Des délégations de tous les archipels avaient fait le déplacement et toutes les générations étaient représentées (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 2 juillet 2026 - Plus de 2 000 habitants de Tahiti et des îles ont répondu à l’appel du Tūtahi porté par l’Église protestante mā’ohi, ces derniers jours, à Mataiea. Dans le cadre de la commémoration des 60 ans du premier tir des essais nucléaires au Fenua, une marche et un culte final étaient au programme ce jeudi. Un moment chargé en émotions pour les anciens, comme pour les jeunes participants.
Tūtahi, “se lever” et “faire un”. C’est le thème retenu par l’Église protestante mā’ohi pour la commémoration des 60 ans du tir Aldébaran, premier essai nucléaire en Polynésie française opéré le 2 juillet 1966 à Moruroa. Prévu depuis deux ans, ce rendez-vous a débuté dimanche dernier à Mataiea par un culte sur le thème de la réunification, suivi d’un grand repas populaire. En début de semaine, des enseignements, des activités sportives et des prestations culturelles étaient au programme, ainsi que des actions de prévention autour de la santé avec la participation de plusieurs associations de référence, dont Moruroa e tatou sur les conséquences des essais nucléaires.
Tūtahi, “se lever” et “faire un”. C’est le thème retenu par l’Église protestante mā’ohi pour la commémoration des 60 ans du tir Aldébaran, premier essai nucléaire en Polynésie française opéré le 2 juillet 1966 à Moruroa. Prévu depuis deux ans, ce rendez-vous a débuté dimanche dernier à Mataiea par un culte sur le thème de la réunification, suivi d’un grand repas populaire. En début de semaine, des enseignements, des activités sportives et des prestations culturelles étaient au programme, ainsi que des actions de prévention autour de la santé avec la participation de plusieurs associations de référence, dont Moruroa e tatou sur les conséquences des essais nucléaires.
“La lumière sur les conséquences”
Selon l’organisation, 2 500 à 2 700 personnes ont participé à ce rassemblement qui a mobilisé des fidèles des huit arrondissements, c’est-à-dire de tous les archipels et de la communauté basée en Nouvelle-Calédonie. “Nous avons invité toutes les délégations et la population qui souhaite se joindre à nous, sans distinction d’origine, car nous ne nous levons pas que pour l’Église, mais pour le peuple et les générations à venir. Ça fait 60 ans que nous portons ce fardeau. Nous demandons pardon à Dieu et à notre Mère nourricière pour tout le mal qui leur a été fait et comment nous pouvons retrouver le chemin vers la vie”, précise la pasteure Hinatea Marotau, secrétaire générale de l’Église protestante mā’ohi.
Cette commémoration a été marquée par un relais autour de Tahiti, complété par une marche pacifique en ce jeudi 2 juillet 2026. Les deux cortèges se sont rejoints sur le site de Tehoro en milieu de matinée. L’un d’eux était emmené par le président de l’Église protestante mā’ohi, le pasteur François Pihaatae : “Cette marche et ce rassemblement, c’est un moment important pour se souvenir des 60 ans de la première bombe, qui a bouleversé toute la société polynésienne. Nous marchons pour le peuple mā’ohi et toutes les maladies que nous endurons aujourd’hui. On met la lumière sur la vérité et les conséquences des essais nucléaires : il ne faut pas oublier cette terrible époque de notre histoire”.
Plus de 2 000 personnes ont participé au Tūtahi 2026.
“Beaucoup de jeunes”
Dans la foule, il y avait des participants de tous âges et de tous horizons, comme Vaea, résidente de Taha’a venue avec son mari et son petit-fils. “C’est la première fois que je participe à un tel rassemblement. Certains n’ont pas pu venir, donc quand on va rentrer, on ne manquera pas de partager les messages dans notre paroisse”, confie-t-elle. Membre de la paroisse de Papeari et de l’équipe organisatrice, Claudino Mahaa était très ému : “Je suis content et fier de voir qu’autant de personnes sont présentes aujourd’hui, dont beaucoup de jeunes. Notre message est pour eux et ils ont prouvé qu’ils étaient impliqués dans cette commémoration. Malgré ma maladie, je tenais à contribuer à cet événement important pour nous tous”. Élève pasteur aux Tuamotu, Tinihau Adams tenait effectivement à être présent. “Je m’occupe de quatre paroisses : Ahe, Manihi, Takaroa et Takapoto. Nos anciens ont été témoins des 193 bombes nucléaires qui ont éclaté chez nous. Quand on essaie de parler de ce sujet avec eux, c’est presque tabou tant ils ont reçu du mal. Aujourd’hui, on se lève pour dire que nous sommes là et on qu’on peut avancer ensemble”, partage le jeune homme de 26 ans.
Le rassemblement s’est achevé par un culte sous le grand chapiteau communal en présence de plusieurs représentants politiques, dont la vice-présidente de la Polynésie française, Minarii Galenon, le président de l’assemblée, Antony Géros, et le maire de Teva i Uta, Tearii Alpha. Au même moment, le Pays, à travers la Délégation pour le suivi des conséquences des essais nucléaires (DSCEN), donnait le coup d’envoi de deux journées commémoratives à Papeete.
Le cortège emmené par le président de l’Église protestante mā’ohi.