Tahiti, le 23 avril 2026 - Le syndicat Un1té et ses adhérents ont manifesté ce jeudi au monument aux morts pour dénoncer l’affectation de trois policiers “popa’a” en septembre prochain au Fenua au motif que ce sont des postes “profilés”. “Il y a quatre ans, on nous avait dit pareil. Il s’est avéré qu’ils n'avaient aucune spécialité”, dénonce le secrétaire général Wallace Teina qui demande à prioriser les Polynésiens.
Le syndicat Un1té à la Direction territoriale de la police nationale (DTPN) a organisé une manifestation, jeudi en fin d’après-midi, pour dénoncer l’ouverture de trois postes au national pour le mois de septembre prochain. Une demande faite par le directeur de la police nationale Emmanuel Mericam. “On a eu une réunion, et c'est parti en cacahuète, parce qu'on a exprimé notre colère. Aujourd’hui encore, on est très en colère”, assure le secrétaire général du Syndicat Un1té, Wallace Teina.
Le syndicaliste a rappelé qu’ils avaient déjà vécu la même expérience en 2022, avec leur ancien directeur, Mario Banner, aujourd’hui à la retraite. Ce dernier avait ouvert sept postes au national, rappelle Wallace Teina, qui précise que la procédure veut que le haut-commissaire ainsi que les syndicats soient informés. “C'est pour ça qu'on a demandé à rencontrer le haut-commissaire. À un moment, en tant que représentant de l'État, il doit secouer le cocotier.”
Rappelons que les policiers s’étaient également levés et ont obtenu gain de cause puisqu’un concours Agents du corps de l'État pour la Polynésie française (CEAPF) a été organisé dans la même année. “Donc là, on retourne dans la rue pour exprimer encore notre colère”, ajoute Wallace Teina.
Le syndicat Un1té à la Direction territoriale de la police nationale (DTPN) a organisé une manifestation, jeudi en fin d’après-midi, pour dénoncer l’ouverture de trois postes au national pour le mois de septembre prochain. Une demande faite par le directeur de la police nationale Emmanuel Mericam. “On a eu une réunion, et c'est parti en cacahuète, parce qu'on a exprimé notre colère. Aujourd’hui encore, on est très en colère”, assure le secrétaire général du Syndicat Un1té, Wallace Teina.
Le syndicaliste a rappelé qu’ils avaient déjà vécu la même expérience en 2022, avec leur ancien directeur, Mario Banner, aujourd’hui à la retraite. Ce dernier avait ouvert sept postes au national, rappelle Wallace Teina, qui précise que la procédure veut que le haut-commissaire ainsi que les syndicats soient informés. “C'est pour ça qu'on a demandé à rencontrer le haut-commissaire. À un moment, en tant que représentant de l'État, il doit secouer le cocotier.”
Rappelons que les policiers s’étaient également levés et ont obtenu gain de cause puisqu’un concours Agents du corps de l'État pour la Polynésie française (CEAPF) a été organisé dans la même année. “Donc là, on retourne dans la rue pour exprimer encore notre colère”, ajoute Wallace Teina.
“En plus-value, ça ne nous a rien apporté”
Le secrétaire général du syndicat Un1té précise que ces trois postes sont “des postes profilés. Quand on dit profilés, ce sont des spécialités. On a vécu la même chose il y a quatre ans, le directeur adjoint de l'époque, nous avait dit pareil. Il s’est avéré qu’ils n'avaient aucune spécialité. Et le pire, c'est qu'ils sont venus en vacances parce que c'est toujours les mêmes qui bossent. En fait, en plus-value, ça ne nous a rien apporté.”
Il ajoute que ces derniers sont en fin de séjour d’où, selon Wallace Teina, cette ouverture de postes au national. “Mais qu'en est-il de nos contractuels polynésiens qui partent en France et qui n'ont pas la garantie de revenir ?” Il précise d’ailleurs qu’un des sept policiers a demandé un centre des intérêts matériels et moraux (CIMM), ce qui lui a été refusé. “C'est pour ça qu'il faut qu’on demande la suppression du CIMM, car ça désavantage nos Polynésiens, surtout pour leur retour au pays.”
