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  <title>TAHITI INFOS, les informations de Tahiti</title>
  <description><![CDATA[Le journal d'informations et d'actualités de la Polynésie française. Les nouvelles de Tahiti et ses îles, un agenda, des petites annonces, des commentaires, des vidéos, un forum et un regard sur l'actualité du Pacifique, de la métropole du monde. Egalement une partie magazine: environnement, santé, people, nouvelles-technologies, et insolites. ]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-08-17T00:23:48+02:00</dc:date>
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   <title>TAHITI INFOS, les informations de Tahiti</title>
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   <title>L’association Vahine Orama Tahiti Iti dissoute</title>
   <pubDate>Tue, 04 Mar 2025 03:30:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Anne-Charlotte Lehartel</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualité de Tahiti et ses îles]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/86935268-61752176.jpg?v=1741052594" alt="L’association Vahine Orama Tahiti Iti dissoute" title="L’association Vahine Orama Tahiti Iti dissoute" />
     </div>
     <div>
      <strong>Tahiti, le 3 mars 2025 – À l’approche de la Journée internationale des droits des femmes, l’annonce de la dissolution de l’association Vahine Orama Tahiti Iti sonne comme un échec dans la prise en charge des victimes de violences conjugales à la Presqu’île. Depuis 2023, l’association faisait face à des dissentions internes, qui ont conduit à la fermeture de la permanence à la mairie de Taravao et à la perte des deux locaux d’accueil d’urgence du lotissement Mariani. Abattue, l’ancienne présidente <em>“évincée”</em> reste mobilisée : à 65 ans, Marie-Noëlle Epetahui continue d’héberger des femmes et des enfants chez elle, à Afaahiti. </strong> <br />  &nbsp; <br />   <br />  Le numéro de téléphone de Vahine Orama Tahiti Iti diffusé sur Facebook n’est plus en service. Reconnue pour ses actions concrètes en faveur de la prise en charge des victimes de violences conjugales à la Presqu’île depuis sa création en 2010, l’association s’est fait discrète ces dernières années, durant lesquelles elle a elle-même fait face à des difficultés. <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/86935268-61752180.jpg?v=1741052666" alt="L’association Vahine Orama Tahiti Iti dissoute" title="L’association Vahine Orama Tahiti Iti dissoute" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>​Une “hémorragie” financière  </b></div>
     <div>
       <br />  La joie et le soulagement associés à l’attribution d’un centre d’hébergement d’urgence dans le lotissement Mariani en 2022 ont été de courte durée : aujourd’hui, les fare 1 et 2 sont vides et les jardins sont en friche. Le partenariat avec l’Office polynésien de l’habitat (OPH) et la Direction des solidarités, de la famille et de l’égalité (DSFE) a été mis à mal par des dissensions internes à l’association, à l’origine de son implosion. <em>“L’équipe avait toujours été soudée, jusqu’au moment où il a fallu mettre un cadre professionnel en raison des financements publics pour le loyer et le budget de fonctionnement. De nouvelles personnes sont entrées dans l’association et on n’arrivait plus à s’entendre”</em>, confie Rachaël Bourtache, dont la mère, Marie-Noëlle Epetahui, aurait été <em>“évincée”</em> de la présidence de Vahine Orama Tahiti Iti en juin 2023. <br />  &nbsp; <br />  Une nouvelle présidente a été élue et les problèmes se sont accumulés, la nouvelle équipe en place accusant l’ancienne équipe fondatrice de tous les maux, et vice versa, donnant lieu à plusieurs procédures judiciaires et démissions, ainsi qu’à la fermeture de la permanence à la mairie de Taravao. <br />  &nbsp; <br />  En septembre de la même année, le bureau a été renouvelé une seconde fois. Les rênes de l’association ont été confiées à Rachaël Bourtache, qui a fait face à une <em>“hémorragie”</em> avec des impayés au niveau du loyer, mais aussi du salaire des agents embauchés entre-temps. <em>“Malgré une ultime tentative de rassemblement d'une nouvelle équipe, le ministère ne nous a pas suivis, et la convention de financement pour 2023 n'a pas été respectée. La seconde partie des fonds n’ayant pas été attribuée, l’association s’est retrouvée dans une situation financière critique”</em>, écrit-elle, tout en questionnant <em>“le soutien apporté aux structures investies dans des missions d'intérêt général”</em>. <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/86935268-61752188.jpg?v=1741052704" alt="L’association Vahine Orama Tahiti Iti dissoute" title="L’association Vahine Orama Tahiti Iti dissoute" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>​Retour à la case départ</b></div>
