Véto pour le médecin anti-vax à Taravao


Tahiti, le 30 juillet 2026 - Près d’être recruté le 16 juillet dernier pour une courte mission à l’hôpital de Taravao, un médecin a reçu le lendemain pour “manque de budget”, une fin de non-recevoir. Le docteur Agret, a publié une vidéo mercredi pour dévoiler ce qui, pour lui, est un véto de l’État le concernant. Explications sur ce curieux personnage que l’administration n’a pas souhaité faire venir, vu ses états de service.
 
Le docteur Denis Agret est pour beaucoup un total inconnu. Pour la complosphère, c’est avant tout un militant antivax, radié du Conseil de l’ordre des médecins qui a obtenu sa réintégration fin 2025 pour une erreur de procédure. Le praticien s'était fait connaître pour son opposition à la vaccination contre le Covid-19 et a été condamné en 2022 par le tribunal correctionnel de Montpellier à six mois de prison avec sursis pour “menaces de mort” envers des cadres de l’Agence régionale de santé (ARS) Occitanie, avec une interdiction d’exercer de trois ans.
 
Ses comptes de réseaux sociaux avaient aussi été fermés alors qu’il avait fait connaître son intention de se présenter à la mairie de Montpellier. Une fermeture que le médecin a analysé comme une manœuvre “pour ne pas déranger le système politique en place corrompu et à la solde des lobbies”.
 
Sur son CV, outre les 15 ans de pratique comme urgentiste qu’il dit avoir effectué, figurent récemment ces insultes envers les autorités qu’il traitait de “collabos” et de “criminels” pendant la pandémie, considérant la vaccination comme “toxique”, et luttant contre le port du masque et les mesures sanitaires.
 
Désormais autorisé à exercer de nouveau, Denis Agret est à la recherche d’un emploi. “Depuis janvier 2026, j’ai candidaté à un nombre incalculable de postes pour travailler comme médecin généraliste, urgentiste, etc.” explique-t-il sur une vidéo publiée mercredi. Refusé à chaque fois, il s’était retourné vers l’hôpital de Taravao, suite à la publication d’une annonce de la Direction de la santé recherchant un médecin urgentiste. Une candidature acceptée, après une validation trop vite rendue … Et qui donne aujourd’hui lieu à ce qui s’apparente à un rétropédalage en interne du service RH de la Direction de la santé.

Le caviar et le purin

Le 16 juillet, le docteur Agret obtient par mail une validation d’occuper le poste “à compter du 4 septembre 2026 jusqu’au 15 novembre 2026”. Un mail qu’il dévoile dans sa vidéo.
 
Mais dès le lendemain, ce dernier recevait un nouveau mail de la Direction la santé. “Je viens de recevoir la réponse de nos instances administratives. Je ne peux pas vous faire de contrat de travail pour cette année 2026. Je ne peux pas vous recruter à ce jour, le budget alloué pour vous recruter est épuisé.” Une formule élégante pour revenir sur l’embauche de ce médecin qui cumule la mauvaise presse contre lui et qui a été renié par ses confrères en France avant de retrouver son droit d’exercer après avoir cassé la procédure, sur la forme, et non sur le fond.
 
Pour Denis Agret, ce ne serait autre que Stéphanie Rist, ministre de la Santé en France, qui serait derrière ce refus. “En 24 heures, l’hôpital de Taravao n’a plus de budget pour me recruter”, ironise le médecin. “Ça, c’est l’État. On a un gouvernement qui envoie plus d’argent pour fabriquer des armes et des bombes et les envoyer en Ukraine que pour aider les soignants”, mélange-t-il pour servir sa cause, ignorant visiblement que le budget santé en Polynésie française ne dépend pas de l’État.
 
Le lanceur d’alerte parle alors de complot avant d’enchaîner sur la diffusion d’une pétition sur l’abrogation de l’obligation vaccinale pédiatrique. Du caviar pour les complotistes, du purain pour la protection sanitaire et sociale des enfants du Fenua.
 
L’hôpital de Taravao, qui fonctionne toujours à flux tendu, a effectivement besoin de bras, mais pas n’importe lesquels.

Rédigé par Bertrand PREVOST le Jeudi 30 Juillet 2026 à 17:22 | Lu 1611 fois