Il ajoute que ces derniers sont en fin de séjour d’où, selon Wallace Teina, cette ouverture de postes au national. “Mais qu'en est-il de nos contractuels polynésiens qui partent en France et qui n'ont pas la garantie de revenir ?” Il précise d’ailleurs qu’un des sept policiers a demandé un centre des intérêts matériels et moraux (CIMM), ce qui lui a été refusé. “C'est pour ça qu'il faut qu’on demande la suppression du CIMM, car ça désavantage nos Polynésiens, surtout pour leur retour au pays.”
“On est aussi au stade où il faut qu'on arrête le blabla”
Au sortir de leur rendez-vous avec le haut-commissaire, ce jeudi après-midi, le secrétaire général du syndicat Un1té assure que cela “s'est bien passé”. Selon Wallace Teina, le représentant de l’État leur a assuré qu’il allait faire “la demande d'un recrutement pour l'année prochaine. C'est déjà une réponse positive. Après, on est aussi au stade où il faut qu'on arrête le blabla, car à chaque fois, on nous promet et finalement, on ne voit pas venir le bout du tunnel.”
Wallace Teina rappelle qu’ils sont près de 80 gardiens de la paix CEAPF à être sur le départ. “Donc on espère avoir un plan de recrutement pour qu'on puisse stabiliser les effectifs (…). Car s'il n'y a plus de concours CEAPF, peut-être que dans les années à venir, puisque nos enfants vont tous passer des concours nationaux, il y aura peut-être plus de popa’a à la DSP que de taata mā’ohi. Donc nous, notre objectif, c'est en priorité qu'on puisse avoir un concours CEAPF.”
Wallace Teina rappelle qu’ils sont près de 80 gardiens de la paix CEAPF à être sur le départ. “Donc on espère avoir un plan de recrutement pour qu'on puisse stabiliser les effectifs (…). Car s'il n'y a plus de concours CEAPF, peut-être que dans les années à venir, puisque nos enfants vont tous passer des concours nationaux, il y aura peut-être plus de popa’a à la DSP que de taata mā’ohi. Donc nous, notre objectif, c'est en priorité qu'on puisse avoir un concours CEAPF.”
Une “profonde indignation”
Les députés Nicole Sanquer et Mereana Reid Arbelot ont adressé un courrier au ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. La première lui a fait part de “sa profonde indignation à la suite de la demande formulée par le directeur territorial de la police nationale” car cela “exclut” le recrutement au travers du CEAPF et “ne prévoit aucune mesure permettant de favoriser le retour de nos compatriotes originaires de Polynésie”. Elle considère cela comme étant “non seulement incompréhensible, mais également inacceptable au regard des réalités et des besoins du territoire. Je ne saurais accepter que les Polynésiens soient ainsi écartés de perspectives professionnelles légitimes au profit d’un recrutement exclusivement national, déconnecté des enjeux locaux et des attentes de la population”.
De son côté, la député Mereana Reid Arbelot demande à ce que soient renforcés “les parcours de formation et d’accompagnement, afin de permettre aux agents originaires de Polynésie française de progresser dans leur carrière et d’accéder aux grades requis pour servir sur leur territoire d’origine”.
La député Nicole Sanquer demande au ministre “de prendre des engagements clairs et de déployer des mesures concrètes en faveur du retour des originaires de Polynésie française au sein des effectifs de la police nationale, condition indispensable au respect de l’équité territoriale et à la reconnaissance des compétences locales”.
La sénatrice Lana Tetuanui a, quant à elle, proposé qu’un audit soit effectué. Ainsi, “on sera maître de notre avenir. On en a marre qu'à chaque fois, c'est Paris qui décide de notre carrière et de l'avenir de notre pays. Je pense que si on a un statut d'autonomie, il faut qu'on utilise pleinement les compétences de notre statut d'autonomie”, précise Wallace Teina
De son côté, la député Mereana Reid Arbelot demande à ce que soient renforcés “les parcours de formation et d’accompagnement, afin de permettre aux agents originaires de Polynésie française de progresser dans leur carrière et d’accéder aux grades requis pour servir sur leur territoire d’origine”.
