Tahiti, le 22 juin 2025 - Le territoire est l’un des derniers endroits au monde qui pratique encore le collectage naturel d’huîtres perlières. Mais, le nombre de naissains ainsi captés se raréfie drastiquement, ce qui met à mal la filière. La famille Pommier vient d’inaugurer à Arutua une écloserie. La deuxième du Fenua.
La filière perlicole a besoin, chaque année, de plus de 90 millions de naissains. La production d’huîtres perlières repose, en partie, sur le captage naturel de ces juvéniles. Les producteurs s’approvisionnent dans la ressource qu’offre certains lagons tels que ceux de Takapoto, de Ahe et, dans une moindre, mesure, de Manihi. Là, les naissains sont collectés puis transférés par bateau vers les fermes perlières.
Mais le captage naturel s’appauvrit depuis de nombreuses années. “C’est catastrophique”, commente Steve Pommier qui vient d’inaugurer une écloserie sur l’atoll de Arutua, aux Tuamotu. Une installation baptisée Poe Tahiti Écloserie. L’épuisement des géniteurs ou encore le changement climatique expliqueraient cette chute de la ressource.
Une rencontre, un déclic
Ce projet familial a débuté en 2010. Avec sa femme, Steve Pommier souhaitait créer sa propre écloserie pour faire la différence et offrir une plus grande gamme de couleurs de perles. Il est perliculteur depuis 1997. Il a entrepris une longue prospection qui l’a menée jusqu’au Japon et en Indonésie. Il s’est rapproché de l’Ifremer, mais en vain. “Je n’ai pas trouvé les bons partenaires”, déplore-t-il. En 2017, il a rencontré la famille Marissal. La première à avoir créé une écloserie en Polynésie.
La filière perlicole a besoin, chaque année, de plus de 90 millions de naissains. La production d’huîtres perlières repose, en partie, sur le captage naturel de ces juvéniles. Les producteurs s’approvisionnent dans la ressource qu’offre certains lagons tels que ceux de Takapoto, de Ahe et, dans une moindre, mesure, de Manihi. Là, les naissains sont collectés puis transférés par bateau vers les fermes perlières.
Mais le captage naturel s’appauvrit depuis de nombreuses années. “C’est catastrophique”, commente Steve Pommier qui vient d’inaugurer une écloserie sur l’atoll de Arutua, aux Tuamotu. Une installation baptisée Poe Tahiti Écloserie. L’épuisement des géniteurs ou encore le changement climatique expliqueraient cette chute de la ressource.
Une rencontre, un déclic
Ce projet familial a débuté en 2010. Avec sa femme, Steve Pommier souhaitait créer sa propre écloserie pour faire la différence et offrir une plus grande gamme de couleurs de perles. Il est perliculteur depuis 1997. Il a entrepris une longue prospection qui l’a menée jusqu’au Japon et en Indonésie. Il s’est rapproché de l’Ifremer, mais en vain. “Je n’ai pas trouvé les bons partenaires”, déplore-t-il. En 2017, il a rencontré la famille Marissal. La première à avoir créé une écloserie en Polynésie.
Steve Pommier.
La famille Marissal exploite des écloseries depuis des décennies. Implantée au départ en Charente Maritime, elle est désormais dans le monde entier. Elle a percé le secret de la reproduction de Pinctada margaritifera, l’huitre perlière de Polynésie, et développé des techniques et un savoir-faire unique qui lui permettent de produire chaque année à Fakarava dix millions de naissains. Elle ne peut en produire davantage alors que la filière est en demande. C’est dans ce contexte que les deux familles ont trouvé un terrain d’entente.
Au-delà du transfert de compétences et de l’acquisition du process de reproduction des huitres perlières, c’est un véritable accompagnement qui a été mis en place. Tamaiva Pommier, le fils de Steve est le chef de projet à Arutua. Il est resté une année en formation technique à Fakarava où il a pu activement participer à toutes les phases de la production. En plus, la famille Marissal s’est engagée à superviser deux fois par an l’étape essentielle : la ponte des naissains. “Nous avons une autorisation de production de six millions par an sachant qu’à chaque ponte on espère trois millions de naissains”, précise Steve Pommier.