     <div>
       <br />  Le 13 février dernier, la dissolution de l’association a été actée au terme d’une procédure de liquidation judiciaire. Une triste fin, synonyme de retour à la case départ pour Marie-Noëlle Epetahui, au service des femmes battues depuis près de vingt-cinq ans. <br />  &nbsp; <br />  Car pendant ce temps-là, les violences conjugales ne se sont pas arrêtées, bien au contraire. <em>“Je continue à accueillir des victimes chez moi. Depuis dimanche après-midi, j’ai une dame et trois enfants qui sont venus se mettre en sécurité à la maison. Le titre de présidente, ça n’a pas d’importance pour moi : ce qui compte, c’est ma mission d’accompagnement et d’écoute des mamans et des familles brisées”</em>, explique-t-elle. Malgré cette situation précaire, la bénévole assure avoir gardé le lien avec ses principaux partenaires, comme la gendarmerie et l’hôpital, faute d’alternative en matière d’hébergement d’urgence au sud de Tahiti. Chaque année, Vahine Orama Tahiti Iti prenait en charge des dizaines de femmes et enfants, et recevait des appels de détresse quasi quotidiens. <br />  &nbsp; <br />  Contacté ce lundi, le ministère des Solidarités n’a pas donné suite à notre demande d’interview dans l’immédiat. <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti</div>
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   </description>
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   <title>Tous contre les violences conjugales</title>
   <pubDate>Wed, 16 Oct 2019 04:44:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jacques Franc de Ferrière</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualité de Tahiti et ses îles]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/38358367-33521037.jpg?v=1571195045" alt="Tous contre les violences conjugales" title="Tous contre les violences conjugales" />
     </div>
     <div>
      PAPEETE, le 15 octobre 2019 - <b>Dans le cadre du Grenelle des violences conjugales, tous les acteurs de la protection des femmes se sont réunis au haut-commissariat ce mardi pour discuter d'actions concrètes à mettre en place pour protéger les victimes et enrayer le cycle des violences.</b>       <br />
              <br />
       Les chiffres sont alarmants. L'année dernière, 3 femmes et un homme sont morts en Polynésie à cause de violences conjugales. Avec 917 victimes de violences conjugales en 2018, il y a toujours deux fois plus de violences dans les ménages Polynésiens qu'en métropole. Cette année, déjà deux femmes sont tombées sous les coups de l'homme qu'elles aimaient, et selon le procureur, les cas de violence sont encore en hausse. Selon lui, les violences augmentent dans la société, mais la parole se libère également et les femmes sont plus facilement prêtes à porter plainte, exposant encore plus crument le problème.       <br />
              <br />
       C'est pour trouver des solutions concrètes à ce mal social que le Grenelle des violences conjugales a été lancé au niveau national le mois dernier. En Polynésie, une première rencontre entre l'État, le Pays, les communes et les associations a eu lieu ce mardi 15 octobre au haut-commissariat pour faire le point sur les actions en cours et dresser une liste d'actions à réaliser d'urgence.       <br />
              <br />
       Dominique Sorain, le nouveau haut-commissaire, a expliqué à l'issue de cette réunion que <span style="font-style:italic">&quot;l'objectif était de mettre autour de la table les principaux intervenants, les services de l'Etat et du Pays, la justice, les communes, mais aussi les associations dont le rôle est absolument essentiel. Ca a été l'occasion de faire un bilan des nombreuses actions déjà menées. Nous allons nous appuyer sur ce qui a déjà été réalisé pour avancer.&quot;</span>       <br />
