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 <title>TAHITI INFOS, les informations de Tahiti</title>
 <subtitle><![CDATA[Le journal d'informations et d'actualités de la Polynésie française. Les nouvelles de Tahiti et ses îles, un agenda, des petites annonces, des commentaires, des vidéos, un forum et un regard sur l'actualité du Pacifique, de la métropole du monde. Egalement une partie magazine: environnement, santé, people, nouvelles-technologies, et insolites. ]]></subtitle>
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 <updated>2026-09-20T18:49:08+02:00</updated>
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   <title>Au cœur de la Saga (5/5) – Heivini Le Gléau : “Tellement à dire et à montrer”</title>
   <updated>2026-08-08T18:46:00+02:00</updated>
   <id>https://www.tahiti-infos.com/Au-coeur-de-la-Saga-5-5-Heivini-Le-Gleau-Tellement-a-dire-et-a-montrer_a239009.html</id>
   <category term="Actualité de Tahiti et ses îles" />
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   <published>2026-08-07T17:09:00+02:00</published>
   <author><name>Anne-Charlotte Lehartel</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/97607562-67967476.jpg?v=1786065679" alt="Au cœur de la Saga (5/5) – Heivini Le Gléau : “Tellement à dire et à montrer”" title="Au cœur de la Saga (5/5) – Heivini Le Gléau : “Tellement à dire et à montrer”" />
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     <div>
      <strong>Tahiti, le 7 août 2026 – Cette année, la Saga jette l’ancre à Tautira du 5 juillet au 9 août. Pendant ces cinq semaines de vacances tournées vers la navigation pour 720 enfants de Tahiti et des îles, nous vous embarquons aux côtés de quelques-unes des nombreuses personnes qui contribuent à la réussite de cette initiative solidaire. Aujourd’hui, rencontre avec Heivini Le Gléau, à la fois l’œil et la plume de la Saga, qui relaie sur les réseaux sociaux le quotidien des enfants et des encadrants sur terre, en mer et vu du ciel. </strong> <br />  &nbsp; <br />   <br />  Immortaliser la Saga, c’est la mission de Heivini Le Gléau depuis un peu plus de trois ans. Chaque année, pendant plusieurs mois, le jeune homme de 34 ans devient le community manager de l’événement, gérant à la fois les photos et vidéos sur site, puis le montage et l’édition, et enfin les publications sur <a class="link" href="https://www.facebook.com/sagatahiti" target="_blank">Facebook</a>  et <a class="link" href="https://www.instagram.com/sagatahiti/" target="_blank">Instagram</a>. C’est d’ailleurs au retour d’une matinée sur l’eau qu’il a répondu à nos questions sur la base nautique du parc Teafa de Tautira. <br />  &nbsp; <br />  S’il a déjà accompagné la Saga à Huahine, Bora Bora, Papeari et Tautira, Heivini Le Gléau est avant tout originaire de Taravao. Après une licence à l’Isepp, il a suivi un master en communication à l’université catholique de l’Ouest, à Angers. Après avoir travaillé dans plusieurs entreprises et enseigné au Fenua, il a créé, avec sa compagne, sa propre entreprise, Kotaha. Aussi à l’aise sur terre que sous l’eau avec son caisson ou dans les airs en tant que télépilote de drone, il est sollicité à la fois par la Fédération tahitienne de surf et pour des mariages. <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Embarquement en 2023 à Huahine</b></div>
     <div>
       <br />  C’est par un heureux hasard qu’il a rejoint l’aventure de la Saga. <em>“Avant, j’étais un peu comme tout le monde. On voit passer quelques infos à la télé et on aperçoit les voiles au loin pendant les vacances, mais on ne sait pas tout ce qui s’y passe vraiment”</em>, se souvient Heivini Le Gléau. <em>“C’est grâce à un ami, John Teipoarii, qui travaille chez Matarai et qui se chargeait des vidéos ‘highlight’. La dernière semaine, il n’était pas disponible et il m’a proposé de prendre le relais. J’ai fait une semaine à la Saga Huahine. C’est là que tout a démarré : au lieu d’une courte vidéo, j’ai fait un petit documentaire de 17 minutes avec beaucoup d’interviews. À la fin, Tina et Doudou m’ont demandé si je pouvais continuer l’aventure et je suis toujours là aujourd’hui !” </em> <br />  &nbsp; <br />  Le jeune homme confie avoir <em>“pris une claque”</em> en réalisant l’ampleur du dispositif