Tahiti, le 28 juin 2026 - Matinée au pas de course et au chronomètre pour la ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud, dimanche matin à Raiatea. Visite de la Marina de Uturoa, un détour chez Viper Va’a pour finir par une réunion avec les tāvana de Uturoa, Taputapuātea et Tumaraa pour discuter économie des voiliers de plaisance, leur accueil et la logistique nécessaire.
Grand soleil pour la ministre et les Îles Sous-le-Vent, ce dimanche matin à Raiatea. Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, est dans son élément. Voiliers, construction de pirogue et économie bleue au programme.
La séquence sur l’île sacrée intervient dans un contexte mitigé à Raiatea. D’un côté, un vrai potentiel de développement économique et touristique, de l’autre, des voiliers qui sont vus d’un mauvais œil par une population qui doute que ces derniers respectent leur lagon.
C’est d’ailleurs ce sujet qui a été très vite mis sur la table par les tāvana de l’île. Ils tenteront bien une référence à la construction du futur CET de Faaroa, mais la ministre n’était pas venue pour cela.
Priorité à l’économie bleue et aux solutions qui peuvent être apportées à son développement. Aux préoccupations des élus de voir les capitaines de ces voiliers vider leurs eaux noires et grises dans les lagons, Catherine Chabaud leur répondra mission maritime du Fond vert. Un fond qui pourrait intervenir en complément de financement à des solutions pour, par exemple, installer une station d’épuration pour pomper les eaux des voiliers et récolter leurs déchets. C’est qu’elle est experte en la matière l’ancienne navigatrice, première femme à terminer un tour du monde à la voile, en solitaire, en course et sans escale en 1997, et la problématique de l’accueil des voiliers de plaisance est un sujet sur lequel elle peut accompagner les élus.
Sur Raiatea, une île loin de Paris, elle croisera d’ailleurs plusieurs amis marins, au hasard de ses visites.
Une économie à dynamiser
La plaisance à Raiatea n’est pas qu’une vitrine, mais un véritable poumon économique. Ainsi, le charter nautique y représente 430 cabines, soit 67 % de la capacité d’hébergement touristique des îles de Raiatea et Taha’a.
Près de 10.000 passagers sont accueillis chaque année, dont environ 85 % de non résidents, qui découvrent en voilier les splendeurs des îles Sous-le-Vent. Et pour faire fleurir cette économie, 205 emplois directs y sont associés.
“Les retombées irriguent Raiatea, Taha’a, Huahine et Bora Bora, sans construire, ni bétonner”, explique Ségolène Picard, la directrice générale de Tahiti Yacht Charter. “C’est une offre près de la nature, de la population, et qui est complémentaire avec l’hôtellerie terrestre”, poursuit-elle.
Un modèle économique qu’il faut cependant aider. Les voiliers de charter commencent à prendre de l’âge, et acheter de nouveaux navires ne peut se faire sans un coup de pouce, comme la défiscalisation d’Etat. C’est notamment la raison pour laquelle Ségolène Picard en a profité pour demander à la ministre l’extension du système de défiscalisation au delà de 2029 “avec un horizon de visibilité de 10 ans glissants pour les investissements structurants”.
Enfin, la professionnelle du yachting touristique a, elle-aussi, évoqué “les tensions directes sur le terrain” avec la population hostile à l’implantation des voiliers dans leur lagon. Elle a évoqué la mise en place de solutions, à l’occasion de la présentation du logiciel Escales, comme la révision des zones de mouillage, la mise en place de zones de mouillages temporaires avec des zones de repli météo identifiées, ou encore le recensement des zones réelles de mouillages identifiées pour en avoir une cartographie exacte.
La ministre poursuit son séjour en Polynésie encore lundi et mardi avant un décollage mardi soir.
Visite ministérielle : L’économie des voiliers à l’étude
Rédigé par Bertrand PREVOST le Dimanche 28 Juin 2026 à 15:42 | Lu 398 fois