              <br />
       <b>IL FAUT PLUS DE CENTRES D'HÉBERGEMENT</b>       <br />
              <br />
       Le représentant de l'État évoque ainsi les avancées au niveau judiciaire, comme la formation des policiers et des gendarmes pour l'accueil des victimes, la simplification des procédures, le développement des ordonnances de protection des victimes pour éloigner les conjoints violents, la mise en place des téléphones <span style="font-style:italic">&quot;Très Grave Danger&quot;,</span> <a class="link" href="https://www.facebook.com/Procureur-de-la-R%C3%A9publique-en-Polyn%C3%A9sie-fran%C3%A7aise-Violences-familiales-1247678191963771/">la page Facebook &quot;Procureur de la république en Polynésie française. Violences familiales&quot;...</a> Toutes ces initiatives portent leurs fruits.       <br />
              <br />
       Le téléphone Très Grave Danger en particulier, une initiative lancée en 2016 mais déployée à grande échelle en 2018, se révèle précieux. C'est un téléphone d'urgence remis à des victimes de violences, qui peuvent contacter les forces de l'ordre si leur conjoint viole l'ordonnance de protection et tente de pénétrer le foyer... Il bénéficie en ce moment même à 12 femmes, qui <span style="font-style:italic">&quot;se sentent bien plus en sécurité, juste en ayant ce téléphone. C'est un dispositif double, il permet l'alerte, mais il permet aussi de mettre en sécurité les victimes et de créer un relai autour d'elles pour qu'elles puissent, à terme, véritablement sortir de ces situations de violence&quot;</span> explique Hélène Geiger, substitut du procureur, référente des violences intrafamiliale. La page Facebook mise en place par le bureau du procureur est également un franc succès, avec une vingtaine de demandes par mois reçues par une juriste qui donne des conseils, redirige les victimes et peut même activer la machine judiciaire pour aider les internautes.        <br />
              <br />
       Le procureur général Thomas Pison a aussi insisté sur les initiatives pour réformer les auteurs de violences. <span style="font-style:italic">&quot;Il n'y a pas que la prison comme réponse, nous travaillons aussi sur la prise en charge des agresseurs avec des stages de prévention.&quot;</span>       <br />
              <br />
       Après ce bilan des actions en cours, les annonces sur les nouvelles actions à venir semblaient minces. Edouard Fritch a ainsi annoncé qu'une maison à Taravao <span style="font-style:italic">&quot;sera attribuée à l'association Vahine Orama – Tahiti Iti pour créer un centre d'hébergement d'urgence&quot;</span> pour les femmes battues de la presqu'île. Dominique Sorain, de son côté, confirme que <span style="font-style:italic">&quot;nous avons besoin de capacités d'accueil supplémentaires, réparties sur l'ensemble du territoire. Il faut également élargir ceux qui participent à cette action de détection des victimes, notamment les professionnels de la santé, donc à l'hôpital, dans les cliniques, les médecins, les infirmiers, qui doivent aussi pouvoir signaler ces violences. Il faut également améliorer encore plus l'accueil des victimes dans les services de la police et de la gendarmerie pour faire en sorte que les personnes puissent être accueillies discrètement, accompagnées, conseillées. La justice de son côté travaille toujours avec les associations, le Pays et les forces publiques à améliorer l'accueil pour le dépôt des plaintes et accélérer leur traitement. Les mutoi ont aussi un rôle à jouer, notamment dans les îles éloignées où il est beaucoup plus difficile pour les victimes de voir leur situation prise en compte.&quot;</span>       <br />
              <br />
       Après ces premières mesures, des groupes de travail vont être mis en place pour suivre l'avancée de ces promesses.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Où demander de l'aide en cas de violences conjugales</b></div>
     <div>
      En cas de danger immédiat, appelez le 17 pour avoir la gendarmerie ou la DSP. La police municipale peut également aider.       <br />
              <br />
       <b>Plusieurs associations peuvent vous écouter, vous conseiller et vous venir en aide :</b>       <br />