de la Saga. Au-delà des images, il s’est donc donné pour mission de partager le quotidien des enfants, mais aussi de toutes les personnes qui s’occupent d’eux. <em>“À Bora Bora, j’ai découvert la Saga en profondeur : qui sont ces jeunes, d’où viennent-ils, quelle est leur histoire, qui les accompagnent, qu’est-ce que ça représente pour eux ? Ils sont là pour s’amuser, mais apprendre à les connaître, c’est apprendre à connaître la Saga”</em>, remarque-t-il. Son objectif est clair : <em>“Montrer la joie que la Saga procure à ces enfants et les liens qui se créent. Il y a quand même un gros staff derrière... Mis à part les moniteurs qui font un travail remarquable, il y a les animateurs, la direction du centre de vacances et de l’école de voile de Arue : tous ces gens qui travaillent dans l’ombre pendant des mois pour offrir à 720 enfants une semaine de bonheur. Ce ne sont pas des blagues : ça se voit sur leur visage qu’ils sont heureux et plus ouverts. Il y a tellement de choses à dire et à montrer !”</em> <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/97607562-67967483.jpg?v=1786065899" alt="Au cœur de la Saga (5/5) – Heivini Le Gléau : “Tellement à dire et à montrer”" title="Au cœur de la Saga (5/5) – Heivini Le Gléau : “Tellement à dire et à montrer”" />
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Immortaliser la Saga</b></div>
     <div>
       <br />  Entre la vie en communauté à terre et les groupes bien distincts en mer, les jours et les semaines se suivent et ne se ressemblent pas à la Saga. Le programme s’adapte aux conditions météorologiques, avec quelques incontournables pour le chargé de communication de l’équipe. <em>“Généralement, le lundi, je fais les photos des douze groupes et des photos d’ambiance. Les enfants sont un peu timides au début, moins à la fin de la semaine”</em>, confie-t-il. Après avoir testé l’option de la discrétion, il opte désormais pour le contact direct qui n’efface pas les sourires, bien au contraire : <em>“Ils n’ont pas le droit aux téléphones sur le site, donc les seuls souvenirs qu’ils ont, ce sont mes photos et vidéos.”</em> <br />  &nbsp; <br />  Il garde aussi en mémoire sa première grande conversation avec Henri Cornette de Saint-Cyr, dit Doudou, le fondateur de la Saga, qui s’était livré sur ses motivations face aux traumatismes vécus par certains enfants. <em>“Que ce soit à Tahiti ou dans les îles, on se rend compte que tous les enfants n’ont pas la même chance dans la vie. Beaucoup d’entre eux ne sont pas là pour rien... Il y a beaucoup à faire pour tous ces enfants et la Saga y contribue”</em>, confie avec émotion Heivini Le Gléau, lui-même papa de deux enfants. <br />  &nbsp; <br />  Embarqué dans la Saga, le jeune homme est d’autant plus déterminé à faire avancer le navire. Une mission qui passe aussi par un réseau de partenaires publics et privés, de généreux donateurs qu’ils ne faut pas oublier. <em>“La Saga vit grâce à ces partenariats. Ils sont une centaine, donc pour qu’ils puissent avoir des retours concrets, j’ai mis en place un dossier de sponsoring selon le niveau de parrainage”</em>, explique le community manager, conscient que ses textes, photos et vidéos peuvent aussi toucher de futurs bienfaiteurs : <em>“J’encourage la population et les entreprises à s’informer sur le vrai fond de la Saga. Des dossiers sont prêts et il ne faut pas hésiter à devenir parrain ou partenaire. Pareil lors des ventes de tee-shirts et les collectes de goûters, vous pouvez contribuer directement, y compris en donnant quelques heures de votre temps en devenant bénévole. Ensemble, on peut faire de grandes choses : chaque geste, petit ou grand, apporte du bonheur à des enfants.”</em> <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Des souvenirs mémorables</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/97607562-67967490.jpg?v=1786066050" alt="Au cœur de la Saga (5/5) – Heivini Le Gléau : “Tellement à dire et à montrer”" title="Au cœur de la Saga (5/5) – Heivini Le Gléau : “Tellement à dire et à montrer”" />
     </div>
     <div>
