne-Charlotte Lehartel le Mercredi 18 Février 2026 à 17:36 | Lu 638 fois