              <br />
       - Vahine Orama, la fédération pour la lutte des violences faites aux femmes, est tenue par des bénévoles qui aident immédiatement les femmes victimes de violences.       <br />
       • Vahine Orama Tahiti Iti : 87 38 02 74 - 87 24 81 67       <br />
       • Vahine Orama Moorea : 87 38 02 73 - 87 71 48 25       <br />
       • Vahine Orama no Raromatai : 87 25 32 32       <br />
              <br />
       - Te Rama Ora va vous accueillir et vous écouter en toute confidentialité. Les juristes de l'association pourront vous informer sur les procédures et sur vos droits, puis vous accompagner dans vos démarches. 40 43 20 41 / 87 79 21 12 / 87 76 52 50       <br />
              <br />
       - Pu O Te Hau, le foyer d'accueil pour femmes battues avec enfants. 40 43 56 72       <br />
              <br />
       <b>Parmi les institutions publiques dédiées à la protection des femmes :</b>       <br />
              <br />
       - Le Centre d’Information des Droits des Femmes et des Familles pourra vous accueillir, vous conseiller et vous orienter. 40 45 01 20       <br />
              <br />
       - La direction des Affaires Sociales pourra aider les personnes bénéficiaires du RSPF ou au RNS (40 46 58 46 ou dans leurs nombreux bureaux communaux)) tandis que le service des Affaires Sociales de la CPS pourra orienter les salariées (40 41 68 27).       <br />
              <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Marie-Noël Epetahui de l'association Vahine Orama – Tahiti Iti</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/38358367-33521049.jpg?v=1571195269" alt="Tous contre les violences conjugales" title="Tous contre les violences conjugales" />
     </div>
     <div>
      <b>Vous réclamez depuis des années un centre d'hébergement d'urgence pour les femmes de la Presqu'île, mais ce n'est pas encore fait...</b>       <br />
       Oui on le demande parce qu'il n'y a rien à la presque île, depuis le début de mon action et jusqu'à aujourd'hui. J'héberge les femmes victimes de violences chez moi, souvent avec leurs enfants. Donc je demande un logement pour les accueillir pendant la crise, car c'est pendant la crise qu'il faut discuter avec elles et leur laisser le temps de réfléchir, se préparer pour aller plus loin comme le centre d'hébergement en ville, Pu O Te Hau. Donc je veux juste un centre d'urgence, pour trois jours. Une maison de quatre ou cinq chambres. Le Président a dit qu'ils pourraient nous affecter une maison à Taravao dans un lotissement en rénovation... On verra bien.       <br />
              <br />
       <b>L'État et le Pays ont insisté sur le fait qu'ils comptent sur les associations. Mais avez-vous assez de moyens ?</b>       <br />
       Les associations n'ont rien non plus. Nous on compte sur le gouvernement pour qu'il nous donne les moyens et qu'on puisse travailler bénévolement. Il faut encore faire un gros effort, il faudrait qu'ils soient à côté de moi au quotidien pour voir l'ampleur des problèmes... Mais ils ont donné il n'y a pas longtemps une voiture et des frais de fonctionnement à l'association, donc il y a des choses qui se font. Et la police municipale, les pompiers et la gendarmerie m'aident beaucoup. Je ne suis pas toute seule.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti</div>
   ]]>
   </description>
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  </item>

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   <title>"Je me dis toujours que c'est de ma faute" (Leila, femme battue)</title>
   <pubDate>Mon, 27 Nov 2017 06:00:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Actualité de Tahiti et ses îles]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/18461962-22613521.jpg?v=1511675578" alt=""Je me dis toujours que c'est de ma faute" (Leila, femme battue)" title=""Je me dis toujours que c'est de ma faute" (Leila, femme battue)" />
     </div>
     <div>
      <b>TAIARAPU EST, le 26/11/2017 - Leila* vit un calvaire depuis plusieurs années. Elle reçoit souvent des coups et des insultes de la part de son conjoint. &quot;Tu es bête&quot; ou encore &quot;tu ne sais pas parler&quot;, autant d'humiliations qui ont poussé dernièrement Leila* à penser au suicide. Fragile et perdue, Leila* vit quotidiennement dans la peur. Elle s'est confiée anonymement à Tahiti Infos.</b>       <br />