      Heivini Le Gléau a des milliers de souvenirs en mémoire. Cette année, à Tautira, il a notamment été touché par l’histoire de Kelly, jeune fille sourde et muette, interviewée avec le soutien de son accompagnatrice pour la traduction. <em>“Je me suis rendu compte que c’était une pipelette ! Ce qui était encore plus incroyable, c’est que les enfants de son groupe, comme son amie Leia, ont appris la langue des signes. L’inclusion s’est faite dans le sens inverse, et c’était... waouh ! C’est cette magie de la Saga que je cherche à partager”</em>, confie-t-il. <br />  &nbsp; <br />  Autre temps fort en 2024, à Bora Bora, où la Saga a laissé son empreinte dans le lagon grâce à une prise de vue aérienne mémorable. <em>“Le beach capitain m’a dit qu’il avait envie de faire une photo incroyable. J’ai suivi direct : il voulait écrire ‘I love Saga’. Il a managé toutes les équipes sur l’eau et c’était prêt en moins d’une heure. J’ai posté la photo le soir-même et ça a été un grand succès. On l’a même imprimée pour Doudou pour son départ à la retraite. Ça m’a marqué, avec tous les enfants d’un coup !”&nbsp;</em>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tahiti-Infos, le site N°1 de l'information à Tahiti</div>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>Le phénomène "Allo, qui sait quoi?"</title>
   <updated>2018-02-22T21:28:00+01:00</updated>
   <id>https://www.tahiti-infos.com/Le-phenomene-Allo-qui-sait-quoi_a169334.html</id>
   <category term="Actualité de Tahiti et ses îles" />
   <photo:imgsrc>https://www.tahiti-infos.com/photo/art/imagette/20353707-23869699.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2018-02-22T06:00:00+01:00</published>
   <author><name>Jacques Franc de Ferrière</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/20353707-23869982.jpg?v=1519266714" alt="Le phénomène "Allo, qui sait quoi?"" title="Le phénomène "Allo, qui sait quoi?"" />
     </div>
     <div>
      PAPEETE, le 21 février 2018 - <b>Forum public, repère de bons plans, promoteur de la solidarité... Le groupe Facebook &quot;Allo, qui sait quoi?&quot; n'a que trois ans, mais est devenu incontournable en Polynésie. Nous avons rencontré la fondatrice et principale modératrice de ce groupe, Rarahu, qui nous raconte comment une discussion entre amis est devenu un phénomène de société.</b>       <br />
              <br />
       Vous connaissez l'archipel des ISLV (Îles sous-le-Vent) et celui des IDV (Îles du Vent). Mais connaissez-vous l'archipel AQSQ, peuplé par les Allôiens ? Avec 71 500 habitants échangeant des renseignements, des bons plans et discutant de tout et de rien, c'est un village particulièrement actif.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/20353707-23869682.jpg?v=1519266778" alt="Le phénomène "Allo, qui sait quoi?"" title="Le phénomène "Allo, qui sait quoi?"" />
     </div>
     <div>
      Il s'agit bien sûr du célébrissime groupe Facebook <span style="font-style:italic">&quot;Allo, qui sait quoi?&quot;</span>, fondée en décembre 2014 à partir de l'idée lumineuse d'un Polynésien qui voulait promouvoir la solidarité et l'entraide sur les réseaux sociaux, au moment où tous les groupes Facebook importants avaient un but commercial. Une idée qui se répand aujourd'hui dans le reste du monde, avec un Allo, Qui Sait Quoi qui a été créé à Nouméa et un autre à Montpellier.       <br />
              <br />
       Aujourd'hui, AQSQ est la plus importante page Facebook polynésienne tenue par des bénévoles, donc en ne comptant pas celles appartenant à des entreprises (Par exemple Air Tahiti Nui a 293 000 fans sur Facebook) ou à un média traditionnel (Tahiti Infos, Polynésie Première, TNTV, La Dépêche et Radio 1 ont tous plus de fans que AQSQ).       <br />
              <br />
       Mais <span style="font-style:italic">&quot;Allo, qui sait quoi?&quot;</span> sert un but bien différent, il ne vise pas à générer de l'argent mais à rendre service à la communauté, qui le lui rend bien. Avec plus de 100 nouveaux messages par jour générant des milliers de commentaires, grossissant encore avec des centaines de nouveaux membres par mois, AQSQ est un espace public qui ne ressemble à aucun autre au fenua. Même la créatrice du groupe, interviewée en encadré de cet article, a été surprise par le succès considérable de sa petite page <span style="font-style:italic">&quot;créée avec ses amis&quot;.</span> Gérer le groupe, les demandes d'ajout et la modération des publications est même devenu un emploi à mi-temps pour elle... Une tâche qu'elle accomplit bénévolement, puisqu'elle refuse de monétiser son immense plate-forme.       <br />