À Arutua, la concrétisation du projet a duré près de deux années et demie. Les bâtiments occupent une superficie de 525 m2. Une équipe de cinq personnes (laborantins, plongeurs et manœuvres) recrutées localement y travaille désormais. “À terme on aura besoin de dix personnes”, envisage Steve Pommier.
Au-delà du transfert de compétences et de l’acquisition du process de reproduction des huitres perlières, c’est un véritable accompagnement qui a été mis en place. Tamaiva Pommier, le fils de Steve est le chef de projet à Arutua. Il est resté une année en formation technique à Fakarava où il a pu activement participer à toutes les phases de la production. En plus, la famille Marissal s’est engagée à superviser deux fois par an l’étape essentielle : la ponte des naissains. “Nous avons une autorisation de production de six millions par an sachant qu’à chaque ponte on espère trois millions de naissains”, précise Steve Pommier.
À Arutua, la concrétisation du projet a duré près de deux années et demie. Les bâtiments occupent une superficie de 525 m2. Une équipe de cinq personnes (laborantins, plongeurs et manœuvres) recrutées localement y travaille désormais. “À terme on aura besoin de dix personnes”, envisage Steve Pommier.
Fabrique de phytoplancton.
Développement en cours
La première ponte a eu lieu le 11 juin, l’inauguration officielle des locaux le 14. “Pour l’instant, le développement suit son cours normalement”, rapporte le porteur de projet. Mais les petits d’huîtres auront encore plusieurs étapes à passer avant de pouvoir entrer en production. Après la ponte – la famille a préparé 250 géniteurs, la moitié a pondu – les larves vont grandir une vingtaine de jours dans des bacs adaptés, nourries avec du phytoplancton produit dans l’écloserie. Puis, pendant cinq mois, les huîtres seront mises en nurserie. Enfin, elles seront déplacées dans le lagon. Elles doivent en principe être vendues une année après la ponte. Ensuite, les perliculteurs devront encore les laisser se développer un an avant de démarrer la production de perles.
Une dynamique durable
La famille Pommier envisage de mettre en place un système de consignes. Les supports sur lesquels les naissains sont fixés seront récupérés. Ainsi, après utilisation, ils ne finiront plus dans le lagon comme c’est encore aujourd’hui régulièrement le cas. Cette démarche participera à la préservation du lagon et à sa bonne santé.
Le projet d’écloserie à Arutua, à l’étude depuis plus de 15 ans, est “une question de survie”, explique Steve Pommier. Le contexte a changé. Son premier objectif, à savoir diversifier les couleurs, demeure mais il n’est dorénavant plus prioritaire. La production de la famille Pommier est destinée, en priorité, aux fermes perlières de l’atoll de Arutua. “Et je ne suis pas sûr que nous pourrons répondre à la demande”, indique Steve Pommier.
La première ponte a eu lieu le 11 juin, l’inauguration officielle des locaux le 14. “Pour l’instant, le développement suit son cours normalement”, rapporte le porteur de projet. Mais les petits d’huîtres auront encore plusieurs étapes à passer avant de pouvoir entrer en production. Après la ponte – la famille a préparé 250 géniteurs, la moitié a pondu – les larves vont grandir une vingtaine de jours dans des bacs adaptés, nourries avec du phytoplancton produit dans l’écloserie. Puis, pendant cinq mois, les huîtres seront mises en nurserie. Enfin, elles seront déplacées dans le lagon. Elles doivent en principe être vendues une année après la ponte. Ensuite, les perliculteurs devront encore les laisser se développer un an avant de démarrer la production de perles.
Une dynamique durable
La famille Pommier envisage de mettre en place un système de consignes. Les supports sur lesquels les naissains sont fixés seront récupérés. Ainsi, après utilisation, ils ne finiront plus dans le lagon comme c’est encore aujourd’hui régulièrement le cas. Cette démarche participera à la préservation du lagon et à sa bonne santé.
Le projet d’écloserie à Arutua, à l’étude depuis plus de 15 ans, est “une question de survie”, explique Steve Pommier. Le contexte a changé. Son premier objectif, à savoir diversifier les couleurs, demeure mais il n’est dorénavant plus prioritaire. La production de la famille Pommier est destinée, en priorité, aux fermes perlières de l’atoll de Arutua. “Et je ne suis pas sûr que nous pourrons répondre à la demande”, indique Steve Pommier.