              <br />
       Leila* et moi, nous nous sommes rencontrées à Taravao, lors de la journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes. L'approche n'a pas été facile, et il a fallu bien négocier avec elle, avant d'obtenir son accord. Mais, pour ne pas éveiller les soupçons de son conjoint - qui était en train de discuter un peu plus loin avec ses amis - nous nous sommes rendues séparément à l'étage, dans le bureau de la présidente de l'association &quot;<span style="font-style:italic">Vahine Orama de Tahiti Iti</span>&quot;, Marie-Noëlle Epetahui.       <br />
              <br />
       Une fois là-haut, je ressens la peur dans les yeux de cette femme meurtrie. &quot;<span style="font-style:italic">Il va falloir faire vite, sinon, il va se douter de quelque chose</span>&quot;, lance-t-elle d'entrée.        <br />
              <br />
       Avec mon enregistreur, on commence son interview. À ma première question : &quot;<span style="font-style:italic">Vous vous faites battre souvent par votre conjoint ?</span>&quot;, Leila* a eu une réponse assez surprenante, ou du moins à laquelle je ne m'y attendais pas. &quot;<span style="font-style:italic">Je ne peux pas dire battre, peut-être que c'est ma façon de parler.</span>&quot; Là, j'ai vite compris que cette femme était réellement dans la détresse, et qu'il fallait réagir.       <br />
              <br />
       Plus les minutes passent, plus cette conviction se confirme. Son témoignage est si poignant que j'en ai eu des frissons et les larmes aux yeux.        <br />
       <b>       <br />
       NEUF ANS DE CALVAIRE</b>       <br />
              <br />
       Leila*, 52 ans et son conjoint vivent à la Presqu'île.       <br />
              <br />
       Si tout se passait pour le mieux au début de leur rencontre, les choses ont vite changé, quelques mois plus tard. Au début, ce sont des insultes, puis viennent les coups. Et, &quot;<span style="font-style:italic">lorsque je subis des violences, je reste dans mon coin et je me dis que c'est de ma faute</span>&quot;.        <br />
              <br />
       Les disputes continuent. &quot;<span style="font-style:italic">Il aime bien me dire que je suis bête, que je ne sais pas parler. Il aime me rabaisser, il me traite de folle dingue, je ne sais rien faire, des mots durs qui font mal et qui nous irritent. Et, il y a peu, j'ai commencé à lui répondre, malgré ma maladie. Dès fois, je me dis que je ne sais pas parler, donc je préfère me taire.</span>&quot;       <br />
              <br />
       Dès fois, &quot;<span style="font-style:italic">je vais devant la glace pour me regarder</span>&quot;. Et c'est en pleurs qu'elle regarde son visage meurtri, &quot;<span style="font-style:italic">parce que je n'étais pas comme ça avant. J'étais une femme remplie de joie, maintenant tout a changé.</span>&quot; Toujours amoureuse de son conjoint, Leila* arrive même à lui trouver des excuses, malgré tout. &quot;<span style="font-style:italic">Je me dis aussi que si cette personne est agressive, c'est sûrement parce qu'elle a été tapée quand elle était enfant. Mais ce n'est pas une raison de ramener sur moi.</span>&quot;        <br />
              <br />
       &quot;<span style="font-style:italic">J'ai 52 ans et je souffre encore aujourd'hui</span>&quot;, et là encore, elle culpabilise. &quot;<span style="font-style:italic">Après, je me dis toujours que c'est de ma faute. Heureusement que je ne bois pas, sinon je vais passer mon temps à boire.</span>&quot; Il n'y a pas longtemps d'ailleurs, la mère de famille a encore reçu des coups, et ce sera la fois de trop. &quot;<span style="font-style:italic">Ma voisine est allée déposer une plainte</span>&quot;, et son tāne a, bien sûr, rejeté la faute sur Leila*. &quot;<span style="font-style:italic">Il a dit aux gendarmes que je crie et que je suis bête.</span>&quot;       <br />
              <br />
       Une situation qui a failli aboutir sur un drame. &quot;<span style="font-style:italic">Une fois, il y avait la corde devant moi et j'ai regardé les bois de la toiture. J'avais pensé à passer à l'acte, tellement je suis remplie de colère et de souffrance. Mais, avant de franchir le pas, une voix intérieure m'a dit : &quot;Tu ne vas pas mourir pour cette personne-là. On a besoin de toi.&quot; Donc, je me suis arrêtée</span>.&quot;       <br />