              <br />
       <b>FAKE NEWS, RUMEURS ET ATTAQUES</b>       <br />
              <br />
       Elle est également confrontée à tous les maux de Facebook. Les <span style="font-style:italic">&quot;fake news&quot;</span> pullulent, partagées par des internautes bien intentionnés mais très mal renseignés. Elle doit s'évertuer à vérifier la fiabilité des sources citées par les Allôiens, ce qui avec l'expérience la conduit à privilégier le travail des vrais journalistes, qui vérifient leurs sources et s'évertuent à vérifier tous les tenants et aboutissants d'une information avant de la publier...       <br />
              <br />
       Les rumeurs vont aussi bon train, comme cette publication du mardi 20 février au soir sur le groupe, faisant état d'une énorme bagarre générale à Punaauia. Une simple blague, qui a été prise au sérieux par de nombreux internautes pendant plusieurs heures avant d'être vue et supprimée par les modérateurs du groupe. Elle est aussi confrontée à l'obligation légale de supprimer les propos injurieux ou diffamatoires qui lui sont signalés, de bannir les internautes agressifs qui polluent le débat ou publient les noms et photos de leurs ennemis jurés... Et elle subit régulièrement des menaces et des pressions. Une passion qui n'est donc pas de tout repos.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/20353707-23869683.jpg?v=1519266224" alt="Le phénomène "Allo, qui sait quoi?"" title="Le phénomène "Allo, qui sait quoi?"" />
     </div>
     <div>
      Et on comprend l'ampleur du travail à faire sur AQSQ quand on y passe un peu de temps. Car c'est un village gigantesque, regroupant un quart de tous les Polynésiens. On y trouve de tout : bien sûr des questions, comme son nom l'indique : <span style="font-style:italic">&quot;Quel est ce fruit ?&quot;</span>, <span style="font-style:italic">&quot;Où acheter tel produit ?&quot;</span>, mais aussi des conseils, des recettes de ra'au Tahiti, des astuces de grand-mères.... On y partage des bons plans, des coups de gueule, des articles de presse, des avis de recherche pour des animaux perdus, des témoignages... Faire le tri entre les tentatives d'arnaque, les internautes agressifs ou les innombrables <span style="font-style:italic">&quot;fake news&quot;</span> mobilise quatre modérateurs bénévoles. Mais ça en vaut le coup car le groupe est aussi devenu une vraie plate-forme de solidarité. La communauté se démène pour venir en aide aux personnes en détresse. Les associations polynésiennes ont une place d'honneur pour promouvoir leurs actions solidaires. Les bonnes actions de simples particuliers trouvent sur le groupe un écho formidable.       <br />
              <br />
       Le groupe héberge aussi un vif débat citoyen sur des sujets de société. La communauté des Allôiens est ainsi très préoccupée par la justice sociale et l'exprime vivement sur ce forum public. En ce moment,  le groupe dénonce et discute aussi des problèmes de maltraitance des animaux, de respect du bon voisinage et d'insécurité dans nos îles... Chaque jour voit des débats interminables se dérouler, forgeant une partie de l'opinion publique.       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>INTERVIEW : Rarahu Mahaa Ebb, fondatrice de "Allo, qui sait quoi?"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.tahiti-infos.com/photo/art/default/20353707-23869699.jpg?v=1519266224" alt="Le phénomène "Allo, qui sait quoi?"" title="Le phénomène "Allo, qui sait quoi?"" />
     </div>
     <div>
      <b>&quot;AQSQ ne me rapporte rien du tout, c'est entièrement bénévole. Je travaille autant parce que je crois en ma population et à l'entraide&quot;</b>       <br />
              <br />
       <b>Comment s'est passée la création de AQSQ ?</b>       <br />
       Le groupe a été créé le 25 décembre 2014, il y a un peu plus de trois ans. C'était l'idée de mon frère Steve Mahaa Ebb, car on voyait que beaucoup de questions se posaient sur internet, mais les gens ne savaient pas exactement où les poser car à ce moment-là il n'y avait que des groupes de vente, comme le Big Deal et autres. Donc la démarche était plutôt de créer un groupe d'infos pratiques, puis la solidarité est vite arrivée. Et de fil en aiguille on en est arrivé jusqu'à aujourd'hui.       <br />
