​2 millions d’euros pour lutter contre l’ice


Tahiti, le 22 janvier 2026 - La ministre des Outre-mer Naïma Moutchou a adressé jeudi un courrier à tous les élus des territoires français hors de l’Hexagone pour faire le point sur les budgets outre-mer qui seront alloués cette année. 2 millions d’euros sont débloqués par l’État pour lutter contre l’ice au Fenua.
 

Sur un ton rassurant et pédagogue, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a tenu à rappeler aux élus ultramarins, dans un courrier, que “les Outre-mer sont une priorité absolue pour l’ensemble du gouvernement. Leurs spécificités, leurs défis économiques et sociaux, mais aussi leurs atouts exceptionnels exigent une action publique ambitieuse et résolue”.

Il y a deux mois pourtant, les interrogations étaient nombreuses sur le devenir de certaines dotations ou encore sur la défiscalisation nationale qui devait normalement subir un gros coup de rabot.

À l’heure d’attaquer le volet dépenses de ce même Projet de loi de finances 2026, et pour calmer peut-être les velléités ultramarines de voter l’une ou l’autre des motions de censure déposées par le Rassemblement national ou La France insoumise, la ministre est revenue avec des chiffres plus à même de rassurer les élus.

“Le texte qui est soumis à l’adoption du Parlement a beaucoup évolué par rapport à la copie initiale présentée par le gouvernement”, explique-t-elle. “Sous l’impulsion des parlementaires, 1,5 milliard d’euros supplémentaires seront consacrés aux territoires ultramarins dans le budget de l’État et dans celui de la Sécurité sociale en 2026”.

Aussi, l’intégralité des crédits pour les exonérations de charges sociales (Lodeom) sont rétablis pour répondre aux inquiétudes sur “l’effort disproportionné initialement demandé”, afin de “soutenir l’emploi, la compétitivité et les entreprises ultramarines et tenir compte des difficultés liées à l’insularité”.

Des fonds sont aussi sécurisés sur le volet santé avec 100 millions d’euros supplémentaires “afin de lutter contre les inégalités de santé persistantes”.

Sur le sujet, la ministre liste le diabète à La Réunion et aux Antilles, l’hypertension artérielle et la pollution au mercure en Guyane ou encore à la propagation de l’ice en Polynésie française.

Ces mesures sont entrées en vigueur dès le 1er janvier 2026, après l’adoption du projet de loi de financement de la sécurité sociale.
 

Un soutien à la lutte contre l’ice

Pour tordre le cou aux craintes dévoilées par les présidents de région ou par Moetai Brotherson en fin d’année, la ministre des Outre-mer répète dans son courrier que si le budget 2026 de l’État devait être adopté, par un vote ou par un nouvel engagement du gouvernement, “il consacrera une augmentation de 643 millions d’euros en engagements (+22 %) et de 450 millions d’euros en paiements (+16 %) pour la seule mission Outre-mer”. “Cette augmentation bénéficiera à tous les territoires ultramarins, de manière transversale, pour les enjeux ayant trait aux spécificités ultramarines dans leur ensemble, mais aussi de manière plus ciblée en réponse aux besoins et réalités de chaque territoire”, insiste Naïma Moutchou.

Si la réforme du régime d’aide fiscale à l’investissement productif (Rafip), décriée comme imparfaite, imprécise et à l’efficacité difficilement quantifiable, est abandonnée avec un maintien des crédits, les moyens de Ladom sont quant à eux augmentés, dans le texte final, de 10 millions d’euros.

“Enfin”, précise la ministre, “souhaitant apporter rapidement une première réponse, dans l’attente de l’examen du projet de loi visant à lutter contre la vie chère, le gouvernement a souhaité reprendre des amendements abondant d’un million d’euros supplémentaire les Observatoires des prix, des marges et des revenus”. La députée Nicole Sanquer est d’ailleurs partie à Paris mercredi pour discuter de ces amendements en commission à l’Assemblée nationale avec la ferme intention d’y déposer et d’y faire adopter une dizaine d’amendements concernant la Polynésie française, le projet de loi étant quasi-inopérant au Fenua à cause de la répartition des compétences entre le Pays et l’État.
 
Naïma Moutchou, pour sa part, est revenue sur les deux amendements déposés “destinés, d’une part, à renforcer les moyens opérationnels de lutte contre le trafic de stupéfiants pour 2 millions d’euros et, d’autre part, à amplifier les moyens dédiés par le financement d’un employé supplémentaire affecté au comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen)”.

Des rajouts bien maigres cependant.

Rédigé par Bertrand PREVOST le Jeudi 22 Janvier 2026 à 15:54 | Lu 539 fois