              <br />
       &quot;<span style="font-style:italic">J'ai cinq enfants d'un premier lit. Mais je ne veux pas aller chez eux. Je ne veux pas les déranger, ils ont leur vie. Je préfère porter mon fardeau</span>.&quot;        <br />
              <br />
       Depuis la semaine dernière, Leila* est suivie par l'association &quot;<span style="font-style:italic">Vahine Orama de Tahiti Iti</span>&quot;. &quot;<span style="font-style:italic">Je suis venue ici, par l'intermédiaire d'une autre personne. Avant je baissais toujours les yeux, j'allais dans un coin et je ne parlais à personne</span>.&quot;       <br />
              <br />
       Même si elle se sent accompagnée, Leila* ne peut s'empêcher de retrouver son conjoint, de peur de subir de nouveau, des violences. &quot;<span style="font-style:italic">Il a tendance à me critiquer devant les gens, lorsqu'on lui pose des questions. Donc, c'est ma version contre la sienne. Mais je leur dis toujours que quand on se retrouve dans la chambre, c'est entre lui et moi. Je suis la seule à réellement le connaitre</span>.&quot;       <br />
              <br />
       &quot;<span style="font-style:italic">J'ai besoin de parler avec quelqu'un</span>&quot;, lâche Leila, en pleurs.       <br />
              <br />
       &quot;<span style="font-style:italic">On est membres tous les deux de l'Eglise mormone. On connait nos principes, je connais la bible. Et quand je mets un pied en avant, eh bien, il met son pied en arrière et on tombe. Mais, quand je fais ma prière, je demande aussi à ce qu'on l'aide</span>&quot;, raconte Leila*.       <br />
              <br />
       Malgré sa souffrance, Leila* garde espoir qu'un jour son calvaire prenne fin. Et le fait de se retrouver avec d'autres femmes battues de l'association lui fait du bien. &quot;<span style="font-style:italic">Je souffre jusqu'à présent, mais je sais que je peux m'en sortir</span>&quot;, dit-elle avant de sortir du bureau.       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       (*) prénom d'emprunt       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/18461962-22613522.jpg?v=1511675643" alt=""Je me dis toujours que c'est de ma faute" (Leila, femme battue)" title=""Je me dis toujours que c'est de ma faute" (Leila, femme battue)" />
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      <b>Marie-Noëlle Epetahui, 58 ans       <br />
       Présidente de l'association &quot;Vahine Orama de Tahiti Iti&quot;</b>       <br />
       <b>       <br />
       Comment êtes-vous tombée dans ce milieu ?</b>       <br />
       &quot;<span style="font-style:italic">Je suis une femme qui aime aider son prochain, et j'ai vu sur la Presqu'île qu'il y avait des membres de Vahine Orama qui recevaient des femmes battues. Je voulais voir comment ça se passait, parce que lorsque j'étais une enfant, je voyais des femmes qui se renfermaient sur elles-mêmes, et qui ne connaissaient pas leurs droits. En 2006, je suis entrée dans cette association.</span>&quot;       <br />
       <b>       <br />
       Quelle est votre première approche lorsque vous rencontrez des femmes battues ?</b>       <br />
       &quot;<span style="font-style:italic">J'écoute d'abord les femmes lorsqu'elles viennent me voir. Quand une personne pleure devant moi, je ne lui demande pas si elle va bien, non. Je lui dis &quot;mai&quot; (viens), et elle se confie automatiquement, je n'ai même pas besoin de lui poser des questions. Ensuite, nous échangeons jusqu'à ce qu'on arrive à la raison de cette violence. Et, c'est là que je lui demande ce qu'elle attend vraiment de moi. Parce que lorsque je parle avec ces femmes battues, je leur donne des conseils, et pour la plupart des cas, ce sont des conseils qu'elles n'ont pas envie d'entendre. Mais elles n'ont pas vraiment le choix, je ne suis pas une personne qui tourne autour du pot, je suis directe. Une fois cette étape terminée, je les oriente vers les personnes adéquates, soit la gendarmerie ou l'assistante sociale. Tout dépend de la gravité de la situation. Si elle a été battue, je lui dis d'aller chercher un certificat médical et de se rendre ensuite à la gendarmerie pour porter plainte. Mais attention, lorsqu'on porte plainte, il ne faut pas retourner dans les bras de l'auteur, pour se faire taper de nouveau. Aujourd'hui, on voit aussi des hommes qui se font battre par leurs femmes. Beaucoup viennent me voir pour me poser des questions, et connaitre les démarches à suivre.</span>&quot;       <br />