              <br />
       <b>Avec 71 500 membres, c'est plus d'un quart de toute la population polynésienne qui est membre du groupe, est-ce que tu réalises ?</b>       <br />
       Alors je ne réalise pas du tout ! (rires). C'est allé très vite. Au début c'était assez intime, avec juste nos amis. Dans les autres groupes, quand des gens se posaient des questions, on leur proposait notre page qui était faite exprès pour ça, pour échanger librement sans embêter les autres groupes. Et c'est au bout d'un an que ça a vraiment explosé, par le bouche-à-oreille.       <br />
              <br />
       <b>Comment gère-t-on un groupe composé de 70 000 inconnus ?</b>       <br />
       C'est très différent d'un petit groupe entre amis. Il y a différentes personnalités, profils... Et c'est pour ça que nous avons instauré un règlement intérieur. Ça permet d'avoir un respect de tous, et de ne pas trop s'éloigner de l'esprit du groupe, c'est-à-dire d'avoir vraiment les questions, les informations pratiques, et surtout la solidarité et l'entraide.       <br />
              <br />
       <b>On voit dans le règlement intérieur que les bonnes affaires sont autorisées mais pas les publicités. Les réactions et dénonciations de contenus choquants sont autorisées, mais pas de citer des noms, publier des photos ou des plaques d'immatriculations... Comment la ligne a-t-elle été tracée ?</b>       <br />
       De façon assez naturelle. Déjà on ne veut pas heurter la vie privée des personnes, parce qu'il y a eu beaucoup de débordements avec des noms publiés, souvent pour des affaires de voisinage ou des problèmes personnels. Après, j'ai pris contact avec des juristes qui m'ont conseillé d'encadrer tout ça, au risque de devenir responsable de ce qui est publié par les internautes. Et pour la qualité du débat, éviter de mettre en avant l'animosité des gens, il faut un règlement que les modérateurs appliquent de façon transparente.       <br />
       Mais ça valait le coup, car finalement les gens sont toujours prêts à aider, donner un renseignement ou un coup de main. Ça nous fait super plaisir parce que c'est l'essence même du groupe ! C'est une évolution qu'on a constaté depuis 2014, la société a la volonté d'aider son prochain d'une manière différente, avec les outils numériques. Il y a aussi beaucoup d'associations actives sur le groupe, et on veut les aider. La protection des animaux, les femmes battues que l'on veut aider sans les dévoiler mais en les redirigeant vers les associations...       <br />
              <br />
       <b>Peut-on faire confiance à tout ce qui est publié sur AQSQ ?</b>       <br />
       On sait qu'on n'est pas 100% fiables, il faut bien le réaliser. Ce n'est pas le nombre qui apporte la qualité des informations données, au contraire. Les gens vont souvent partager massivement des informations qui les choquent sans même vérifier !       <br />
       Après on a 71 000 membres, donc on ne peut pas contrôler leurs pensées et leurs réactions. On essaye d'éduquer la population à l'utilisation des réseaux sociaux, mais c'est un travail titanesque ! Alors on fait de notre mieux avec nos petits moyens. On explique, on supprime... Après, au bout de 71 000 membres, quand des gens contestent des suppressions, on les renvoie au règlement et voilà ! Il ne faut pas avoir d'état d'âme ou on ne s'en sort pas. Heureusement qu'on a des membres qui vérifient et nous signalent quand il y a un problème       <br />
        Aujourd'hui je pense qu'environ 70% des internautes ne maitrisent pas les outils des réseaux sociaux. Du coup c'est &quot;en veux-tu, en voilà&quot;, ils partagent tout. Si ça les touche, ils veulent absolument partager, même s'ils n'ont pas lu au-delà du titre ou vérifié l'information. Ca créé des effets boule-de-neige, et on est derrière à essayer de rattraper tout ça !       <br />
              <br />
       <b>Quel est ton quotidien dans la gestion du groupe ?</b>       <br />
