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​Au Salon du livre, des auteurs “accessibles”


Tahiti, le 15 octobre 2026 - Le Salon du livre a ouvert ses portes ce jeudi avec des rencontres, des petits éditeurs et des prix spéciaux sur les stands.

C’est en cherchant une librairie qu’une mère de famille en vacances découvre l’affiche du Salon du livre, ce jeudi matin. Avec sa petite famille, elle décide d'y aller. Elle a déjà lu “À contre-courant", de la surfeuse pro Johanne Defay et ça tombe bien : Michel Bourez, surfeur professionnel, est venu à la rencontre du public sous le kiosque de la place To’ata. Dans une conférence sans détour, l’auteur de “Spartan, un Tahitien au sommet du surf mondial” s’est livré sur ses réussites comme sur ses échecs. Il est notamment revenu sur le Brésil, un épisode difficile à raconter dans son livre. Une expérience qui lui rappelle combien ce sport “peut être dangereux”.

Le surfeur a aussi évoqué ce que l’on mesure parfois seulement avec le recul : “Nous, on vit dans un paradis à Tahiti, c’est quand tu reviens que tu t’en rends compte.” Son conseil : ne jamais oublier d’où l’on vient et rester humble. Car la terre et les vagues lui manquent dès qu’il s’éloigne. “Ça me fait toujours quelque chose de partir, mais tu sais pourquoi tu le fais.” Il a également parlé de son rôle de relayeur de la flamme olympique, à la fin de sa carrière. À cette occasion, il voulait “donner tout mon mana à ceux qui participaient aux Jeux”, a-t-il raconté.


​En transit entre Moorea et Raiatea, la mère de deux jeunes enfants a immédiatement trouvé le champion “accessible”, à l’image de bien d’autres auteurs présents. C’est aussi là que le salon prend son sens. Ici, l’écrivain n’est pas derrière une vitrine : il est à portée de main. 

​“On accompagne des mouvements de société”


Dans le public, peu nombreux en ce jour d’ouverture, se trouvaient des jeunes en réinsertion de la ressourcerie de Mahina ou encore de nombreux bénévoles du Salon du livre.

Sous le kiosque, le rendez-vous suivant se tenait avec l’auteur et journaliste Hubert Prolongeau face aux élèves de 4e et de 3e de l’établissement privé MFREO de Vairao. Bien qu’il soit venu présenter son dernier livre “Le poing armé de dieu”, il est revenu sur ses anciens ouvrages. Son livre sur les SDF a eu des effets concrets : des centres d’hébergement ont ouvert et il pense que l’ouvrage y a contribué. “On accompagne des mouvements de société, mais on ne va pas changer le monde”, a-t-il exposé aux jeunes. 

Du côté des maisons d’édition, le message est que la lecture ne doit pas seulement être le temps d’un salon pour les jeunes des écoles : “Il faut les sensibiliser toute l’année, pas qu’aujourd’hui, c’est un travail.” Pour de nombreux auteurs, le salon est aussi l’occasion de faire leur rentrée littéraire. Il permet de découvrir des maisons d’éditions plus petites, comme Haere Pō, dont le stand est reconnaissable de loin : des rubans ornés de motifs marquisiens pendent devant, des oiseaux sont collés sur les toiles, et une bannière rappelle l’inscription des îles Marquises. 

Créée à Tahiti en 1981, la maison publie des livres consacrés à la Polynésie, réédite des ouvrages anciens et fait entendre des voix peu connues. Ici, on ne trouve que des bénévoles. C’est là que se trouve la trilogie “L’opéra gauguin”, un essai de Michel Prévot, âgé de 100 ans : trois livres verts, dont le premier volet se nomme “Acte I, avant Tahiti”. Sur la table, une autre nouveauté attire l’œil : “Une affaire de cœur(s)”, de Gérard Papouin.

C’est aussi l’occasion, pour certains, de proposer des tarifs. Les Éditions des Mers Australes affichent un prix spécial salon, jusqu’à -15 % sur leurs livres pendant quatre jours, nouveautés comprises. De quoi compléter la bibliothèque des enfants ou prendre de l’avance sur les cadeaux de Noël.

Rédigé par Violaine Broquet le Jeudi 15 Octobre 2026 à 17:30 | Lu 236 fois