              <br />
       <b>Quel est le principal facteur de ces violences ?</b>       <br />
       &quot;<span style="font-style:italic">Le principal facteur est la jalousie, vient ensuite le vécu de l'enfance, puis l'alcool.</span>&quot;       <br />
              <br />
       <b>Recevez-vous également les auteurs des coups ?</b>       <br />
       &quot;<span style="font-style:italic">Oh oui, et c'est choquant aussi pour moi de les voir. J'ai reçu un homme il n'y a pas longtemps, parce que sa femme avait porté plainte contre lui, et il ne savait plus quoi faire. Il avait peur d'aller en prison, et il voulait se suicider. Il a fait une tentative de suicide, mais je l'ai raisonné. Je suis intervenue quatre fois chez lui, et j'ai vu comment il parlait avec sa femme. À chaque fois, je lui disais de ne pas faire ceci, cela. Un jour, il est venu me voir. Nous avons bien discuté, et il s'en sort bien aujourd'hui parce qu'il a reconnu son acte. Alors qu'au début, il était toujours en train d'accuser sa femme. Je lui ai dit que s'il continuait à ce rythme-là, il allait perdre sa femme. J'ai même rajouté que si j'étais à la place de sa femme, je l'aurai déjà quitté. J'ai répété 4 fois la même chose et il avait compris mon message</span>.&quot;       <br />
       <b>       <br />
       Y'a-t-il beaucoup de femmes battues qui retournent avec leur tāne ?</b>       <br />
       &quot;<span style="font-style:italic">Et ce qui me fait mal, c'est ce que je vois dans les journaux, alors que j'ai tout fait. On a essayé. La femme est libre de son choix, elle connait ses droits. Tu ne peux pas forcer la personne. Si elle tombe, tu ne peux plus rien faire. Le plus important est de sensibiliser et d'informer les personnes sur les droits de chacun. Depuis 2006, j'ai aidé plus de 9 000 femmes</span>.&quot;       <br />
              <br />
       <b>Que pensez-vous de la Polynésie de nos jours ?</b>       <br />
       &quot;<span style="font-style:italic">Avec toutes ces femmes qui meurent, qui sont maltraitées… J'ai mal au cœur. Je me dis qu'elles n'ont pas pu supporter et que ce n'est pas de leurs fautes. Et je suis sûre qu'au fond de leurs cœurs, elles appelaient au secours. Il y a des personnes qu'on n'écoute pas du tout et qui se réfugient dans l'alcool. Je suis une personne qui est attentive à tout. Donc, il y a des gestes qui font que j'arrive à percevoir que telle personne est battue.</span>&quot;       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/18461962-22613524.jpg?v=1511675643" alt=""Je me dis toujours que c'est de ma faute" (Leila, femme battue)" title=""Je me dis toujours que c'est de ma faute" (Leila, femme battue)" />
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     <div>
      <b>Wendy Otomimi       <br />
       Directrice adjointe de l'association &quot;Te Rama Ora&quot;</b>       <br />
              <br />
       <b>Quel est le constat aujourd'hui par rapport aux femmes battues ?</b>       <br />
       &quot;<span style="font-style:italic">Il y a de plus en plus de révélations dues aux campagnes de sensibilisation et aux associations de proximité, comme Vahine Orama. Ça peut aider la victime à s'exprimer par rapport à cette violence. Les femmes osent en parler, aujourd'hui</span>.&quot;       <br />
              <br />
       <b>Quel est le parcours lorsqu'une personne dépose plainte pour violences ?</b>       <br />