       Il faut trier, effacer des commentaires, il y a des réponses très communes qu'on redonne à chaque fois... Heureusement que  Facebook a enfin créé une barre de recherche pour les groupes, ce qui permet aux internautes de retrouver les réponses à leurs questions communes dans les publications existantes. Il y a environ 100 publications par jour, avec une heure de pointe à midi et en début de soirée. J'essaie de toutes les lire, mais c'est de plus en plus compliqué de gérer la vie familiale, le quotidien, et le groupe &quot;Allo, qui sait quoi?&quot;, parce que je ne peux pas passer 24h/24 dessus. Donc il y a des coups de gueule, des disputes, des fausses rumeurs qui passent. Mais on a mis en place des outils. Les posts problématiques sont signalés, les habitués nous envoient des messages privés pour nous aider à réguler tout ça... Mais il y en a qui passent au travers. Pour l'instant ça me demande déjà une demi-journée de travail tous les jours.       <br />
       Heureusement il y deux autres modérateurs, en plus de mon frère et moi. C'étaient des membres très actifs dès la création du groupe et on leur a demandé si elles accepteraient cette responsabilité. Il y a Moélyne, que je remercie vraiment, ainsi que Pia Avvenenti, qui a été ministre de la solidarité et qui nous aide beaucoup du côté administratif, elle publie des informations sur les concours, les textes de loi qui sont sortis... Elles sont bénévoles elles-aussi. Elles appliquent rigoureusement le règlement intérieur et ne jugent pas les publications à partir de leur avis personnel. Je les remercie vraiment. En plus de gérer les publications, il faut traiter les demandes d'adhésion pour filtrer les faux comptes, le spam, les pirates, etc. On a eu jusqu'à 700 demandes en une journée !       <br />
              <br />
       <b>Tu travailles plusieurs heures par jour, mais ça ne te rapporte rien du tout ? Il serait facile de monétiser le groupe.</b>       <br />
       AQSQ ne me rapporte rien du tout, c'est entièrement bénévole. Je travaille autant parce que j'y crois, je crois en ma population et à l'entraide. La solidarité c'est vraiment quelque chose qui me touche personnellement. Je me dis toujours, &quot;et si c'était moi dans ce cas-là, est-ce que quelqu'un viendrait m'aider, me tendre la main ?&quot;       <br />
       Après sur la monétisation, il y a eu plusieurs personnes très bien placées, que je ne nommerai pas, qui m'ont soufflé l'idée... Mais je ne considère pas un membre comme une monnaie. Il partage librement ses connaissances, son temps. Donc on ne compte pas monétiser le groupe et gagner même un franc avec.       <br />
              <br />
       <b>Est-ce que tu as l'impression d'avoir une influence positive sur la société polynésienne ?</b>       <br />
       Ah oui, fortement. Il y a eu des histoires qui m'ont beaucoup émue. Par exemple je me rappelle d'une jeune femme de Nouméa qui cherchait sa famille biologique à Tahiti. Elle est passée par &quot;Allo, qui sait quoi?&quot; et justement il y avait un membre qui était sa sœur ! Donc la jeune femme est venue à Tahiti, elle a été accueillie et a rencontré sa famille biologique ! Le mieux c'est que la suite des événements est aussi partagée sur le groupe, donc on sait ce qui est arrivé après. Et des cas comme ça, je dirais qu'il y en a eu une vingtaine depuis trois ans.       <br />
              <br />
       <b>On voit aussi beaucoup de dénonciations et d'images impressionnantes sur le groupe, beaucoup de mobilisations récentes ayant commencé sur AQSQ, par exemple sur les animaux maltraités. Qu'en penses-tu ?</b>       <br />
       Alors c'est vrai que ça fait des images chocs, et on ne s'attendait pas du tout à ça au départ. Mais à un moment, il faut aussi qu'on regarde en face le côté obscur de notre société, de ce qu'il se passe, et je trouve ça intéressant. Et ça permet de modérer et d'éduquer les gens. Ça rend l'histoire publique, et le prochain qui voudrait faire quelque chose comme ça, qui choque la population, aura déjà eu un avertissement. Aujourd'hui la moindre faute peut être partagée sur Facebook et devenir virale ! C'est aussi pour ça qu'il faut contrôler, pour éviter les débordements, comme la publication des noms. Mais quand le public ouvre les yeux, les choses changent.       <br />
       
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