​À l’ONU, Guterres défend l’indépendance


Tahiti, le 16 février 2026 - Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est exprimé sur l’indépendance des territoires non autonomes lundi à New York. Un article sur le sujet a même été publié sur la question sur le site de l’organisation internationale. 
 

“Officiellement, ils sont moins d’une vingtaine, pour la plupart situés dans le Pacifique et les Caraïbes. Les territoires toujours sous le joug colonial – ou, selon la formule onusienne, ‘dont les populations ne s'administrent pas encore complètement elles-mêmes’ – concernent surtout trois puissances dites ‘administrantes’ : le Royaume-Uni, les États-Unis et la France”, rappelle l’ONU.
 
“Si la décolonisation a redessiné le monde au XXᵉ siècle, elle n’a pas effacé les rapports de force économiques, ni les inégalités qu’ils ont façonnées.” C’est ce rappel qu’a formulé lundi le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, dans une allocution prononcée en son nom à New York lors d’une réunion du comité spécial onusien chargé du dossier.
 
“L’héritage du colonialisme a laissé des cicatrices profondes”, a-t-il averti, évoquant des mécanismes d’exploitation économique durable, mais aussi “le racisme, les inégalités et une exclusion persistante des instances de décision”. Autrement dit, l’émancipation juridique ne garantit ni l’égalité réelle ni la souveraineté économique.
 
Dans son exposé, le rapport de l’ONU suivant cette intervention rappelle que le Royaume-Uni administre notamment Anguilla, les Bermudes, les îles Vierges britanniques, les îles Caïmans ou encore les Falkland (Malvinas). Les États-Unis demeurent responsables de Guam, des Samoa et des îles Vierges américaines, tandis que la France conserve la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie sur la liste onusienne. À cet ensemble s’ajoute Tokélaou, sous administration de la Nouvelle-Zélande, ainsi que le Sahara occidental, territoire anciennement occupé par l’Espagne dont le processus de décolonisation demeure inachevé et dont le statut fait l’objet d’un contentieux international ancien impliquant notamment le Maroc.
 
“Dans plusieurs de ces territoires – souvent de petites îles dépendantes de l’extérieur pour l’énergie, l’alimentation ou la sécurité – la question coloniale se mêle aujourd’hui aux vulnérabilités contemporaines : endettement, dépendance touristique, exposition aiguë aux chocs climatiques. Le débat sur l’autodétermination ne relève plus seulement du droit international, il touche désormais aux modèles économiques et à la capacité concrète de décider de son avenir”, explique l’article de ONU Infos dans son entête sur les droits de l’homme.
 
António Guterres a appelé dans son intervention que chaque cas soit pris indépendamment des autres. Sur les 17 territoires inscrits sur la liste des pays non autonomes de l’ONU, certains revendiquent davantage d’autonomie, d’autres l’indépendance, d’autres encore privilégient le maintien du statu quo pour des raisons économiques ou sécuritaires.
 
Il compte ainsi sur “un dialogue inclusif” associant territoires concernés, puissances administrantes et États membres, “au cas par cas”, conformément à la Charte des Nations unies et aux résolutions pertinentes adoptées par les États membres. Un dialogue que Paris a toujours refusé d’ouvrir concernant la Polynésie française depuis la mise en place du statut d’autonomie.
 
Mais ce dialogue ne doit plus être seulement institutionnel, explique le secrétaire général de l’ONU. Il doit prendre en compte les défis climatiques qui s’annoncent. “La majorité des territoires sont de petites îles”, a-t-il rappelé, où montée des eaux, érosion côtière et événements météorologiques extrêmes “imposent un lourd tribut”. Son appel est sans détour : “Je vous exhorte à placer la résilience et l’adaptation au cœur de vos discussions”.

Rédigé par Bertrand PREVOST le Lundi 16 Février 2026 à 19:32 | Lu 466 fois