       &quot;<span style="font-style:italic">La victime, dès qu'elle est violentée, dépose plainte. Donc, la plainte peut se faire en gendarmerie ou à la police, dans n'importe quelle commune. Une fois que la plainte est déposée, une enquête est ouverte. Forcément, l'auteur de ces violences est interrogé sur ce qui s'est passé, et éventuellement les témoins s'il y en a. Ensuite, cette procédure sera transmise au procureur, et ce sera lui qui décidera des poursuites à mener contre l'auteur de ces violences. Donc, forcément, s'il y a des poursuites qui sont menées, la victime et l'auteur seront convoqués à une audience. Et un magistrat sera amené à statuer sur la condamnation. Il abordera aussi la question de la réparation de la victime, celle-ci a des possibilités à demander des dommages et intérêts pour ce qu'elle a subi.</span>&quot;       <br />
              <br />
       <b>Combien de temps dure en général une procédure ?</b>       <br />
       &quot;<span style="font-style:italic">Elle peut durer plusieurs années, si notamment, il y a un viol conjugal, par exemple. On n'en parle pas beaucoup parce que les personnes dans le couple pensent qu'ils se sont mis en couple, donc forcément, on consent à l'acte sexuel. Alors que non. C'est ton corps et tu choisis si tu consens ou non à un acte sexuel. Le public a tendance à croire qu'ils sont mariés, donc forcément, tu dois le faire, alors que non. Il faut savoir que la loi punit le viol conjugal, comme étant un crime, et ça fait partie des infractions les plus graves. Donc, l'enquête va mettre un peu plus de temps et la procédure aussi.</span>&quot;       <br />
       <b>       <br />
       Les femmes sont-elles nombreuses à retirer leurs plaintes, par la suite ?</b>       <br />
       &quot;<span style="font-style:italic">Régulièrement, les victimes retirent leurs plaintes. Dans le couple, il y a les frustrations et à un moment donné, il y a une explosion. Donc, qu'est-ce qui se passe ? Soit, on passe à l'acte verbalement, soit c'est physiquement. Ensuite, chacun part de son côté pour faire un débriefing sans réellement résoudre le problème. Et le soir, on se retrouve sous le même toit et on se réconcilie. Au fur-et-à-mesure, c'est comme un vase qui se remplit, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase et on passe à l'acte. Dans ce cycle-là, les personnes vont déposer plainte tout de suite après l'acte, ensuite, il y a cette réconciliation. Donc, la victime, en général, retourne voir la gendarmerie ou la police pour retirer sa plainte. Il faut savoir que le retrait de la plainte ne va pas faire échec à la procédure. Le procureur peut poursuivre sans la victime. Si l'enquête révèle qu'il y a eu une violence qui a été infligée à une personne, il y a une infraction qui a été commise. Donc, il y a une poursuite.</span>&quot;        <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/18461962-22613529.jpg?v=1511675643" alt=""Je me dis toujours que c'est de ma faute" (Leila, femme battue)" title=""Je me dis toujours que c'est de ma faute" (Leila, femme battue)" />
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      <b>TÉMOIGNAGE ANONYME D'ENFANTS       <br />
              <br />
       Elsa, 11 ans et son petit frère Maui, 9 ans       <br />
              <br />
       &quot;Je n'oublierai jamais ce que j'ai vu&quot;</b>       <br />
              <br />
       &quot;<span style="font-style:italic">J'ai vu mon papa taper ma maman plusieurs fois. Il tapait souvent sur la tête, et je pleurais dans ma chambre. J'avais trop peur. C'était tous les jours comme ça. Avant que mon frère arrive, mon papa tapait ma maman, et elle a même failli faire une fausse couche. Il donnait des coups de poings sur le ventre de ma maman. Il ne voulait pas que mon petit-frère naisse. À l'école, j'étais toute seule dans mon coin et je me suis confiée à mamie. Aujourd'hui, on vit avec mamie. Mais je n'oublierai jamais ce que j'ai vu. Ils sont toujours ensemble et ça va mieux parce que ma mamie a dit à mon papa de ne plus taper ma maman, sinon, elle gardera mon petit-frère définitivement</span>.&quot;       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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     </div>
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     <div style="position: relative;">Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti</div>
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   </description>
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   <link>https://www.tahiti-infos.com/Je-me-dis-toujours-que-c-est-de-ma-faute-Leila-femme-battue_a166794.html</link>
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