La député Nicole Sanquer demande au ministre “de prendre des engagements clairs et de déployer des mesures concrètes en faveur du retour des originaires de Polynésie française au sein des effectifs de la police nationale, condition indispensable au respect de l’équité territoriale et à la reconnaissance des compétences locales”.
La sénatrice Lana Tetuanui a, quant à elle, proposé qu’un audit soit effectué. Ainsi, “on sera maître de notre avenir. On en a marre qu'à chaque fois, c'est Paris qui décide de notre carrière et de l'avenir de notre pays. Je pense que si on a un statut d'autonomie, il faut qu'on utilise pleinement les compétences de notre statut d'autonomie”, précise Wallace Teina
Major Timi Hapaitaha, investigateur en cybercriminalité et secrétaire territorial adjoint de Un1té : “C'est tellement plus facile de dire qu'on est des incapables”
“Au sortir de notre entretien avec le haut-commissaire, on nous a redit que si on fait venir des profilés, c'est parce qu'on n'a pas les compétences locales. C'est faux et vous le savez et surtout, n'ayez pas ça en tête. On a les compétences locales, mais c'est tellement plus facile de dire qu'on est des incapables. Après, c'est la porte ouverte à tout et on peut faire venir qui on veut.
On demande Colombo, le meilleur enquêteur, mais on a les gendarmes de Saint-Tropez. En gros, on va mettre plusieurs critères, mais personne au national ne répond à ces critères, ce n'est pas vrai, et on a eu l'exemple il y a trois ans. On nous a dit qu'on allait nous envoyer du personnel très hautement qualifié et on a vu le résultat. Je n'ai rien contre les collègues par contre, ça me fait mal au cœur pour vous et tous ceux qui sont en France. Trois places, c'est énorme, c'est trois pères de famille, trois mères de famille qui n'ont pas eu cette place pendant trois ans. Trois, c'est énorme. Et quand on rapporte à l'ensemble des collègues qui sont en France, ça fait mal au cœur pour eux.
Tout ça pour vous dire : ayez foi en vous, je suis persuadé que parmi vous, il y en a qui auront le concours CEAPF, c'est sûr. Mais ça ne dépend que de vous. Et si vous partez en France, c'est pareil. Ne perdez pas la foi, faites comme tout le monde, passez les examens, passez des spécialités. Et surtout, ne lâchez rien, en tout cas, nous, on ne vous lâchera pas parce qu'on compte sur vous pour nous relever.”
On demande Colombo, le meilleur enquêteur, mais on a les gendarmes de Saint-Tropez. En gros, on va mettre plusieurs critères, mais personne au national ne répond à ces critères, ce n'est pas vrai, et on a eu l'exemple il y a trois ans. On nous a dit qu'on allait nous envoyer du personnel très hautement qualifié et on a vu le résultat. Je n'ai rien contre les collègues par contre, ça me fait mal au cœur pour vous et tous ceux qui sont en France. Trois places, c'est énorme, c'est trois pères de famille, trois mères de famille qui n'ont pas eu cette place pendant trois ans. Trois, c'est énorme. Et quand on rapporte à l'ensemble des collègues qui sont en France, ça fait mal au cœur pour eux.
Tout ça pour vous dire : ayez foi en vous, je suis persuadé que parmi vous, il y en a qui auront le concours CEAPF, c'est sûr. Mais ça ne dépend que de vous. Et si vous partez en France, c'est pareil. Ne perdez pas la foi, faites comme tout le monde, passez les examens, passez des spécialités. Et surtout, ne lâchez rien, en tout cas, nous, on ne vous lâchera pas parce qu'on compte sur vous pour nous relever.”